1. SOCIETE > Affaire MCK contre MMG Kinsevere : trois ONG fustigent le trafic d’influence
  2. SOCIETE > Affaire MCK contre MMG Kinsevere : trois ONG fustigent le trafic d’influence
  3. FOCUS > Modeste Mutinga : «Kabila est une épine dans le pied de Tshisekedi»
  4. FOCUS > Modeste Mutinga : «Kabila est une épine dans le pied de Tshisekedi»
  5. A HAUTE VOIX > Bientôt un choc frontal ?
  6. A HAUTE VOIX > Bientôt un choc frontal ?
  7. APOSTROPHE > Élite sans éthique
  8. APOSTROPHE > Élite sans éthique
  9. POLITIQUE > L'union sacrée autour de la candidature de Malonda se lézarde
  10. POLITIQUE > L'union sacrée autour de la candidature de Malonda se lézarde
  11. POLITIQUE > Ronsard Malonda à la tête de la Céni : La majorité silencieuse s’indigne et proteste
  12. POLITIQUE > Ronsard Malonda à la tête de la Céni : La majorité silencieuse s’indigne et proteste
  13. ECONOMIE > ANAPI et USAfBC s’engagent à matérialiser l’accord sur le commerce et les investissements
  14. ECONOMIE > ANAPI et USAfBC s’engagent à matérialiser l’accord sur le commerce et les investissements
  15. POLITIQUE > Présidence de la Céni : le candidat des catholiques  Cyrille Ebotoko allie expertise et rectitude  
  16. POLITIQUE > Présidence de la Céni : le candidat des catholiques  Cyrille Ebotoko allie expertise et rectitude  
  17. FOCUS > Félix Tshisekedi recommande « le consensus » au poste du président de la Céni
  18. FOCUS > Félix Tshisekedi recommande « le consensus » au poste du président de la Céni
  19. A HAUTE VOIX > PPRD/FCC, une forteresse prenable
  20. A HAUTE VOIX > PPRD/FCC, une forteresse prenable
  21. PROVINCES > Kongo Central : des députés provinciaux désavouent  Pierre Matusila
  22. PROVINCES > Kongo Central : des députés provinciaux désavouent  Pierre Matusila
  23. POLITIQUE > Crise institutionnelle à l’horizon : Les juristes congolais de la diaspora interpellent la classe politique
  24. POLITIQUE > Crise institutionnelle à l’horizon : Les juristes congolais de la diaspora interpellent la classe politique
  25. SOCIETE > Tribunal judiciaire de Paris : Afriland First Bank porte plainte pour corruption contre Global Witness et PPlaaf
  26. SOCIETE > Tribunal judiciaire de Paris : Afriland First Bank porte plainte pour corruption contre Global Witness et PPlaaf
  27. FOCUS > Le Cardinal Ambongo, c’est la voix des sans-voix
  28. FOCUS > Le Cardinal Ambongo, c’est la voix des sans-voix
  29. FOCUS > Les propositions de lois Minaku-Sakata mises au frigo
  30. FOCUS > Les propositions de lois Minaku-Sakata mises au frigo
  31. FOCUS > Matata appelle à la mise en place d’« un leadership-gouvernance »
  32. FOCUS > Matata appelle à la mise en place d’« un leadership-gouvernance »
  33. CULTURE > Cinéma : le film «Panafrika, la bête noire», un appel à l’appropriation de l’histoire africaine
  34. CULTURE > Cinéma : le film «Panafrika, la bête noire», un appel à l’appropriation de l’histoire africaine
  35. POLITIQUE > La Comico plaide pour la tenue des élections municipales et urbaines avant 2023
  36. POLITIQUE > La Comico plaide pour la tenue des élections municipales et urbaines avant 2023
  37. SOCIETE > Covid-19 : Le nombre de contaminations quotidiennes en net recul
  38. SOCIETE > Covid-19 : Le nombre de contaminations quotidiennes en net recul
  39. FORUM > Quelles leçons de politique agricole pour une RDC souveraine post-crise ?
  40. FORUM > Quelles leçons de politique agricole pour une RDC souveraine post-crise ?
  41. FORUM > 60 ans d’indépendance du Congo: Les axes de paix, justice et  travail
  42. FORUM > 60 ans d’indépendance du Congo: Les axes de paix, justice et  travail
  43. CULTURE > « Covid-19 : confidences de la chienne du voisin »
  44. CULTURE > « Covid-19 : confidences de la chienne du voisin »
  45. FOCUS > Face à la misère du peuple : M. Katumbi stigmatise l'égoïsme d'une certaine classe politique
  46. FOCUS > Face à la misère du peuple : M. Katumbi stigmatise l'égoïsme d'une certaine classe politique
  47. POLITIQUE > Affaire Darryl Lewis: La justice américaine ouvre la voie à un procès contre Thambwe Mwamba
  48. POLITIQUE > Affaire Darryl Lewis: La justice américaine ouvre la voie à un procès contre Thambwe Mwamba
  49. FOCUS > Le roi Philippe II de Belgique exprime son plus profond regret
  50. FOCUS > Le roi Philippe II de Belgique exprime son plus profond regret
  51. POLITIQUE > Le 1er président de la RDC, Joseph Kasa-Vubu élevé au rang de Héros national
  52. POLITIQUE > Le 1er président de la RDC, Joseph Kasa-Vubu élevé au rang de Héros national
  53. FOCUS > Tshisekedi clarifie sa vision d’État de droit
  54. FOCUS > Tshisekedi clarifie sa vision d’État de droit
  55. A HAUTE VOIX > Le sens des regrets royaux pour « les blessures du passé »
  56. A HAUTE VOIX > Le sens des regrets royaux pour « les blessures du passé »
  57. SOCIETE > Dr. Joseph Kitaganya : « 60 ans après l'indépendance, la RDC a perdu ses prestiges de visibilité à l'extérieur »
  58. SOCIETE > Dr. Joseph Kitaganya : « 60 ans après l'indépendance, la RDC a perdu ses prestiges de visibilité à l'extérieur »
  59. ECONOMIE > La ministre de l’Économie s’engage à améliorer les conditions de travail du secrétariat général
  60. ECONOMIE > La ministre de l’Économie s’engage à améliorer les conditions de travail du secrétariat général
inner-page-banner

