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Est du pays : prof. Joseph Kitaganya inquiet sur la cohabitation pacifique entre les ethnies  

Pour le Professeur Docteur Joseph Kitaganya, il s’agit d’une démarche qui risque de mettre en mal la cohabitation pacifique, du reste déjà fragile, entre ethnies...

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La proposition de loi initiée par le candidat malheureux à la présidentielle de 2018, Dr Noël K Tshiani et endossée par le député national Nsingi Pululu suscite des réactions dans tous les coins du pays.

Pour l’initiateur de ce texte, il est question de verrouiller l’accès aux fonctions de souveraineté, à savoir : le président de la République, les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, le haut commandement militaire de l’armée, le haut commandement du commissariat général de la police, les hauts magistrats et les ministères régaliens. Mais pour bien des Congolais, le verrouillage à l’accès au fauteuil présidentiel n’est pas le seul, ni le meilleur moyen pour s’assurer de la loyauté d’un futur président de la République vis-à-vis de la nation. Et déjà le débat semble très personnalisé avec la mise en avant des tournures d’exclusion pour la prochaine course à la magistrature suprême.

Pour le Professeur Docteur Joseph Kitaganya, il s’agit d’une démarche qui risque de mettre en mal la cohabitation pacifique, du reste déjà fragile, entre ethnies surtout dans les provinces de l’Est où la question du tribalisme et de l’autochtonie reste d’actualité et divise toujours les ethnies sur l’occupation de certains postes de gestion.

« Le pays étant entouré de 9 pays frontaliers, c’est normal que l’on ait des Congolais dont un parent peut être étranger. Si cette loi passe dans cette logique telle qu’elle est conçue, tous ces Congolais qui ont un parent étranger seront exclus d’accéder aux postes de souveraineté alors que peut-être parmi eux, il y a des compétents et des vrais patriotes. La vraie « Congolité » doit être celle d’esprit patriotique. Ailleurs on a transcendé ce genre des questions et les gens évoluent. Cette loi risque d’empiéter sur la cohabitation pacifique et suscitera des réactions énormes pour les ethnies qui se sentiront frustrées et exclues d’accès, notamment, à la magistrature suprême », a réagi le Professeur Docteur Joseph Kitaganya.

D’un regard de scientifique, il rappelle que la question soulevée par l’initiateur de ce texte ne date pas d’aujourd’hui. Elle avait déjà été abordée à la conférence nationale souveraine sans qu’il y ait un compromis.

« La province du Nord-Kivu est déjà fragilisée par des rébellions et cette démarche risque d’amplifier l’existence de ces groupes rebelles qui appartiennent à groupe ethnico-tribal. Il faudrait que les députés examinent avec beaucoup d’intelligence et d’éthique cette question surtout dans le contexte actuel », a-t-il prévenu.

Melis Boasi, Correspondant au Nord-Kivu

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