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[A la Une]- Pénurie du carburant : Les pétroliers spéculent, le gouvernement rassure

Lundi, 4 avril 2022, à Kinshasa, certaines stations-services n’ont pas vendu l’essence. Conséquence : il fallait attendre des heures pour ravitailler les véhicules en carburant. Par endroit, on pouvait observer des automobilistes qui se suivaient à la queue leu leu pour se procurer le carburant dans des stations services. Plusieurs automobilistes ont tenté leur chance, sans succès, pendant des heures d’attentes consécutives jusqu’à s’absenter au boulot. Un spectacle désolant qui a causé des embouteillages monstres dans toutes les grandes artères de la capitale. Sans avoir anticipé avec une politique qui sécurise les intérêts de tous (pétroliers et consommateurs), le ministre des Hydrocarbures, lui, se contente de rassurer à travers un communiqué : « il n’y a pas rupture de stocks » ! Entretemps, cette situation, si elle n’est pas bien gérée, risque de provoquer des spéculations tant au niveau du marché des biens que des services.

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carburant kinshasa

Après la psychose observée à Kinshasa faisant croire à la rareté des produits pétroliers à travers la ville, le ministre des Hydrocarbures, Didier Busimbu, annonce la disponibilité de produits pétroliers à travers le pays et en quantité suffisante.

« Il n’y a ni pénurie de carburant ni rupture de stocks. Un bateau a même accosté hier. Il y a eu de petits problèmes par rapport à la distribution. On a réglé cela. La situation va rentrer en ordre dans quelques heures… Que la population ne s’affole pas. Le carburant, il y en a », a-t-il déclaré à la presse.

À l’issue d’une réunion de travail avec tous les intervenants dans la distribution des produits pétroliers, le ministre des Hydrocarbures, à travers ses services, a apaisé l’opinion. Selon Didier Budimbu, la situation  est sous contrôle.

« Le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu, a tenu une réunion d’urgence au matin du lundi 4 avril 2022 avec les sociétés pétrolières Sep Congo, Sonahydroc, Cobil, Total, Engen ainsi que d’autres entreprises commerciales intervenant dans le secteur sur la rumeur d’une pénurie du carburant circulant avec persistance à Kinshasa avec  la difficulté observée par la population pour s’approvisionner en produits pétroliers. Sep Congo, qui assure la logistique et le stockage des produits pétroliers, confirme qu’il n’y a nullement pénurie et qu’il dispose d’un stock devant servir les usagers », indique une dépêche de la cellule de communication du ministère des Hydrocarbures.

Selon le directeur général de Engen RDC, « ce qui s’est observé, c’est juste un petit souci technique qui s’est rapidement arrangé ». Pour lui, l’approvisionnement en carburant est régulier. Même son de cloche du coté d’autres structures disposant des stations-services à travers la ville.

« Sep Congo se charge, à l’heure qu’il est, de ravitailler les stations-services pour servir les usagers. Le prix du carburant n’a pas connu une hausse, contrairement à ce qui se chuchotait déjà le week-end dernier. Tout compte fait, le gouvernement et les pétroliers travaillent de concert pour trouver une solution en vue d’endiguer une hausse probable du prix du carburant au niveau mondial », apaisent les services du ministre des Hydrocarbures.

Certains analystes indiquent qu’à cause de la situation qui prévaut à l’Ukraine à la suite de la guerre qui lui est déclarée par la Russie, le prix du pétrole est revu à la hausse à travers le monde. Le prix du baril est passé de 73 dollars américains à 130 dollars américains.

Des longues files d’attentes malgré tout

Malgré les assurances du ministre des Hydrocarbures, les consommateurs assistent à une situation différente de cette déclaration politique. Des longues files d’attentes sont observées devant les quelques stations-services qui acceptent de vendre le carburant à la pompe. Un seul opérateur pétrolier est disposé à vendre les produits pétroliers, en l’occurrence Total.

Cette situation, si elle n’est pas bien gérée, risque de provoquer des spéculations tant au niveau du marché des biens que des services. Déjà depuis le matin du lundi, les routes de Kinshasa n’ont pas connu trop de véhicules. Le transport en commun, lui, était à peine visible. Les automobilistes ont déclaré avoir difficilement accédé au carburant. Ils menacent de revoir le prix de la course à la hausse. Ce qui ne garantit pas un climat de confiance entre le pouvoir public et l’opinion public.

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