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Élections américaines : Joe Biden élu 46ème président des États-Unis

Après plusieurs jours d’attente et de suspense, les Américains sont enfin fixés.

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Joseph Robinette Biden Jr., dit Joe Biden, a été élu président des États-Unis, le samedi 7 novembre 2020, face à Donald Trump au terme de près de cinq jours tendus, pleins de suspense. Le démocrate de 77 ans deviendra le 46ème président des États-Unis, sauf si les recours de Trump aboutissaient.

Après plusieurs jours d’attente et de suspense, les Américains sont enfin fixés : Joe Biden, qui a franchi la barre fatidique des 270 grands électeurs, sera bel et bien investi 46ème président des États-Unis, le 20 janvier 2021. Une victoire remportée grâce aux 30.000 voix d’avance que le candidat démocrate possède sur Donald Trump dans l’État clé de Pennsylvanie, ont annoncé CNN et d’autres médias américains. Scène de liesse dans tout le pays. Et pendant ce temps, Donald Trump est allé jouer au golf.

L’ancien vice-président de Barack Obama triomphe donc du président sortant, Donald Trump, au terme d’une élection présidentielle perturbée par la pandémie de la Covid-19 et bien plus serrée que ne l’avaient anticipé les instituts de sondage, marquée par une très forte participation et un nombre massif de votes par correspondance.

Trump crie à la « fraude »

Donald Trump, sûr de sa victoire (il a rassemblé 71 millions de votes), refuse de reconnaitre sa défaite. Il s’est opportunément saisi du paramètre du vote par correspondance pour décrédibiliser le scrutin et crier à la « fraude », dès la nuit de mardi à mercredi de la semaine dernière où il a revendiqué la victoire et promis de saisir la Cour suprême pour contester un résultat en sa défaveur.

L’imprévisible réaction du milliardaire à sa défaite, et l’éventuel purgatoire juridique dans lequel il pourrait jeter les États-Unis dans les prochaines semaines, sème l’ombre d’un doute sur la période de transition qui s’ouvre.

Ses avocats ont également saisi la justice de plusieurs États pour demander notamment un recomptage dans le Wisconsin et la suspension du décompte des voix dans le Michigan, sans succès pour l’heure. S’ils aboutissaient, ces recours pourraient retarder de plusieurs jours ou semaines l’homologation des résultats.

« Nous savons tous pourquoi Joe Biden se précipite pour se présenter faussement en vainqueur et pourquoi ses alliés dans les médias tentent avec autant d’efforts de l’aider : ils ne veulent pas que la vérité éclate », a écrit le président américain sortant dans un communiqué.  « Le constat simple est que cette élection est loin d’être terminée », a martelé, le milliardaire républicain.

Cette flopée de recours en justice pour des fraudes, il va falloir les étayer par des preuves. Ce qui n’est toujours pas fait.

Selon certaines indiscrétions, Donald Trump finira peut-être par écouter les conseils de certains de ses proches, particulièrement son beau-fils Jared Corey Kushner (le mari d’Ivanka Trump),   qui lui demandent instamment de concéder sa défaite.

Succès en demi-teinte pour les démocrates

Pour le parti démocrate, qui conserve la chambre des représentants mais échoue à conquérir le Sénat, cette élection est en demi-teinte malgré la victoire de son champion : Joe Biden a beau d’être élu président avec un nombre de voix record, il n’a pas réussi à dominer nettement son adversaire dans les urnes, avec notamment des défaites en Floride et en Ohio qui ont retardé l’échéance.

Il appartient désormais à ce vieux routier de la politique américaine, qui se présentait pour la troisième fois au poste suprême, de redorer la place des États-Unis sur la scène internationale et de renouer avec le multilatéralisme : sa première décision présidentielle, a-t-il d’ores et déjà promis, sera de réintégrer les États-Unis dans l’accord de Paris pour le climat.

« Le peuple a parlé »

Le candidat démocrate a tenu à Wilmington dans le Delaware son tout premier discours en tant que président élu, après avoir été introduit par sa colistière et vice-présidente élue Kamala Harris.

« Le peuple de cette nation a parlé. Il nous a donné une grande victoire, pour nous, le peuple, nous avons remporté la victoire avec le plus de voix de toute l’histoire des États-Unis », a salué Joe Biden. « Ce soir on voit partout dans toutes les villes, dans tout le pays et même dans le monde entier, beaucoup de joie et d’espoir pour un meilleur avenir. Je m’engage à devenir un président qui veut unifier et pas diviser », a-t-il ajouté.

Le démocrate a également lancé un appel au rassemblement : « À tous ceux qui ont voté pour Trump, je comprends que vous soyez déçu, j’ai perdu aussi par le passé ». « Ce ne sont pas nos ennemis, ce sont des Américains », a-t-il insisté. Joe Biden veut donc « baisser d’un ton, s’écouter, se parler ». « Il faut arrêter de traiter nos adversaires comme des ennemis », a réitéré le démocrate.

Le président catholique a ensuite exprimé sa volonté de « guérir » le pays. « La Bible nous dit qu’il y a saison pour tout, pour construire, pour récolter, pour semer et pour guérir. Il est temps de guérir en Amérique », a-t-il déclaré.

Joe Biden a également annoncé qu’il mettrait en place ce lundi une cellule de crise sur le coronavirus, rassemblant des scientifiques et des experts, pour combattre le principal défi actuellement posé à l’exécutif américain. « Je m’engagerai pour mettre fin à cette pandémie », a-t-il lancé.

« Partenaire idéale »

Dans cette lourde tâche, Joe Biden peut compter sur sa vice-présidente, Kamala Harris, sa « partenaire idéale », pour paraphraser Barack Obama. En d’autres termes, celle à même pour l’aider à se mesurer aux défis bien réels auxquels est confrontée l’Amérique en ce moment, et auxquels elle sera confrontée dans les années à venir.  

Force est de reconnaitre que la sénatrice a apporté à Joe Biden, 77 ans, un atout jeunesse avec une pugnacité et un dynamisme qui l’ont déjà aidé à l’emporter dans son duel « à la vie, à la mort » face à Trump. Elle a aussi mobilisé une frange de l’électorat pas forcément encline à voter pour « Sleepy Joe ». Kamala, américaine de la première génération, a réussi à attirer des électeurs aspirant à être mieux représentés au sommet du pouvoir, notamment dans la foulée du mouvement Black Lives Matter – qui se traduit par « Les vies noires comptent » ou « La vie des Noirs compte » -, un mouvement politique né en 2013 aux États-Unis dans la communauté afro-américaine militant contre le racisme systémique envers les Noirs.

Les dirigeants internationaux ont salué la victoire du candidat démocrate, à l’exemple du président français, Emmanuel Macron, qui a félicité sur Tweeter Joe Biden pour son élection et l’appelé à agir « ensemble » pour « relever les défis d’aujourd’hui ».

« Les Américains ont désigné leur président. Félicitations Joe Biden et Kamala Harris ! Nous avons beaucoup à faire pour relever les défis d’aujourd’hui. Agissons ensemble ! », a-t-il ainsi réagi.

 Robert Kongo, correspondant en France

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