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Contrats chinois : « 12 ans après, une progression satisfaisante »

Plus de 12 ans après la signature de ce contrat, Moïse Ekanga estime que tout n’a pas été parfait. « Mais, je pense que nous progressons de manière satisfaisante ».

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Dans une interview accordée à lalibre.be, le coordonnateur du Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC), Moïse Ekanga, a notamment répondu à une question d’évaluation du contrat signé en 2008 entre la RDC et un groupement d’entreprises chinoises (deux entreprises étatiques et une société privée de droit chinois).  Plus de 12 ans après la signature de ce contrat dit du « siècle », doit-on parler du succès ou pas de ce troc dont l’intérêt côté congolais était de doter le pays d’un ensemble d’infrastructures qui font cruellement défaut ? Moïse Ekanga reconnait que tout ne s’est pas déroulé comme prévu. La production minière a mis beaucoup plus de temps à se mettre en route. Néanmoins, la progression dans son ensemble est satisfaisante, estime–t-il, avec notamment les travaux d’infrastructures qui ont pu commencer rapidement, dès 2009.

Contrats chinois. L’affaire avait défrayé la chronique dans la rue comme dans les chancelleries occidentales en 2008. Interviewé lundi 17 août par le média belge lalibre.be, Moïse Ekanga, coordonnateur du Bureau de coordination et de suivi du programme sino-congolais (BCPSC), a dressé le bilan de ce contrat signé le 22 avril 2008 entre l’État congolais et un groupement d’entreprises chinoises (deux entreprises étatiques et une société privée de droit chinois).

De ce contrat, rappelle-t-on, naîtra la Socomines SA, la joint-venture constituée par le gouvernement congolais (représenté ici par la Gécamines) et le Groupe d’entreprises chinoises (GEC). Les Chinois détenant 68% de cette joint-venture, pour 32% à la Gécamines.

Des explications du coordonnateur du BCPSC, l’on note que le système mis en place répond à la fois aux besoins de la Chine de se garantir l’accès aux matières premières dont elle a besoin pour faire tourner son secteur industriel, tout en se protégeant contre les risques que la dette contractée par la RDC ne soit jamais honorée. La RDC peut, via ce contrat, financer les infrastructures dont elle a besoin pour son développement. C’est donc un système de troc dans lequel ce sont les bénéfices futurs de la Socomines SA qui serviront à rembourser les travaux d’infrastructures. Une fois la dette effacée, les installations et les concessions seront transférées à l’État congolais après concertation.

Plus de 12 ans après la signature de ce contrat, Moïse Ekanga estime que tout n’a pas été parfait. « Mais, je pense que nous progressons de manière satisfaisante. Si les travaux d’infrastructures ont pu commencer rapidement, dès 2009, la production minière, elle, a mis beaucoup plus de temps à se mettre en route. Ce n’est qu’en 2016 que la production a réellement pu commencer pour la Socomines. La production minière, c’est un processus lourd, sans oublier que la RDC connaît de gros soucis d’énergie. Or, les mines ont besoin de beaucoup d’énergie. Les travaux d’infrastructure, qui sont vitaux, car je dis toujours que la route du développement passe par le développement de la route, ont commencé essentiellement dans les zones les plus facilement accessibles comme le Katanga, le Kongo Central ou Kinshasa. Le centre du pays n’est pas oublié, mais il est difficilement accessible et nous avons dû freiner le rythme des travaux d’infrastructure tant que les investissements dans le secteur minier ne rapportaient pas, car la RDC ne pouvait alors pas rembourser les investissements réalisés par les entreprises chinoises. Si nous ne pouvions rembourser, la charge de la dette s’accumulait. C’était un cycle dangereux ».

Concrètement, en termes d’investissement à ce jour, il a été décaissé 900 millions de dollars pour les infrastructures, intérêts compris, et 1,8 milliard pour les investissements miniers.

Avec la production minière qui a commencé en 2015, Moïse Ekanga indique que les bénéfices vont croissants malgré les fluctuations des cours des matières premières.

« En 2016, le bénéfice a flirté avec les 100 millions de dollars. On a triplé ce chiffre en 2017, et on a atteint les 400 millions de dollars de bénéfices en 2018 et 2019 », a-t-il précisé.

Et selon lui, tout est transparent : « 35% de ces bénéfices vont au paiement de dividendes aux actionnaires et 65% servent au remboursement des emprunts, capital et intérêt ».

Pitshou Mulumba

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