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L’IGF ouvre des enquêtes, la justice traîne les pieds

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Déterminée d’aller jusqu’au bout, l’Inspection générale des finances (IGF), dont le staff a été récemment renouvelé par le chef de l’État et investi de tous les pouvoirs d’action, poursuit sa mission d’auditer sur la gestion des deniers publics. Après avoir rendu public son premier rapport des enquêtes diligentées, notamment à la BCC, aux douanes et à la gestion de la Covid-19, ses limiers sont maintenant braqués sur les dossiers  « Bukanga Lonzo » et « go-pass ». L’IGF veut voir clair : comment a-t-on géré l’argent prélevé au titre de « go-pass » dans tous leurs aéroports de la République ?  Qui a fait quoi dans l’effondrement du grand projet agro-industriel de Bukanga Lonzo ? Mais pour l’opinion nationale, une inquiétude se dégage : que fait-on des rapports de l’IGF sur tous ces dossiers sensibles d’intérêt national ? Ou encore, pour être précis, la justice va-t-elle encore annihiler tous les efforts fournis par l’Inspection générale des finances comme elle en a fait avec les rapports fournis en son temps par le professeur Luzolo Bambi ?

Un des piliers majeurs de l’instauration de l’état de droit qui implique également le respect strict des principes de la bonne gouvernance, l’Inspection générale des finances (IGF) joue pleinement sa partition dans l’assainissement des finances publiques.

En tant que structure de la Présidence de la République, l’IGF qui a repris son aura avec le nouvel inspecteur général, Jules Alingete Kwey, donne de la matière à la justice, à l’image des caviars offerts aux attaquants devant la cage dans un match de football. À eux donc de concrétiser pour que le marquoir compte. Ce n’est visiblement pas encore le cas. Des dossiers sont confectionnés. Des enquêtes menées avec des conclusions claires nécessitant l’action immédiate de la justice. C’est à ce stade que tout ralentit. Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi donc la justice traîne-t-elle les pieds quand il faut vite sévir pour servir de leçons et imprimer les nouvelles valeurs telles que prônées par le président de la République ? C’est là tout le problème.

L’opinion est en droit d’interroger sur l’enquête axée sur la gestion du compte général de l’Etat au niveau de la Banque centrale du Congo (BCC) qui a fait partie de la série de missions diligentées récemment par l’IGF et pour lesquelles les conclusions sont mises à la disposition de la justice congolaise. Il a pourtant été rapporté la « mégestion caractérisée » à la BCC tout comme au ministère de la Santé avec les fonds publics destinés à la prise en charge de la riposte sanitaire de Covid-19. Et c’est sans compter le fait que le pays perd plus de 5 milliards USD chaque année dans des « exonérations injustifiées ». Des gens doivent ainsi répondre de leurs responsabilités pour que l’Etat recouvre tous ses droits. C’est la passe d’or que l’IGF fait clairement à la justice…

Bukanga Lonzo, go-pass : le temps de l’éclairage

Après la BCC, les douanes, la gestion de la Covid, le temps de l’éclairage a sonné dans deux autres affaires de gros sous.

L’Inspection générale des finances (IGF) rassure que les Congolais seront bientôt édifiés sur ce qu’on a fait de la gestion de l’argent prélevé au titre de « go-pass » dans tous leurs aéroports. De même, tout l’éclairage sera apporté pour que les responsables de la débâcle scandaleuse de Bukanga Lonzo répondent devant la justice. Deux grandes missions viennent d’être lancées, à cet effet, par l’inspection générale des finances.

Concernant la gestion des fonds collectés par la Régie des voies aériennes (RVA) dans le cadre de la taxe aéroportuaire d’embarquement (IDEF), communément appelé go-pass, la question a toujours suscité des questionnements. Et il y a ceux qui affirment que cette taxe échappe totalement au contrôle du gouvernement.

Pour l’Inspection générale des finances, désormais, plus rien ne sera donc comme avant en ce qui concerne les finances publiques.

C’est ainsi que l’IGF rassure : « les Congolais seront bientôt édifiés sur ce qu’on fait de l’argent prélevé au titre de « go-pass » dans tous leurs aéroports ».

Déjà, dans un passé récent, une initiative de contrôle parlementaire a été menée par le député national Claudel-André Lubaya. L’élu de Kananga a démontré noir sur blanc que la collecte et la gestion des fonds de go-pass alloués à la modernisation des infrastructures aéroportuaires était opaque.

Dans sa correspondance adressée à la présidente de l’Assemblée nationale, après les explications moins convaincantes du ministre en charge des Transports, l’ancien gouverneur du Kasaï Occidental a souligné l’absence de transparence de la gestion des fonds de la redevance go-pass dont la collecte et l’affectation sont couvertes d’opacité. D’où, les lourds soupçons de détournement avec des pratiques telles : la surfacturation des achats d’équipements ; surestimation des coûts des travaux (génie civil) ; le non-respect des règles dans l’attribution des marchés publics ; la non-tenue d’une comptabilité régulière et transparente de gestion des recettes go-pass; le favoritisme à l’égard des prestataires de services, etc.

S’agissant du projet pilote de parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, c’est tout le mystère qui doit être élucidé. Et c’est à voir toute l’agitation observée depuis un certain moment autour de cette question. Il est donc clair que les responsabilités doivent être établies sur l’effondrement de ce projet pilote. Ce projet qui a donné lieu à d’importantes violations des droits fonciers et des droits humains, de la pollution, du gaspillage des publics, de sérieuses suspicions de détournement de fonds et de corruption, ainsi qu’à une action en justice contre le pays, reste au cœur de l’actualité.

Du côté de l’IFG, l’on martèle que les responsables de la débâcle scandaleuse de Bukanga Lonzo répondront devant la justice. Comme pour dire, la fin de l’impunité a effectivement sonné.

Pour rappel, le parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a été créé en 2014 dans le cadre d’un partenariat public-privé entre le gouvernement et une société sud-africaine, Africom Commodities. Il devait utiliser 80 000 hectares de terre pour la production de maïs et d’autres cultures. L’État a investi près de 100 millions de dollars dans le projet.

Cependant, trois ans après son lancement, le projet s’effondrait déjà en 2017. Africom invoquait les coûts élevés et le manque de fiabilité des plans et paiements du gouvernement. En juillet 2018, l’entreprise intentait une action en justice contre la RDC pour non-paiement de ses dépenses. Le gouvernement congolais, de son côté, avait blâmé Africom pour cet échec.

Qui a donc fait quoi dans l’effondrement de ce grand projet ? L’IGF n’entend pas reculer parce qu’elle devra répondre à cette interrogation. Mais par la suite, ce serait à la justice de passer à l’action pour demeurer dans la réelle dynamique de lutte contre l’impunité, la corruption et les antivaleurs.

Le Potentiel

 

 

 

 

 

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