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Danger d’une nouvelle éruption du Nyiragongo Goma : une partie de la ville évacuée  

L’ordre d’évacuer certains quartiers de la ville de Goma a été donné au petit matin, jeudi 27 mai, par les autorités militaires du Nord-Kivu.

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C’est une situation inédite. Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu se vide pratiquement de sa population à la suite de la menace de la reprise de l’éruption du volcan Nyiragongo. La menace s’est autant intensifiée, d’après les autorités provinciales et nationales qui ont appelé la population de Goma à évacuer. « La situation demeure sous surveillance constante », a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya. Ce dernier a précisé que l’évacuation est obligatoire et se fait vers la localité de Saké, dans le territoire de Masisi et celle de Rutshuru. Selon le porte-parole de l’exécutif central, la première priorité pour le gouvernement de la République, c’est la prévention. La mesure prise vise ainsi à prévenir pour épargner des vies humaines face aux risques. Mais déjà, malgré la répercussion du message du gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu par la délégation gouvernementale qui se trouve à Goma, la panique a gagné les rangs de la population. Selon les experts de l’Observatoire volcanologique de Goma (OVG), les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu. Aux côtés du ministre Patrick Muyaya, le Général Léon-Richard Kasonga des FARDC et le Colonel Ezéchiel Mwanamputu de la PNC ont tous rassuré que l’armée et la police travaillent d’arrache-pied avec l’administration militaire du Nord-Kivu pour gérer la situation.

L’ordre d’évacuer certains quartiers de la ville de Goma a été donné au petit matin, jeudi 27 mai, par les autorités militaires du Nord-Kivu. La panique s’en est suivie à voir l’important exode immédiat de dizaine de milliers d’habitants. Selon le gouverneur militaire de la province, le lieutenant-général Constant Ndima, tout comme le porte-parole du gouvernement central, Patrick Muyaya, qui a d’ailleurs fait le point devant la presse à Kinshasa, le même jeudi pendant la journée, il y a un risque de déstabilisation des gaz dangereux dissous sous le lac Kivu, au pied du volcan qui est actuellement en forte activité. Des risques supplémentaires sont liés à l’interaction du magma avec l’eau du lac, déstabilisation du volume de gaz dissous sous le lac Kivu et émission de gaz en surface potentiellement dangereux. Les données en possession du gouvernement ne sont donc pas rassurantes. C’est parce que la sismicité et la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu.

C’est une situation qui n’exclut pas une éruption à terre ou sous le lac (Kivu) qui pourrait advenir sous très peu voire sans aucun signe précurseur. D’où, la nécessité de prévenir plutôt que d’exposer les populations dans un scénario apocalyptique.

Car, selon l’OVG, si les gaz dissous dans les eaux profondes du lac montent, surtout le CO2, ce serait l’asphyxie de tous les êtres vivants autour du lac Kivu des côtés congolais et rwandais.

Voilà pourquoi, le gouvernement de la République s’en tient à cette évacuation obligatoire, mais qui doit se passer dans le calme et sous la coordination des humanitaires et avec les moyens de transport mis à la disposition par les autorités provinciales dans chaque quartier. Elle concerne la zone rouge qui englobe dix quartiers sur les dix-huit que compte la capitale du Nord-Kivu. Il s’agit de Majengo, Mabanga-Nord, Mabanga-Sud, Murara, Virunga, Kahembe, Mapendo, Bujovu, Kasika et Keshero.

Entretemps, les forces de l’ordre patrouilleront pour sécuriser les biens et les personnes, ont assuré les Porte-parole de l’armée et de la police qui étaient aux côtés du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya

Ci-dessous le Point de presse du ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya, Porte-parole du gouvernement

Goma : Evacuation progressive des habitants de dix quartiers exposés en cas d’une nouvelle éruption volcanique

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Chers compatriotes,

Je tiens d’abord à témoigner, au nom du Gouvernement, toute notre compassion à l’égard de tous nos compatriotes touchés par l’éruption volcanique du Nyiragongo.

Ensuite, je voudrais, au nom du Gouvernement, présenter de manière officielle les condoléances aux familles éprouvées à la suite de cette catastrophe naturelle. Puisse leurs âmes se reposer en paix !

