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Evaluation de l’état de siège : Boji et Mayo contredisent Kambale, l’UNC divisée

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Les hauts cadres de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe sont profondément divisés sur l’évaluation de l’état de siège en vigueur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Là où la branche radicale, incarnée par Billy Kambale, actuel secrétaire général du parti, peu convaincue par les résultats de l’état de siège, estime que la mesure sécuritaire est un échec total, les modérés, comme Jean-Baudouin Mayo et Aimé Boji Sangara, témoignent un soutien tous azimuts à la mesure présidentielle qui vise à éradiquer la violence et l’insécurité dans cette zone trouble depuis plus de deux décennies.

La position officielle, celle soutenue par le secrétaire général de l’UNC, a suscité l’ire de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS- parti présidentiel). Son secrétaire général, Augustin Kabuya, n’a raté l’occasion de tancer son homologue Billy Kambale à qui il a dénié l’expertise militaire pour se risquer d’avancer des conclusions sur une matière sécuritaire.

De leur côté, le ministre d’État en charge du Budget, Aimé Boji Sangara et le député national, Jean-Baudouin Mayo, deux hauts cadres UNC, contredisent leur secrétaire général. Pour leur part, ils estiment que le résultat de l’état de siège décrété par le chef de l’État se construit dans la durée.

« L’état de siège n’est pas une baguette magique. Il est l’expression de la volonté du peuple congolais de pacifier la partie Est du pays. Il est donc un processus et une détermination. Ensemble derrière le chef de l’État, nous y arriverons malgré les complicités internes », a écrit Jean-Baudouin Mayo sur son compte tweeter.

Le ministre d’Etat en charge du Budget, Aimé Boji, estime que l’état de siège est sur la bonne voie. Il a lui-même visité les villes de Goma, Beni, Bunia et Bukavu, allant jusqu’à qualifier les critiques acerbes du numéro 2 de son parti d’actes qui frisent « l’antipatriotisme » et contredit Kambale qui parle déjà d’échec.

« Je suis UNC. J’étais à Bukavu. Qualifier l’état de siège d’un échec frise l’antipatriotisme. Le verre à moitié plein, soutenons l’état de siège jusqu’à l’éradication totale de l’insécurité. Fort heureusement, chaque réussite est l’échec d’autre chose », a-t-il tweeté en réaction aux dénégations de Billy Kambale.

Le Budget, porte de sortie des rangs de l’UNC !

Entretemps, la position de Boji et Mayo alimentent la polémique et fait remonter à la surface le cas Pierre Kangudia. Ministre d’État, ministre du Budget dans le gouvernement Tshibala du 9 mai 2017 au 6 septembre 2019 et fondateur du parti politique Front congolais pour la démocratie (FCD), Pierre Kangudia Mbayi est directeur de cabinet de Vital Kamerhe à la présidence de l’Assemblée nationale entre 2006 et 2009 et cadre du parti politique UNC. Affublé de cette posture de cadre du parti, Kangudia entre dans le gouvernement Tshibala en tant que ministre d’État chargé du Budget. Il rompt avec son parti lorsque le président du parti, Vital Kamerhe demande aux membres de se retirer du gouvernement avant le remaniement dans un communiqué du 23 octobre 2017. Il refuse de démissionner de son poste à la suite de la décision du parti, considérant celle-ci d’une décision idiote, refusant de servir les intérêts égoïstes, mais s’en remettant au président de la République.

Curieusement, Aimé Boji est l’actuel ministre d’Etat en charge du Budget qui a remplacé Jean-Baudouin Mayo au même poste. Est-ce à dire que le fauteuil du budget est un exutoire pour les hauts cadres de l’UNC ? La question reste posée.

St Augustin K.

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