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Refonte du système fiscal et relance économique : clés pour pallier le déficit budgétaire

La RDC a atteint un niveau infernal de déficit budgétaire évalué à environ 889 millions de dollars américains au cours de la période allant de janvier à mi-juillet 2020.

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La RDC a atteint un niveau infernal de déficit budgétaire évalué à environ 889 millions de dollars américains au cours de la période allant de janvier à mi-juillet 2020. La situation, selon le ministre des Finances, José Sele Yalaghuli, a pour causes : l’incertitude politique et la pandémie de la Covid-19.La recette préconisée, à cet effet, par l’argentier national est simple, mais nécessite du courage politique. « Faire la politique de ses moyens ». SeleYalaghuli présente ainsi trois clés : le consensus politique pour la stabilité du cadre macroéconomique, la refonte du système fiscal et un véritable programme de relance économique avec une ouverture au secteur agricole.

889 millions de dollars américains, c’est la hauteur inimaginable de déficit budgétaire au cours de la période allant de janvier à mi-juillet 2020. C’est le ministre des Finances qui l’a fait savoir, le samedi 15 août 2020, au webinaire du réseau d’affaires Makutano.

Et cette déconnexion entre le budget voté et sa réalisation a creusé le déficit par le fait d’une augmentation des dépenses sans contrepartie au niveau des recettes, a-t-il expliqué.

L’on note ainsi que les recettes publiques se sont amenuisées au fil des mois pour le premier semestre de l’exercice 2020, alors que les dépenses de l’État sont parties crescendo, et cela a provoqué la dépréciation actuelle du Franc congolais, dès lors que le financement des dépenses a été faite avec un niveau des ressources limité.

Dans une approche réaliste plutôt qu’alarmiste, le ministre des Finances a proposé des remèdes adéquats. C’est d’abord le respect des procédures en matière de la dépense publique. Il prône ainsi le suivi strict de la chaine de la dépense publique, conformément aux instructions du président de la République.

Et sans inventer la roue, le ministre des Finances propose une politique budgétaire adaptée. C’est de « faire la politique de ses moyens ». « Nous devons consommer ce que nous produisons et réduire le train de vie de l’État, réduire les dépenses superfétatoires et superflues », préconise l’argentier national.

Signature d’un pacte de stabilité

Cela, insiste-t-il, doit se faire dans le cadre d’une coordination institutionnelle. C’est dans ce cadre que le ministre des Finances a annoncé la signature d’un pacte de stabilité entre le gouvernement et la Banque centrale du Congo. L’objectif est de pallier le déficit et tenter très vite de le couvrir avec les avances inflationnistes.

La solution passe inévitablement par l’indépendance financière. Sele Yalaghuli présente ainsi trois clés : le consensus politique devant amener les uns et le autres à s’accorder indépendamment de leurs bords politiques sur la stabilité du cadre macroéconomique ; la refonte du système fiscal (le taux de pression fiscal est de 9% alors que la moyenne de l’Afrique subsaharienne est de 20 %), et un véritable programme de relance économique (en plus du secteur minier, il faut s’ouvrir au secteur agricole).

C’est ici que le courage politique est requis, car ces clés sont des mesures qui vont heurter beaucoup de gens dans leurs petits intérêts individuels, estime le ministre des Finances. Il souligne aussi la continuité dans les politiques et bannir la politique de « stop and go » (arrêter et redémarrer).

Par rapport à la gestion des fonds publics alloués à l’équipe de la riposte contre la Covid-19, le ministre des Finances précise qu’il y a eu deux décaissements par procédure d’urgence. Le Premier ministre a été saisi afin que les équipes techniques du ministère des Finances aillent contrôler la destination finale de ces fonds. Et le président de la République avait envoyé l’inspection générale des Finances (IGF) pour commencer à contrôler ces ressources. Et les missions de l’IGF sont suspensives de toutes les autres missions, y compris celles du gouvernement.

Mais au-delà de l’IGF, fait remarquer José Sele, le ministère des Finances a l’obligation de la reddition des comptes. « Nous devons rendre compte sur l’utilisation des fonds publics (fonds propres du gouvernement ou des fonds obtenus des bailleurs de fonds). Les équipes de reddition des comptes vont aller sur le terrain ; car le ministre des Finances doit rendre des comptes à l’autorité budgétaire qu’est le Parlement, pas seulement les finances sur le Covid-19, mais les autres dépenses, car elles doivent être documentées », a expliqué le ministre des Finances.

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