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Arrestation spectaculaire

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Samedi 18 décembre. Un spectacle désolant s’est produit dans la ville de Kinshasa : l’arrestation musclée et humiliante du gouverneur du Kongo central, Atou Matubuana. Ce dernier a été menotté, marché à pieds de sa résidence jusqu’au croisement de l’avenue Kasa-Vubu- boulevard Sendwe. Et de là, les inspecteurs de la police judiciaire du parquet près la Cour de cassation ont hélé une moto-taxi pour le conduire à l’office du procureur général. Quel scandale !

Un gouverneur de province, menotté et trainé dans la rue comme un vulgaire malfrat ! Une telle scène d’humiliation n’honore ni la Nation ni le chef de l’État qui prône une justice juste dans un État de droit. C’est vrai que personne ne fait l’apologie du vol ou du détournement des deniers publics. Mais, c’est aussi vrai que personne ne peut tolérer ces pratiques d’un certain âge dans un pays qui se veut véritablement un « État de droit ».

De cette interpellation spectaculaire, quelques questions méritent d’être soulevées : qui a donné l’ordre de traiter comme tel un gouverneur de province, fut-il sous le coup d’un avis de recherche ? La Police manquait-elle des moyens de transport pour escorter ce « prisonnier spécial » ? À qui a profité cette humiliation d’un homme d’État qui, au début de la même semaine, avait été vu dans l’hémicycle du Palais du peuple lors du discours du chef de l’État à la Nation ?

Quel que soit le bout par lequel on va la prendra, l’arrestation du gouverneur honoraire du Kongo central reste un scandale et une preuve éloquente de cacophonie au sein de l’appareil judiciaire congolais. L’homme que les « gros bras » ont trainé dans les rues de Kinshasa avait bel et bien été réhabilité par le Conseil d’État et attend encore son installation à son poste de gouverneur de province. À ce titre, Matubuana demeure – jusqu’à preuve du contraire – un homme d’État.

Il y a lieu de dénoncer les conditions cruelles, sans respect pour la dignité humaine avec lesquelles le gouverneur Atou a été appréhendé. L’état de droit, c’est aussi le respect des droits reconnus aux personnes suspectes, non condamnées par une décision juridictionnelle définitive.

Le Potentiel

 

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