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RDC – « Discours séparatiste » : Un danger pour la Nation

Lorsque l’on est une personnalité publique, et de surcroit, revêtue d’un mandat officiel, il faut bien tourner sept fois sa langue avant de parler. Surtout à la télévision, car ses déclarations, si elles ne sont pas bien clarifiées, peuvent être interprétées de diverses manières, à l’instar des propos tenus par la députée nationale Dominique Munongo Inamizi, élue de la circonscription de Lubudi (Lualaba). Sans détours, la princesse de Bayeke s’est, dans une vidéo devenue virale dans les réseaux sociaux, indignée du « flux majeur de la population venue du Kasaï vers le Katanga, lequel ne respecte pas les us et coutumes de la province ». Pour biens des observateurs, les propos de Mme Dominique Munongo, haut cadre d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, cristallise la xénophobie quand elle parle méchamment « d’un peuple et de la consommation de la viande de chien ». Et le gouvernement n’a pas tardé à réagir. Au cours du briefing consacré à la problématique du carburant, organisé mercredi 6 avril en direct sur les plateaux de la télévision nationale (RTNC), le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, entouré des ministres des Hydrocarbures, Didier Budimbu, et des Finances, Nicolas Kazadi, a fustigé la stigmatisation faite par cette élue du peuple avant d’appeler les médias à jouer leur partition pour conforter l’unité et la cohésion nationale.

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Les médias responsables ne devraient en aucun cas offrir leurs espaces à des porteurs des discours séparatistes. Cette interpellation vaut son pesant d’or avec la prolifération des émissions de débat qui attisent ouvertement la haine tribale. C’en est le cas de cette vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Au cours d’une émission débat, la parole est accordée à une femme députée nationale, élue de Lubudi dans le Lualaba. Cette dernière, sans tergiverser, a pris l’allure d’un tribunal chargé de juger et de condamner sans autre forme de procès, une tribu. Des propos frisant l’aversion et tout cela sans qu’elle ne soit recadrée directement par la présentatrice de l’émission.

Des condamnations fusent de partout. Une plainte a, même été déposée, à la Cour de cassation de Kinshasa/Gombe contre la députée nationale Dominique Munongo pour son discours jugé de haine tribale et xénophobe.

Le sujet passerait inaperçu s’il émanait d’un Congolais lambda, mais quand c’est l’élite, en plus, revêtue d’un mandat politique, qui en est l’auteur, il y a lieu de craindre, et de vite hausser le ton pour décourager tout discours identitaire, du reste, toxique, parce que menaçant naturellement l’existence de l’Etat-Nation et la cohésion de tout un peuple.

C’est dans cette perception que le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, répondant à la question d’un journaliste sur le sujet, au cours du briefing consacré à la problématique du carburant en cette période de la guerre russo-ukrainienne, n’est pas allé par quatre chemins pour exprimer la désapprobation du gouvernement.

« Comment voulez-vous dans pays où nous avons autant d’ethnies, des tribus, aller dans la stigmatisation », s’est-il interrogé. Avant de poursuivre : « Je suis content parce que tous les élus de Lubumbashi ont été reçus par le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso. Ils vont aller sur place pour passer un message de la paix… J’espère que toutes les autorités vont se lever contre cette question. Les médias aussi ». 

Le vrai débat à ce sujet, a estimé Patrick Muyaya, est celui de la pauvreté. « C’est parce que nous n’avons pas créé suffisamment d’emploi. Alors c’est très dangereux que des personnes revêtues d’un mandat public tiennent des propos qui prêtent à confusion », a-t-il regretté.

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