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Diplomatie congolaise : des voix s’élèvent pour exiger la méritocratie

Les discriminations sont un scandale moral dans les sociétés qui se veulent démocratiques.

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Dans un état de droit, c’est la méritocratie qui doit primer en lieu et place des considérations tribales, religieuses, culturelles, etc., des acteurs. Selon un lanceur d’alerte qui a requis l’anonymat, aux Affaires étrangères à Kinshasa et même dans certaines ambassades du pays, ceux qui sont de la même tribu que le chef de l’Etat sont visés par une fatwa au nom d’un prétendu équilibre de représentation nationale. L’on dénonce ainsi une oligarchie bien constituée dans ce secteur depuis des décennies attisant la fibre de la discrimination. Il s’agit d’une injustice qui doit être portée à la connaissance du chef de la diplomatie congolaise, le VPM Christophe Lutundula, pour que seules les valeurs de la méritocratie triomphent dans un Congo qui met le cap vers son renouveau.

Les discriminations sont un scandale moral dans les sociétés qui se veulent démocratiques. En milieu politique comme ailleurs, la flamme de combat contre un tel fléau ne doit en aucun cas s’éteindre. C’est dans cette perception que des voix s’élèvent pour dénoncer un groupe, mieux, une oligarchie bien constituée dans le corps du ministère des Affaires étrangères, depuis 17 mai 1997. Il s’agit d’un véritable mouvement discriminatoire et conservateur. Dans leur viseur : les agents et diplomates appartenant à la même région linguistique que le chef de l’Etat. L’argument avancé, c’est qu’ils ne devraient pas occuper des hautes responsabilités au sein de cette institution. Un argument qui vaut la peine d’être balayé dès lors que nul ne peut être victime de discrimination sur la base de ses origines ethniques.

C’est pour dire que la fatwa contre les Congolais d’une certaine ethnie ne se justifie pas. L’affaire fait grand bruit et a même pris des proportions inquiétantes que toute nouvelle nomination des Congolais d’une certaine tribu dans ce ministère ou dans différentes ambassades et représentations diplomatiques de la RDC, aussi normalement constituée soit-elle, est toujours sujette à polémique.

Dans la foulée, si les nouveaux engagés de l’espace Grand Kasaï travaillent sous le feu des critiques, l’infime minorité qui se trouve déjà tant à l’interne qu’à l’externe de l’appareil diplomatique du pays sont victimes d’invectives et diffamations de tout genre, rapporte-t-on. Ce qui n’est pas sans conséquence sur leur rendement.

Tout argument de représentation nationale ne tient pas, la preuve c’est que, l’actuel pouvoir hérite d’un appareil diplomatique dans lequel aucune attention n’a été accordée depuis presque 22 ans sur cette question de représentation.

Au niveau de la représentation nationale, l’affaire de la haine tribale a fait grand bruit. C’est pourquoi, les élus du peuple n’ont pas hésité à lancer depuis près de deux semaines, à Kinshasa, siège des institutions de la République, une campagne de grande envergure pour stopper les velléités tribales qui empestent les institutions et l’administration du pays. Pour eux, l’unité nationale reste le leitmotiv de vouloir vivre ensemble des Congolais. Un combat qui corrobore d’ailleurs avec celui déjà mené par le chef de l’Etat. Pour rappel,  tout de suite arrivé au pouvoir en janvier 2020, Félix Antoine Tshisekedi a fait de l’unité nationale et de la méritocratie son cheval de bataille. Il suffit de voir la composition de son cabinet pour s’en rendre compte.

Ainsi, réduire le Président de la République à une tribu alors qu’il est le symbole de l’unité nationale, c’est manquer du tact. En lançant la campagne contre la haine tribale, les députés nationaux ont vu juste, ils sont restés fidèles à l’idée d’un Congo indivisible, grand et prospère. Le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères est appelé à ouvrir l’œil et le bon afin de contrer la dérive de la discrimination qui a élu domicile dans son secteur.

LP

 

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