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Grande-Bretagne : le « Serious Fraud Office » au cœur d’un scandale de corruption

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé, pense-t-on.

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Le Serious Fraud Office (SFO), l’agence du gouvernement du Royaume-Uni, rattachée aux services de l’Attorney General et chargée des enquêtes et des poursuites des cas graves de fraude ou de corruption dépassant un million de livres et impliquant plusieurs juridictions nationales, est sur le mauvais pied.

Alors qu’elle a bâti sa réputation, entre autres, en accusant de fraude et de corruption, certains opérateurs miniers de la République démocratique du Congo avec en exergue Dan Gertler, SFO est, via son ancien directeur Richard Alderman, au cœur d’un scandale de corruption dénoncé par des médias britanniques de renom, faisant mettre en doute la propre crédibilité de l’institution établie le Criminal Justice Act de 1987.

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé, pense-t-on. SFO est, pour sa part, accablée, preuves à l’appui, pour mauvaise conduite dans l’exercice d’une charge publique pour avoir prétendument lancé une enquête criminelle injustifiée contre une entreprise minière ENRC.

Dans un article paru le 13 juillet dernier, Financial Times a révélé qu’un ancien chef de l’agence anti-fraude du Royaume-Uni a accusé son prédécesseur d’avoir une « relation spéciale » avec un avocat pénaliste qui aurait organisé une enquête criminelle injustifiée sur la société minière ENRC.

À en croire le média, Sir David Green a déclaré lors de son témoignage devant la Haute Cour de Londres qu’il voulait mettre fin à la relation entre Richard Alderman, son prédécesseur au poste de Directeur de SFO, et Neil Gerrard, poursuivi par ENRC pour négligence.

Green a également avoué avoir soulevé des préoccupations quand il a pris ses fonctions en 2011 au sujet des rencontres secrètes qu’Alderman avait eues avec des entreprises faisant l’objet d’une enquête et des fuites prétendument de l’intérieur du SFO à la presse d’information confidentielles sur certains cas.

Green témoignait dans le procès de 70 millions de livres sterling d’ENRC contre le SFO, Gerrard et son ancien cabinet d’avocats Dechert.

ENRC poursuit SFO pour mauvaise conduite dans l’exercice d’une charge publique pour avoir prétendument lancé une enquête criminelle injustifiée à son égard malgré l’insuffisance des preuves.

ENRC poursuit aussi Gerrard, un avocat qu’elle engagé en 2010 pour enquêter sur les allégations de corruption d’un lanceur d’alerte, pour avoir prétendument utilisé la société minière plaignante comme « une vache à lait » en concoctant un plan avec SFO pour étendre l’enquête.

ERNC allègue que Gerrard voulait générer des milliers de livres en frais juridiques inutiles et que l’agence, elle, voulait gagner une affaire très médiatisée.

Faisant part des mêmes informations, le journal Gazette a rapporté le 9 juillet que Gerrard, lorsque le tribunal lui a demandé s’il avait informé ENRC des entretiens avec SFO, a répondu : « Je ne leur ai pas dit et j’ai donc manqué à ce devoir, oui ».

Gazette a ajouté que l’ex-partenaire du cabinet Dechert a été accusé d’avoir menti au tribunal, pour avoir déclaré qu’il souffrait d’amnésie et d’un long Covid, et que sa mémoire était mauvaise.

Si Gerrard a prétendu souffrir d’amnésie, l’opinion à travers le monde, elle, n’oublie jamais, et surtout quand il s’agit d’un procès visant la crédibilité d’une institution publique antifraude, anticorruption, qui a toujours excellé dans les accusations considérées « gratuites » contre des opérateurs innocents à travers le monde.

LP/AfricaNews

 

 

 

 

 

 

 

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