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Tshisekedi répond à Kagame : « La justice établira un jour les responsabilités dans les massacres de l’Est de la RDC »

La posture négationniste du président rwandais, Paul Kagame, face aux crimes commis en RDC ne pouvait laisser indifférent le président Félix Tshisekedi.

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C’est la réponse du berger à la bergère. La posture négationniste du président rwandais, Paul Kagame, face aux crimes commis en RDC ne pouvait laisser indifférent le président Félix Tshisekedi. Tel un couteau qu’on a remué dans la plaie, une plaie béante qui saigne encore à cause d’un génocide ignoré, le président congolais a accordé une interview, mercredi 19 mai à Paris à trois médias internationaux. Dans la foulée, Tshisekedi souligne, sans ambages, qu’il y a bien eu des massacres dans son pays. Et que la justice établira un jour les responsabilités, « y compris les auteurs congolais ». La position de la RDC est ainsi claire. Le premier citoyen de la République, tout comme l’ensemble de la population derrière lui, accordent le crédit au rapport Mapping élaboré par des experts des Nations Unies. Tout est dit même s’il reste à établir qu’on n’est pas loin d’un scénario de l’accusé qui plaide non coupable, comme l’a pensé le 1er vice-Président de l’Assemblée nationale et président du parti présidentiel, Udps, Jean-Marc Kabund.

Des propos du président rwandais, Paul Kagame, niant les crimes commis par des armées étrangères il y a plus de vingt ans en République démocratique du Congo, a suscité de vives réactions dans le pays.

« Non au négationnisme », c’est la réaction de la RDC.Dans une interview accordée mercredi 19 mai à Paris à trois médias internationaux, le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo s’est refusé à répondre directement à son homologue Paul Kagame dont les derniers propos sur le rapport Mapping ont soulevé un tollé.

« Le rapport mapping a été élaboré par des experts des Nations Unies ; la République démocratique du Congo continue à croire qu’un jour justice sera faite à toutes les victimes de ces violences à l’Est de mon pays », a rétorqué le président de la RDC.Il a, à cet effet, rappelé sa priorité en ces termes : « Je tiens à ce que la paix et la sécurité règnent à l’Est de la République démocratique du Congo ; il appartiendra à la justice de designer les coupables ».

Au sujet de Dr Mukwege, le Président Félix Antoine Tshisekedi n’a pas caché son soutien à ce digne fils du pays. « Dr Denis Mukwege est une fierté nationale. Il a toute mon affection et notre reconnaissance pour le travail qu’il fait auprès des victimes », a-t-il déclaré.

Un accusé qui plaide non coupable ?

Dans l’opinion congolaise, c’est l’indignation. Le président du parti présidentiel, Jean-Marc Kabund, qui est également 1er vice-Président de l’Assemblée nationale n’a pas été tendre vis-à-vis de Paul Kagame au pouvoir depuis 21 ans.

« La posture négationniste du président rwandais face aux crimes commis en RDC est une attitude d’un accusé plaidant non coupable. L’essentiel pour nous, c’est l’institution sur base du rapport MAPPING, d’un TPIRDC afin que les auteurs… qui qu’ils soient et où qu’ils se trouvent répondent », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

« Entre 1996 et 2002, des armées du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi ont fait régner la terreur et des campagnes d’épuration des populations civiles. Non au négationnisme », a réagi l’ancien ministre UNC de la jeunesse, Billy Kambale.

« Nous n’accepterons pas les propos négationnistes de qui que ce soit sur les crimes commis en RDC », a fustigé pour sa part l’opposant Martin Fayulu.

« La politique de bon voisinage ne peut oblitérer la mémoire, source de l’histoire et fondement de la paix et la stabilité à venir. Dans les Grands Lacs, on ne fera pas l’économie de la vérité des faits et des tragédies qui ont émaillé nos relations avec nos voisins, dont le Rwanda… Ce que le président Paul Kagame refuse d’admettre pour son peuple, au nom de la dignité humaine, il ne peut le soutenir sur la RD Congo au nom d’un culte de l’oubli. Évoquer la mémoire, c’est conjurer le sort des tragédies passées pour l’avenir. Inviter à l’oubli, c’est les perpétuer », a indiqué le député national Delly Sesanga via twitter.

Le Potentiel

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