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Criminalité faunique : Juristrale forme les magistrats et personnel judiciaire de Mbandaka sur la lutte contre le braconnage

Concilier l’impératif de conservation et la réalité locale

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En partenariat avec WWF, l’ONG Juristrale qui travaille particulièrement sur le volet application de la loi et le renforcement des capacités des magistrats, a organisé un atelier de renforcement des capacités à l’attention des magistrats, du personnel judiciaire ainsi que des cadres des administrations et services publics en matière de lutte contre le braconnage te le trafic illicite de l’ivoire.

En organisant cet atelier en faveur des magistrats et personnel judiciaire des cours et tribunaux de Mbandaka, Juristrale s’est assigné, entre autres objectifs de permettre une meilleure prise en charge des dossiers judiciaires sur la criminalité faunique (braconnage, trafic d’ivoire, etc.), de sensibiliser les participants sur la gravite de la criminalité faunique en dans le monde en général et en RDC en particulier ; sensibiliser et renforcer les capacités des participants sur les procédures légales de traitement et de suivi des infractions sur la faune ; instruire les participants sur les mécanismes de l’administration de la preuve en ce qui concerne les infractions sur la criminalité faunique, etc. ; renforcer la compréhension sur la CITES (Convention sur le commerce international des espèces). ; clarifier la collaboration qui doit y avoir entre les cours et tribunaux et les autres institutions et structures intervenant dans la chaine de l’application de la loi dont les officiers de police judiciaire (OPJ), les douaniers, les forces armées, l’Interpol, la police, les services  de renseignements, etc.

Pour Me Emile Djamba, coordonnateur de Juristrale, son ONG a ressenti la nécessité de renforcer les capacités des magistrats et du personnel judiciaire en connaissance sur la lutte contre la criminalité faunique. « ONG œuvrant dans le secteur de l’environnement, Juristrale travaille dans la lutte contre la criminalité faunique et elle s’est retrouvée devant des magistrats qui comprennent la loi qu’ils appliquent », a circonscrit me Djamba.

Avant d’argumenter son propos en ces termes : « Le magistrat pouvait interpeller le villageois qui tue et mange un pangolin, mais il ne sait pas lui expliquer que cet animal figure parmi les espèces en voie d’extinction, que l’Etat congolais et ses partenaires internationaux ont classé dans l’annexe 1 de la Convention CITES qui dit que cette espèce ne peut être ni vendu, ni être consommé ». 

Concilier l’impératif de conservation et la réalité locale

Le premier président de la Cour d’Appel de Mbandaka qui présidait les travaux a fait savoir que cet atelier entrait en ligne de compte de la volonté du pays à jouer de pilier mondial de la conservation de la nature.

« Longtemps, la RDC n’était pas consciente de son rôle majeur dans la conservation mondiale de la nature, alors qu’elle est le deuxième poumon vert de la planète. Aujourd’hui, consciente des risques et menaces tributaires de la criminalité faunique, la RDC veut être exemplaire », a-t-il argumenté par ailleurs.

D’où l’intérêt de la formation assurée aux magistrats et personnel judiciaire des cours et tribunaux de Mbandaka. En même temps, a-t-il ajouté, « s’engager contre la criminalité faunique, pour l’environnement, pour la conservation de la nature, c’est en réalité retrouver l’espoir pour le futur, car le danger occasionné par le commerce illicite des espèces, est un enjeu planétaire ».

Mais cette lutte pose la question de savoir comment concilier l’impératif de la conservation de la nature et les problèmes suscités par les criminalités fauniques, car on entend si souvent la communauté locale se battre contre les gestionnaires des aires protégées, les éco-gardes se faire assassiner par les groupes armés dans les parcs nationaux.

En réponse à ces défis, le 1erprésidente de la Cours d‘Appel de Mbandaka interpelle le gouvernement à aller loin dans la recherche de nouvelles stratégies pour apporter des solutions définitives et efficaces. Et sur cette voie, il propose non seulement que soient améliorées les stratégies de communication et d’interaction avec les populations locales, mais aussi d’enseigner l’environnement, non pas au simple sens de fournir un certain nombre d’informations, d’élever le niveau de conscience, mais aussi de préparer à des métiers comme à ceux de l’environnement, grande filière professionnelle, où les opportunités sont considérables.

St Augustin K.

 

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