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Consultations présidentielles : Kabila va-t-il se plier à la volonté populaire ?

Le chemin qui mène à l’Union sacrée de la Nation est encore long.

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Consultations terminées ce mercredi, le temps est venu de repenser l’actuelle coalition au pouvoir et de s’y affranchir. Avant même qu’il n’y ait prononcé son discours pour révéler le contenu de sa moisson auprès des personnalités consultées, le peuple lui propose déjà la voie à suivre pour le salut du pays et la réussite de l’Union sacrée de la Nation : la rupture. Mais une équation reste à résoudre. Joseph Kabila et son FCC vont-ils adhérer à la volonté populaire clairement exprimée durant les trois semaines de ces consultations qui ressemblent à un référendum populaire ?

Le président de la République va clôturer, ce mercredi 25 novembre, les consultations qu’il avait démarrées le 2 novembre 2020. Mais, ce n’est qu’une étape. Le chemin qui mène à l’Union sacrée de la Nation est encore long. Le peuple, qui a soif d’entendre les résolutions issues de cette longue série d’entretiens du Palais de la Nation, devra encore prendre son mal en patience. Car, après cette étape, le président de la République va se donner un temps raisonnable pour compiler les différentes suggestions qui lui ont été faites avant de prendre des décisions.

En effet, dans son message de 6 minutes à la nation, vendredi 23 octobre 2020, le président Tshisekedi avait promis de revenir, à l’issue de ces consultations, vers le peuple pour lui communiquer les décisions qui en découleront.

À la même occasion, il avait annoncé que ces consultations aboutiront à une « Union sacrée de la Nation » dont le but sera la refondation de l’action gouvernementale. Mais une équation demeure : Joseph Kabila qui, visiblement, n’a pas adhéré à ce plan du chef de l’État, va-t-il se plier à la volonté populaire ? La question vaut son pesant d’or.

On se souviendra que dans une récente correspondance adressée aux corps diplomatiques accrédités en RDC et aux pays voisins, l’ancien chef de l’État avait proféré des menaces à peine voilées, en prenant la communauté internationale à témoin sur tout ce qui arriverait si jamais le président Tshisekedi écartait le FCC de la gestion du pays. Un tel message diplomatique ne devrait pas être pris comme un fait divers. C’est une véritable déclaration de guerre qui peut faire basculer le pays dans un sens comme dans un autre.  Faire comme s’il (Kabila) n’existait pas serait une grosse erreur tant que le contenu de l’accord qui lie le FCC au CACH reste un mystère.

Quoiqu’il en soit, avec l’engouement enregistré lors de ces trois semaines des consultations présidentielles, le souverain primaire a repris la parole aux côtés de ceux qu’il a mandatés pour le représenter à tous les niveaux des pouvoirs. Qu’on les aime ou qu’on les haïsse, les consultations présidentielles auront été une sorte de référendum populaire durant lequel toutes les couches sociales de la République ont donné de la voix. Des acteurs politiques jusqu’aux mamans maraichères, en passant par les officiers supérieurs de l’Armée et de la Police, chaque catégorie a posé clairement et librement ses problèmes, a été écouté par le chef de l’État et attend un écho favorable en retour.  

De toute façon, Félix Tshisekedi dispose désormais d’une banque de données très fournie. À chaque fois que les choses n’iront pas dans le sens qu’il voudra, il la consultera pour y soutirer les desiderata des délégués de tel ou tel autre domaine précis. Avec ces consultations, on pourra donc affirmer que c’est maintenant que le « vrai » mandat de Fatshi commence.  Il pourra donc gérer sans trop d’excuses, sans pression ni injonction d’un FCC trop ombrageux jusque-là.

La seule boussole qui guidera son action sera les résolutions issues de ces consultations qui ont connu une large participation des Congolais, toutes tendances confondues. Fini le temps de la grâce.  Le président de la République a les manettes entre ses mains. À lui de manipuler le gouvernail dans le sens où il veut diriger le navire. Le peuple y est déjà embarqué et attend que le bateau quitte le quai.

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