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Nord-Kivu: MSF prend en charge plus de 3200 cas de malnutrition à Rutshuru

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Près de 100 personnes souffrant de la malnutrition occupent, chaque mois les lits de l’hôpital général de référence de Rutshuru. Cet hôpital, situé à Kiwanja, au nord de la ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, reçoit un appui partiel des équipes de Médecins Sans Frontières (MSF). Doté d’un sol fertile et longtemps réputé pour son importante production agricole, Rutshuru demeure, paradoxalement, l’un des territoires les plus touchés par la malnutrition dans la province du Nord-Kivu.
En appui au ministère de la Santé, MSF a pris en charge plus de 3200 cas de malnutrition dans cette zone en 2021.

En plus de mauvaises habitudes alimentaires, l’insécurité prive des milliers de personnes d’aliments nutritifs indispensables. Les enfants de moins de 5ans, les femmes enceintes et allaitantes sont les plus touchés.

De plus, l’augmentation de la criminalité et les conflits armés chroniques limitent la circulation, des personnes et l’accès humanitaire dans certaines zones du territoire. Pour assurer la continuité des soins dans ces zones, MSF soutient trois structures de santé supplémentaires dans les villages de Rubare, Kalengera et Murambi.

« Mon enfant est interné à l’hôpital général de Rutshuru depuis un mois. Je manque de nourriture et n’arrive plus à produire de lait pour le nourrir. Il souffre de la malnutrition. Actuellement, il vit du lait thérapeutique fourni par l’hôpital. Je crains que son état de santé ne se détériore à notre sortie », s’inquiète Elisabeth Maombi, déplacée de Katwiguru, village distant de la cité de Kiwanja.

La plupart des patients actuellement traités dans l’unité de nutrition thérapeutique de l’hôpital de Rutshuru proviennent de ces structures de premier niveau.

Un cercle vicieux

” La recrudescence de l’insécurité empêche plusieurs ménages de retourner dans leurs villages afin de reprendre leurs anciennes activités champêtres et pastorales. Leur situation sanitaire, déjà précaire, ne cesse de se détériorer.
A cause de la carence alimentaire, certaines femmes qui ont fui les conflits armés dans leurs villages arrivent ici avec trois à quatre enfants malnutris. Nous soignons ces enfants mais ils finissent souvent par retourner à l’hôpital , car la situation sécuritaire ne s’améliore pas dans leur village d’origine. Les ménages déplacés sont toujours confrontés aux même difficultés. Il y a aussi des enfants qui n’ont pas la chance d’être allaités parce que leurs mères ne sont pas bien nourries. Nous soignons ces enfants. Ils recouvrent la santé mais au bout d’un moment, ils retournent à l’hôpital. C’est un véritable cercle vicieux “,
se plaint Olivier Bahati, superviseur des activités nutritionnelles de l’hôpital général de référence de Rutshuru.

Rappelons que MSF est présente dans le territoire depuis 2005 et fournit gratuitement des soins médicaux, chirurgicaux et nutritionnels d’urgence dans les zones de santé de Kibirizi, Rwanguba, Binza et Bambo, zones en proie à des conflits armés et intercommunautaires depuis plus de 20 ans.

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