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Les otages qui interpellent [Édito]

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Cela fait près de 50 jours que Thomas Lubanga, Floribert Ndjabu, les colonels Désiré Lobo et Pisi Lobo sont encore détenus en territoire de Djugu, province de l’Ituri, par les miliciens de la Codéco (Coopérative pour le développement du Congo). Anciens seigneurs de guerre en Ituri et ex-premiers prisonniers de la CPI aux Pays-Bas, pour les deux premiers, ils font ensemble partie de la Task Force mise en place par le président de la République pour convertir leurs jeunes frères en apôtres de la paix dans la province. Et, ainsi, favoriser la réconciliation mise à mal par de sanglants conflits intercommunautaires à répétition.

Ces otages interpellent la conscience nationale. Ils étaient sept captifs, le 16 février dernier. Trois ont déjà été libérés : Pr Jean-Baptiste Dhechuvi d’abord et, cinq semaines plus tard, le général Germain Katanga ainsi que le chauffeur. Ces libérations au compte-gouttes rassurent tant soit peu l’opinion quant à l’aboutissement des négociations engagées discrètement par le gouvernement. Mais le plus tôt serait le mieux pour le moral et la santé des victimes.

Officiellement, les ravisseurs ont formulé des exigences : l’amnistie, l’intégration dans les forces de défense, la levée de l’état de siège et l’arrêt des opérations militaires en Ituri. Kinshasa va-t-il accéder à toutes ces exigences sans évoquer l’amère pilule du M23 ? Quelles sont les garanties ? Aucune. Certes, une soixantaine de miliciens a d’ores et déjà été libérée. Mais pour le reste, il faudra procéder avec méthode. Sans précipitation.

Cependant, si l’option de l’intégration l’emporte, que les recrues soient affectées dans les provinces autres que l’ex-Orientale et l’ex-Kivu. Les miliciens invalides rejoindraient, eux, le processus de Démobilisation-Insertion. Pour les uns et les autres, le formatage au conditionnement citoyen prendra du temps.

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