Jamais la scène politique congolaise aura été simultanément secouée comme aujourd’hui : Covid-19, la vedette internationale du show ; Bitakwira alias Kamerhe ; Mamba sacrifié sur l’autel de Kabund ; la bave de crapaud de Goya contre le crawl de l’aigle du Maniema ; la marre parlementaire et sénatoriale : autant d’éboulements, autant de pandémies nationales.

Il vient de s’ajouter une autre : la paternité querellée, au plan légal et légitime, du regroupement politique «AFDC-A» : d’un côté, les croisés du sénateur professeur Modeste Bahati Lukwebo, d’un autre, les Saljûqides du Dr Néné Nkulu. La position exprimée, il y a quelques  jours, par la Cour constitutionnelle n’ayant pas force d’un arrêt, elle n’a pas, hélas, formellement tranché sur le débat ; au contraire, elle a ravivé les esprits.

Le droit n’étant pas, en l’espèce, explicitement servi par la netteté de l’énonciation, tentons une autre approche : la sémio-linguistique. Scientifique, elle est fondée sur la maîtrise de l’exactitude des concepts et des termes et structurée ici de manière diachronique et synchronique.

Jouons sur les mots

Mais auparavant, essayons de comprendre la position de la Cour constitutionnelle. D’aucuns allèguent que cette dernière – conformément à la décision du Ministère de l’Intérieur de ne point reconnaître l’AFDC-A/FCC de peur de «dédoubler» un parti politique existant – n’a fait qu’«identifier» l’AFDC-A du professeur sénateur Bahati comme regroupement «ayant pris part aux élections de 2018». Ce qui n’est pas le cas de l’AFDC-A/FCC.

Jouons sur les mots : c’est quoi, «identifier» ? C’est conférer une «identité», c’est-à-dire, reconnaître à quelqu’un ou à quelque chose le caractère et des caractéristiques spécifiques (qui le distinguent d’un autre). Voilà pourquoi, au plan civil, il est interdit de porter une double «identité». Ce refus de l’isomorphisme est ce qui, en chimie par exemple, empêche un élément d’avoir une constitution analogue avec un autre.

Si en 2018, l’AFDC-A s’est alignée pour les élections, cela veut dire que c’est elle, en exclusion de tout autre regroupement portant éventuellement cette dénomination, qui a été autorisée à bénéficier d’une décision de «habeas corpus», comme chez les Britanniques, en 1679. Si cela n’est pas une reconnaissance formelle, qu’est-ce donc ? Et si cela n’est pas une identité exclusive, par quoi distinguerait-on cette plate-forme d’une autre ?

Sans aucun parti pris, mais campant uniquement sur les hauteurs des mots, nous estimons que la position de la Cour constitutionnelle n’appelle pas une interprétation superfétatoire : une fraction est reconnue, une autre ne l’est pas. Mais cette reconnaissance implicite excipe-t-elle d’une variation ultérieure ? Nullement. En d’autres termes, était-il interdit à ce regroupement de connaître une mutation, de «muter» vers une autre réalité politique, par exemple l’AFDC- A/FCC ? Absolument pas.

Qui peut, en effet, empêcher un cocon de se régénérer, de devenir chrysalide puis papillon, d’émigrer comme on dit, puis un jour de transhumer ? Ces différentes transformations sont normales, dans le métabolisme d’un organisme, de même que dans une structure politique. D’où la notion, quoiqu’abusive, du dynamisme de la vie politique. Et c’est ici qu’intervient notre démarche diachronique et synchronique. Procédons par la maïeutique socratique nous permettant d’accoucher individuellement des réflexions et des réponses adéquates.