Cette dure épreuve exige de chacun de nous de la solidarité pour un soutien matérielle, morale et spirituelle.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Chers compatriotes,

Les tremblements de terre qui s’en sont suivis et la menace d’une éventuelle coulée de lave secondaire qui pèsent sur la ville ont contraint le Gouvernement à prendre la difficile décision d’une évacuation progressive des habitants de 10 des 18 quartiers de Goma situées dans la zone rouge. Il s’agit respectivement de MAJENGO, MABANGA NORD, MABANGA SUD, BUJOVU, VIRUNGA, MURARA, MAPENDO, MIKENO, KAYEMBE ET VOLCAN.

Cette mesure préventive et obligatoire, annoncée localement par le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, Constant NDIMA, est en cours de mise en œuvre depuis ce matin.

Pour le Gouvernement, il est question de préserver la vie de nos concitoyens en les orientant vers des lieux les plus sécurisés. Le retour dans leurs domiciles respectifs ne pourra être envisagé que lorsque la menace d’une éruption secondaire sera totalement écartée. Les éléments qui ont concouru à la prise de cette décision sont les risques que nous renseignent l’évaluation scientifique. La ville de Goma est en proie à 4 types de risque :

– Risque d’accentuation de tremblements de terre ressentis de manière continue depuis le 22 mai dernier qui peuvent causer des pertes de vies humaines et des dégâts matériels ;

– Risque d’une éruption volcanique secondaire partant des fissures créées par les mouvements sismiques ;

– Risque d’explosion des poches de gaz sous le lac du fait de d’un contact avec le magma ;

– Risque de toxicité de l’environnement ambiant du fait de la poussière et des cendres émises dans l’atmosphère par le volcan.

Ce qui exposerait la population à une situation sanitaire catastrophique.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Chers compatriotes,

Face à ce spectre de danger et en attendant les résultats de la surveillance et de l’analyse complète de la situation, la préoccupation majeure du Gouvernement, est que celle de protéger les vies humaines et de mettre la population à l’écart des trajectoires des coulées de lave qui représentent un danger de mort par asphyxie ou brulures sévères. Le Plan de contingence est exécuté en harmonie par les autorités provinciales avec les services de la Protection Civile pour organiser l’évacuation et la prise en charge totale des déplacés sur quatre axes :

– la route de SAKE (Nord-Ouest) ;

– la route de RUTSHURU (Nord-Est) ouverte, pendant les travaux, pour les besoins de la cause

– le lac vers Bukavu.

Il y a lieu de préciser que les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et la Police Nationale sont déployées pour contenir, orienter et soulager la population en les encadrant à atteindre leurs destinations en toute sécurité. D’autres habitants de Goma se dirigent depuis quelques jours vers le Sud-Kivu (Bukavu) et le Rwanda à Gisenyi et Rubavu.

Les dernières mises à jour de nos scientifiques de l’Observatoire Volcanologique de Goma indiquent que la fréquence et l’intensité des tremblements de terre ont baissé. Si hier (mercredi, ndlr) la plus puissante a atteint une magnitude de 5,2 sur l’échelle de Richter, depuis ce matin (jeudi, ndlr), les mouvements sismiques ressentis à Goma oscillent autour de 4,2 de magnitude. Une équipe d’experts volcanologues se trouve, depuis la première heure de ce jeudi 27 mai 2021, au sommet du Nyiragongo pour observer et prélever les données actuelles, lesquelles vont conditionner la décision du Gouvernement sur l’attitude à adopter.

Mesdames et Messieurs de la Presse,

Le Gouvernement recommande à notre population de rester vigilante et à l’écoute des informations les plus fiables transmises par les autorités compétentes étant donné que la situation peut changer très rapidement.

J’insiste sur la nécessité pour tous de suivre scrupuleusement des directives des autorités locales. Les mises à jour seront régulièrement faites.

Je tiens à rassurer ici que, sur instruction du Chef de l’Etat Félix-Antoine TSHISEKEDI, le Gouvernement de la République que dirige le Premier Ministre Jean-Michel SAMA, a pris toutes les dispositions qui s’imposent, à travers tous les services habilités, pour que les déplacements se fassent dans l’ordre et en toute sécurité. Le plus important, c’est de préserver les vies humaines.

Je me tiens à votre disposition pour répondre à quelques questions.

Fait à Kinshasa, le 27 mai 2021

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