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Tshisekedi : « Etre Congolais de père et de mère ne suffit pas pour servir son pays de manière loyale… » 

Les non-dits dans l’avis du chef de l’Etat, c’est que la question est un faux débat...

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L’initiative visant à prohiber l’accès à la fonction présidentielle et aux autres fonctions régaliennes aux Congolais nés d’un parent étranger ne connaitra finalement que le sort d’un feu de paille.

Finalement, c’est le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi qui a été poussé à sortir de sa réserve pour se prononcer sur la question. Son avis qui n’est pas un avis si simple quand on connait l’influence de l’avis d’un chef de l’Etat dans la démocratie congolaise. Et c’est non. Noël Tshiani n’a qu’à mieux défendre son initiative, car pour Félix Tshisekedi répondant au micro de Marius Muhunga sur VOA dans un entretien exclusif lors de son séjour américain, « être Congolais de père et de mère ne suffit pas à garantir une bonne gestion des tous les compatriotes ». « Ce n’est pas non plus un critère suffisant pour servir son pays de manière loyale et fidèle », estime le président de la République qui a d’ailleurs rappelé que l’histoire même la plus récente de la RDC démontre qu’il y a eu des Congolais de père et de mère qui ont participé à la ruine du pays.

Le texte initié par Noël Tshiani, candidat à la présidentielle de 2018, a été déposé au bureau de l’Assemblée nationale le 8 juillet par le député Nsingi Pululu. La proposition n’est déjà pas une priorité, avait indiqué le président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso, lors de l’adoption du calendrier des matières de la session parlementaire en cours.

Depuis son annonce, la proposition de loi sur la « Congolité » a suscité des inquiétudes au sein de la classe politique et à l’international sur des « conséquences potentiellement dangereuses ».

D’autres acteurs n’avaient pas hésité d’indexer sans se masquer le président de la République estimant qu’il s’agit d’une stratégie du pouvoir en place pour éliminer du jeu politique certains candidats à la présidentielle. Et bien plus, la peur que le pays, déjà fragilisé par les conflits, ne bascule dans une dérive xénophobe, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire où le concept d’« ivoirité » avait contribué à faire basculer le pays dans une guerre civile entre 2002 et 2011.

Les non-dits dans l’avis du chef de l’Etat, c’est que la question est un faux débat, car être né de parents congolais n’est pas une garantie de patriotisme. Il est donc clair que la proposition de loi repose plutôt sur des arguments populistes.

Dans tous les cas, s’agissant de l’accès à la magistrature suprême, bien des observateurs rappellent que le président de la République est élu par 80 millions de Congolais. D’où, la nécessité de laisser à ces derniers la liberté de choisir la personne qu’ils veulent plutôt que d’éliminer des adversaires à l’avance.

Par ailleurs, même si la proposition de loi Tshiani requiert le soutien d’une partie de la population qui estime que le texte va protéger le pays des étrangers qui ne pourront jamais être président, il existe d’autres voix de sortie pour rencontrer cette préoccupation.

Franck Diongo par exemple, parmi ceux qui se sont ouvertement opposés à la démarche, croit que les préoccupations soulevées par les initiateurs de la proposition limitant l’accès de certaines personnes aux responsabilités publiques de premier ordre, seront rencontrées à travers un jeu démocratique intègre. C’est une question de culture politique. Le discours de campagne par exemple, soutient-il, peut servir de cadre pour convaincre les électeurs à voter ou à ne pas voter tel ou tel autre candidat.

Pitshou Mulumba

 

 

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