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Audit général des unités de production de l’État : une urgence qui n’appelle plus de débat

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Faire aujourd’hui une fixation du simple cadre légal ou de la fin de la double tutelle ou encore des prérogatives sur des audits de gestion, serait une erreur, mieux, une polémique sans profit pour la République, car la question la plus importante est plutôt d’évaluer les réformes qui devraient permettre aux entreprises publiques de remplir les objectifs pour lesquels elles ont été créées. C’est ici que l’audit général des unités de production de l’État n’appelle plus de débat. Les mandataires sont ainsi tenus de rendre compte de leur gestion. Un tel exercice marquerait, sans doute, la rupture avec le passé pour consacrer la fin effective de l’impunité en République démocratique du Congo.

12 ans après la transformation des entreprises publiques du Portefeuille de l’État en sociétés commerciales, le constat est amère. Ces sociétés ne sont ni compétitives encore moins à la hauteur de se mesurer à la loi du marché.

Et pourtant, l’on se rappelle que le 24 avril 2009, lorsque que le Premier ministre d’alors, Adolphe Muzito, avait signé le décret n° 09/12 portant établissement de la liste des entreprises publiques transformées en sociétés commerciales, établissements publics et services publics, ces vastes réformes s’appuyaient, selon le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep), sur la révision du mode d’intervention de l’État dans l’économie et de sa participation dans les entreprises publiques.

Trois raisons majeures étaient avancées, à savoir les entreprises publiques ne remplissaient plus les deux objectifs pour lesquels elles ont été créées, notamment la production des biens et des services pour la satisfaction des citoyens et la contribution au budget de l’État ; le monopole dont jouit l’entreprise publique (même quand elle n’est plus efficace) est un obstacle à la compétitivité ; l’État n’a pas de ressources suffisantes pour faire face aux problèmes auxquels sont confrontées les entreprises publiques.

Vu sous cet angle, les entreprises publiques du Portefeuille de l’État transformées en sociétés commerciales, devraient, dès lors, se livrer à la concurrence et se doter de plan d’affaires devant propulser leur développement. Plus de dix ans après, ces objectifs ne sont pas atteints.

Le plus inquiétant, c’est que le tableau à ce jour illustre davantage la descente aux enfers. Le constat est que la majorité de ces entreprises sont caractérisées, notamment par le manque de transparence dans la gestion des recettes mobilisées, alors qu’elles reçoivent des subventions de l’État. C’est ici que se pose la nécessité d’évaluer les réformes engagées.

Imposer un nouveau rythme de gouvernance

C’est une évaluation qui sous-tendrait naturellement l’exigence d’un audit général de gestion.

Le temps s’y prête avec la volonté du gouvernement des Warriors sous la conduite du Premier ministre Sama Lukonde. Autrement dit, la démarche visant un audit de gestion a des chances d’aboutir. Encore faudra-t-il que très rapidement les acteurs concernés accordent leurs violons dans le sens de prioriser l’intérêt général qui est celui d’imposer un nouveau rythme de gouvernance. Ce qui marquerait véritablement la rupture avec le passé.

Faire aujourd’hui une fixation du simple cadre légal ou de la fin de la double tutelle ou encore des prérogatives sur des audits de gestion, serait une erreur, mieux, une controverse sans bénéfice pour le pays. Le plus important est d’évaluer le processus des réformes qui devraient permettre aux entreprises publiques du Portefeuille de l’État transformées en sociétés commerciales de remplir les objectifs pour lesquels elles ont été créées. C’est ici que l’audit général des unités de production de l’État n’appelle plus de débat, car les mandataires sont tenus de rendre compte de leur gestion. Un tel exercice marquerait, sans doute, la rupture avec le passé.

Ainsi, les ministres qui en ont compétence, devraient déclencher, toutes affaires cessantes, le mécanisme de contrôle des états financiers d’entreprises et services publics aux trésoreries toujours au rouge, avec des agents aux conditions sociales déplorables et des outils de production désuets, pendant que leurs mandataires mènent un train de vie princière.

Un tel exercice ne devrait faire l’objet d’aucune controverse, même si c’est malheureusement le cas aujourd’hui entre le ministère du Portefeuille et celui des Transports, Voies de communication et Désenclavement.

Il est évident que le signal fort à donner pour dissuader ceux qui ont vexé depuis toujours dans la gestion opaque profitant d’un environnement de l’impunité la plus totale, requiert une action à l’unisson au sein du gouvernement. Ce ne serait donc pas l’affaire d’un seul ministre ou d’un autre. C’est l’affaire d’État !

LP

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