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Le M23 au Nord-Kivu : Qui joue à l’hypocrisie entre la RDC et le Rwanda ?

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À qui profitent les incursions répétées des rebelles du M23 dans la partie Est de la République ? La question mérite d’être posée d’autant qu’il est étonnant de constater que les rebelles du mouvement armé dit de 23 Mars « M23 » attaquent encore les positions des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) dans le territoire de Rutshuru et veulent à nouveau conquérir certains villages du coin pour contrôler au finish Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Selon des sources sécuritaires dans la province du Nord-Kivu, les affrontements opposant les FARDC aux éléments armés identifiés aux ex-combattants M23 ont causé, mardi 25 janvier 2022, la mort d’un colonel des FARDC dans le territoire de Rutshuru. Cette énième incursion s’effectue alors qu’un accord de paix a été signé, fin 2013, entre les autorités congolaises et les représentants de ce mouvement, confirmant la dissolution de ce dernier. Cet accord définit, il convient de la rappeler, les modalités de la démobilisation et conditionne à l’abandon de la violence et la reconnaissance des droits de ses membres. Quelle partie à ce jour n’a pas tenu à ses promesses ?

Pas plus tard que dans la nuit du 24 au 25 janvier 2022, les positions des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ont été attaquées en territoire de Rutshuru, précisément à Nyesisi et Ngugo, à 13 km au Nord-est de Rugari, causant ainsi mort de certains officiers du côté des FARDC et un déplacement massif de populations des villages riverains du Parc national des Virunga vers la base militaire de Rumangabo, dans le groupement Gisigari.

Le gouverneur militaire du Nord-Kivu qui s’est rendu personnellement au front, le mercredi 26 janvier, a lancé l’assaut contre ces ennemis de la paix qui se seraient retranchés, aux dernières nouvelles, vers Ngugo.

Des informations recueillies sur place par notre correspondant, délivrées par les Forces vives de Rutshuru, démontrent à suffisance que ces rebelles armés du M23 se ravitaillent en armes et munitions de guerre à partir du Rwanda voisin, pour attaquer les positions des Forces Armées de la République Démocratique du Congo et tuer les populations congolaises.

« Le Rwanda a toujours nié de soutenir les rebelles M23 et au même moment les enquêtes démontrent que ces rebelles se ravitaillent régulièrement en armes du côté du Rwanda. Ils utilisent les armes modernes. D’où est-ce que ça provient ? Pourquoi les autorités rwandaises n’ont jamais traqué les rebelles du M23 qui se réfugient dans leur pays pour pérenniser la paix dans la sous-région des Grands Lacs et la bonne relation diplomatique tant chantée ? Il s’agit d’une hypocrisie dans les relations bilatérales entre les deux pays », a indiqué à notre correspondant, un cadre de base du territoire de Rutshuru sous anonymat.

L’arbre qui cache la forêt

Même réflexion poussée par un autre ténor des forces vives de Rutshuru qui qualifie le M23 d’une simple organisation terroriste parrainée par le Rwanda pour déstabiliser la RDC.

« C’est démontrer noir sur blanc que ces rebelles sont pour la plupart d’origine rwandaise. Le Rwanda ne veut pas de la paix au Nord-Kivu. Il faut un franc parler de nos autorités envers les autorités rwandaises pour mettre fin à ce cycle infernal des violences qui créent une entorse sur le vécu quotidien de la population de Rutshuru qui est une population agro-pastorale. Les incursions de M23 s’en est de trop », a-t-il ajouté.

Pendant ce temps, les voix s’élèvent à Goma où la population du chef-lieu du Nord-Kivu tient à tenir dans les jours à venir des manifestations pacifiques qui vont interpeller les autorités congolaises sur cette affaire qui ne finit pas.

« Sur le plan diplomatique, nous devrons avoir un ton ferme envers le pouvoir de Kagame. Si ses frères sont dans ce mouvement du M23, il n’a qu’à organiser un dialogue chez lui pour leur retour au Rwanda. Le M23, tantôt on nous dit que c’est une rébellion congolaise, mais dans le fond, c’est un conglomérat de Rwandais qui veulent envahir le Congo, en tuant les populations congolaises et en voulant à tout prix diriger les institutions de la RDC. Cette histoire doit prendre fin. Nos frères meurent à Rutshuru et ce n’est pas normal », a noté pour sa part Bernard Kalondero, un habitant de Goma.

À la veille des élections de 2023 et durant cette période exceptionnelle de l’état de siège décrété au Nord-Kivu et en Ituri, la République Démocratique du Congo mérite plus que jamais une paix durable pour le développement de ces territoires, conformément au programme de développement de 145 territoires lancés par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi. Et cela n’est possible que par l’éradication totale des groupes armés locaux et étrangers et des relations diplomatiques sans hypocrisie entre la RDC et ses voisins accusés dans plusieurs rapports  d’appuyer les groupes rebelles.

La vigilance des autorités congolaises vaut son pesant d’or pour un meilleur avenir du pays d’autant que le plan de balkanisation reste la visée de certaines puissances occidentales.

Le Potentiel

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