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Crise russo-ukrainienne sur l’économie nationale : la BCC propose sa recette

La République démocratique du Congo ne sera pas épargnée économiquement de la crise russo-ukrainienne. L’économie nationale risque ainsi de subir un impact indirect à la suite des répercussions de la crise sur les économies de ses principaux partenaires commerciaux. L’alerte a été donnée par la gouverneure de la Banque centrale du Congo (BCC), Mme Malangu Kabedi Mbuyi. Intervenant au cours de la 47ème réunion du Conseil des ministres du gouvernement, vendredi 1er avril, la gouverneure de la BCC a recommandé le renforcement de la coordination des actions au niveau des politiques budgétaire et monétaire, et le maintien du Pacte de stabilité. Sa recette vise à faire face aux risques externes dont le renchérissement des cours du pétrole combiné aux facteurs internes, notamment la hausse des prix de produits énergétiques et alimentaires, ainsi que l’impact de la hausse de la facture pétrolière sur le Budget de l’Etat par rapport aux subventions sur les prix à la pompe. La situation nécessite, en réalité, une perspective de gestion proactive de la part du gouvernement. Car, même si les deux protagonistes du conflit (Russie et Ukraine) ne sont pas des puissances systémiquement déterminantes dans l’économie mondiale, mais ils jouent un rôle de premier plan pour certains produits de base. Ensemble, la Russie et l’Ukraine sont des acteurs majeurs dans les secteurs de l’énergie, de l’alimentation et des engrais.

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Les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine au niveau sectoriel sur l’Afrique, qui sont négatifs pour la plupart des pays, seront probablement amplifiés par l’effet de la détérioration des conditions macroéconomiques. Comme d’autres pays, la République démocratique du Congo entend veiller au grain pour ne pas subir de plein fouet cette crise via les économies de ses principaux partenaires commerciaux dépendant de ces deux pays.

C’est dans ce cadre que lors de la séance ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo, organisée le 28 mars, sous la présidence de la gouverneure Malangu Kabedi Mbuyi, la question a été évoquée. Le Comité de politique monétaire avait noté l’accentuation des incertitudes qui, en début d’année, marquaient l’environnement économique mondial.

« Des perspectives difficiles désormais nourries par l’impact de la pandémie de la Covid-19, des fortes contraintes d’approvisionnement au niveau global et la remontée des pressions inflationnistes dans les pays avancés ; ainsi que l’impact négatif de la guerre russo-ukrainienne sur les marchés internationaux », note-t-on dans le communiqué ayant sanctionné la fin de cette réunion.

En clair, indique le CPM, l’économie congolaise devrait en subir les répercussions par le canal de l’inflation à travers la hausse des prix de produits pétroliers et alimentaires dont le pays est importateur net.

« En glissement annuel, le taux d’inflation devrait ainsi se situer à 6,52% à fin décembre 2022, comparé à 5,28% en 2021 ».

Anticiper et de gérer les perturbations

En réponse à la situation, le CPM a décidé de mettre en place un dispositif de veille et de suivi rapproché du marché des changes en vue d’anticiper et de gérer efficacement toute évolution susceptible de perturber le cadre macroéconomique. En ce qui concerne les instruments de la politique monétaire, il a été décidé de garder inchangé le dispositif actuel, y compris le maintien du taux directeur de la Banque centrale du Congo à 7,5% en vue de la poursuite de l’indispensable soutien à l’économie nationale.

C’est dans cette dynamique qu’en portant sa voix à la 47ème réunion du Conseil des ministres, présidée en présentiel, vendredi 1er avril à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi, la gouverneure de la Banque centrale du Congo, a recommandé le renforcement de la coordination des actions au niveau des politiques budgétaire et monétaire, et le maintien du Pacte de stabilité.

De son côté, le gouvernement central a lancé une sévère mise en garde aux spéculateurs qui tendent à tirer profit de la situation de crise à l’international.

Par ailleurs, la situation globale de la conjoncture économique demeure caractérisée par le maintien de la stabilité du cadre macroéconomique. C’est ce qu’a indiqué la gouverneure de la BCC au Conseil des ministres du gouvernement. Elle a fait savoir que le rythme de formation des prix a connu un léger ralentissement à la quatrième semaine du mois de mars. Toutefois, il demeure sous contrôle depuis le début de l’année. En cumul annuel, le taux d’inflation s’est établi à 1,96%. Le marché de change demeure relativement stable sur les deux segments, consécutivement à la poursuite de la bonne coordination des politiques macroéconomiques. En rythme annuel, le franc congolais a connu une légère dépréciation de 0,04% sur le marché officiel contre une appréciation de 0,07% au parallèle.

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