Sur le plan diachronique

1°) En 2018 ou avant, le parti politique AFDC est créé : qui en est l’initiateur, le fondateur et qui en sont les membres co-fondateurs ? Quelles sont les dispositions statutaires définissant les organes, la qualité des membres (effectifs, sympathisants et d’honneur), le fonctionnement du parti, l’instance de gestion quotidienne, de représentation ou de responsabilité d’ester en justice, les modes de retrait ou d’exclusion des membres et enfin et surtout les conditions et les modalités de dissolution du parti ?  Répondre à toutes ces questions permet de statuer sur la légalité et la légitimité des actes posés.

2°) À quel moment de l’histoire AFDC est-elle devenue AFDC-A ? Qui ont été les acteurs (mieux : les actants) de cette mutation qualitative ? Quels en ont été les mobiles ? À ce moment de l’histoire, la structure fondamentale, l’étymon, le sème, le socle, AFDC, a-t-elle disparu et de quelle manière ? Où sont les actes, les PV, et que disent-ils ? Répondre à cette autre série de questions permet de savoir si, à côté de l’AFDC-A - reconnu comme un regroupement politique, c’est-à-dire, un ensemble de structures coalisées en vue d’un but précis, limité dans l’espace et le temps – la loi a implicitement aboli l’existence d’un parti politique dénommé AFDC tout court. 

3°) Dans cette nouvelle configuration (parti politique non aboli mais rallongé par une excroissance momentanée nommée «regroupement politique»), que prévoient les statuts en ce qui regarde la gestion quotidienne, la représentation, l’organisation structurelle, l’exclusion et la dissolution du regroupement ? Car nous pensons que le signe de ponctuation trait d’union (-) ou même la barre penchée (/) symbolise, stylistiquement parlant, soit l’ambivalence, soit l’attelage, soit l’opposition. Exemples : coalition FCC-CACH ; derby Barcelone-Real de Madrid. Il ne s’agit donc nullement de la non-existence ou de la négation de l’une des composantes ; la réalité, bien au contraire, est composite ; elle est même soulignée, renforcée précisément par ces éléments de sémiologie. Où voulons-nous en venir ? À la logique et au bon sens élémentaire que «AFDC» est une chose, et que «A» (Alliés) en est une autre. L’un n’annule pas l’autre. 

4°) À quel moment de l’histoire «AFDC-A/FCC» est-elle née ? De toute évidence, après l’existence de l’AFDC-A puisque la réalité «FCC», collée ou attelée au groupe AFDC-A,  est une nouvelle «excroissance» : une nouvelle naissance dans une famille est toujours une «augmentation». En termes scientifiques médicaux, cela s’appelle une fibrose, une métastase ou encore une hypertrophie, tous ces termes désignant une augmentation (généralement maladive, négative) du volume anatomique. 

Au plan de l’analyse synchronique

Où veut-on en venir ?  Au cœur du débat sur la paternité. Simultanément en effet, et nullement sans gêne, les uns et les autres s’accusent de «dissidence». La question : qui est dissident de qui ? Du latin ‘dissidere’ (16e av. 18e s. et signifiant «être en désaccord»), le terme «dissident»  désigne quiconque est en dissidence, c’est-à-dire, en séparation, en division, en désaccord ;  qui prend distance par rapport à la situation existante. (Soulignons le mot : «existante»). Sans entrer dans les alcôves de la petite histoire de ce regroupement et sans aucun jugement de valeur des deux réalités, il est impensable, disons mieux : c’est une absurdité intellectuelle d’alléguer que le socle, l’origine, le point de départ d’une distanciation soit en même temps son point d’arrivée ! Complètement absurde.

En d’autres termes : comment le concept a quo peut-il signifier ad quem, à moins que cela ne soit un nouvel aboutissement, et dans ce cas d’espèce, un simple retour au bercail ? Une réalité politique est partie d’une autre ; a pris distance vis-à-vis de l’autre. Dans ce cas, est-ce AFDC-A qui est issue de l’AFDC-A/FCC ou le contraire ? Qui a existé le premier ? Toute dissidence, en effet, est fondamentalement une réaction (juste ou injustifiée) ; une rébellion, un schisme. Le contraire est un non-sens.

Terminons cette analyse politico-sémio-linguistique par un fait de l’histoire et une réflexion philosophique. L’Anglicanisme fut déclaré au 16e siècle religion officielle de l’Angleterre par Henri VIII (1509-1547). En se détachant de Rome, il consacra le schisme de cette église par rapport à l’Église catholique. Personne n’a jamais pensé à considérer le catholicisme comme une dissidence de l’anglicanisme. Ensuite, du point de vue philosophique, personne ne peut jamais penser que l’être provienne du non-être, ou que le non-être, le non-existant, génère l’être ou l’existant. Si, en 2018, l’AFDC-A/FCC n’a jamais existé comme l’a été AFDC ou même comme l’AFDC-A, comment, par quelle magie, quelle absurdité, peut-elle qualifier cette dernière de «dissidente» ? On voudrait comprendre.            

Prof. Masegabio Nzanzu, UPN.


LP