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Débâcle du projet « Bukanga Lonzo » : La Société Africom-Commodities charge les gouvernements Badibanga et Tshibala

Pour Christo Grobler, l’échec de Bukanga Lonzo a commencé avec l’avènement d’un nouveau gouvernement avant fin 2016.

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En attendant que la justice congolaise n’établisse les responsabilités de manière objective sur les vrais auteurs de la débâcle du projet « Bukanga-Lonzo » à travers un procès transparent, la République démocratique du Congo devrait, en principe, répondre à la Cour de médiation et d’arbitrage de Genève (Suisse) des chefs d’accusation de « sabotage organisé » et « d’abandon » de sa part dudit projet, au profit des importateurs des vivres. Le numéro 1 de la Société Africom-Commodities, Christo Grobler qui l’a annoncé à la suite des pertes subies par leur société, réagissait aux prétendues allégations de détournement de fonds alloués projet Bukanga-lonzo que d’aucun voudraient lui imputer. Pour cette entreprise les responsables de la débâcle se trouveraient au sein des gouvernements qui ont succédé à celui de Matata Ponyo.

L’épilogue du dossier « Bukanga-Lonzo » qui défraie la chronique en RDC est riche en révélation. Chaque jour qui passe rapporte des éléments inédits.

Alors que le rapport synthèse de l’Inspection général des finances (IGF) transmis au Premier ministre honoraire, Matata Ponyo, tenait pour responsable la société Sud-africaine Africom-Commodities, gestionnaire de ce projet de « détournement de fonds » y alloués, son numéro 1, Christo Grobler est sorti de son silence.

Dans une interview accordée à Radio Okapi, celui-ci fait savoir que « le projet du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a été victime d’un sabotage organisé et d’abandon de la part du gouvernement, au profit des importateurs de vivres en République démocratique du Congo (RDC) ».

Par ailleurs, M. Grobler, responsable d’Africom-la société Sud-africaine chargée d’exécution de ce projet, s’est indigné de ces faits alors que « la commercialisation de la farine de maïs produite à Bukanga Lonzo avait déjà entraîné en 2015 une baisse de prix de cette denrée alimentaire sur le marché kinois ».

Cependant, l’administrateur d’Africom, Christo Grobler rejette en bloc les allégations qui tentent de faire porter à sa société de soupçons de détournement.

« L’entreprise sud-africaine n’est pas impliquée dans le détournement de fonds du projet Bukanga Lonzo », rapporte la même source.

En outre, Christo Grobler a déploré des pertes énormes enregistrées par sa société. Ce qui les ont même poussés à saisir la Cour internationale de médiation et d’arbitrage de Genève (Suisse).

« Nous avons saisi la Cour à Genève pour une médiation, parce que ce qui était arrivé et la manière dont nous avions quitté le pays, nous ne comprenions rien. Nous étions en partenariat avec le gouvernement et les travaux avançaient très bien et les preuves sont là », indique-il.

« Ni détournement, ni surfacturation »

En rapport avec les allégations de détournement de fonds et de surfacturation de différentes acquisitions, Christo Grobler se défend : « Il n’y a eu ni surfacturation, ni détournement de fonds. Les prix que nous avons taxés n’étaient pas seulement le prix du tracteur, mais c’était le prix de l’ensemble de service que le tracteur va leur fournir, y compris la maintenance pendant deux ans ».

Pour Christo Grobler, l’échec de Bukanga Lonzo a commencé avec l’avènement d’un nouveau gouvernement avant fin 2016.

« Quand monsieur Matata Ponyo a quitté la primature, nos paiements sont allés en diminuant jusqu’à s’arrêter totalement. Et c’est à cette période que nos bureaux ont été totalement bombardés par les taxes, payez ceci, payez ça ; nous étions vraiment harcelés », révèle-t-il.

D’autre part, Christo Grobler plaide pour la relance urgente du projet Bukanga Lonzo, car son échec ne profite ni à la nation congolaise, ni à Africom.

Le projet du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a englouti plus de 200 millions USD du trésor public sans pouvoir atteindre ses objectifs, indique l’Inspecteur général des finances, dans son rapport.

En dépit de multiples problèmes ayant occasionné l’échec de ce projet, personne ne remet en cause sa pertinence et la nécessite de sa relance urgente pour assurer la sécurité alimentaire de la population.

Concernant le projet en soi, à la lumière du contrat de gestion de Bukanga Lonzo signé par le gouvernement congolais et son partenaire Africom, « la première phase d’activité du parc agricole était centrée sur la production de cultures de base (maïs) à Bukanga Lonzo », rapporte des sources onusiennes.

A côté de cette production, le Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo a commencé à produire sur ses 80 000 hectares de terres plus de 500 tonnes de fruits et légumes par jour capables de répondre aux besoins de la population de Kinshasa, une partie du Kongo central et du Kwango, voire Brazzaville.

Ce parc devrait aussi cultiver des tubercules comme le manioc et les patates douces.

L’élevage du Bovin, du Caprin, du porc et des volailles était planifié à grande échelle en vue de répondre au besoin en viande de toute la partie ouest du pays.

Toutes ces productions devraient être transformées et manufacturées par une industrie montée sur place à Bukanga Lonzo grâce au génie sud-africain.

Si le projet du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo parvenait à atteindre ses objectifs, la ville de Kinshasa ne pourrait plus importer la viande, le poulet, la farine de semoule, le lait et les légumes. Elle pourra en revanche exporter sa production vers Brazzaville et Angola.

A cet effet, le gouvernement de la République a tout intérêt à procéder à sa relance pour le bénéfice du le peuple d’abord.

Joyce Kalala

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