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Présidentielle française 2022 : l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen inquiète au plus haut point

À six jours du second tour de l’élection présidentielle française, le débat s’envenime sur le choix du prochain locataire de l’Élysée. Et si Marine Le Pen battait Emmanuel Macron ? Si cette hypothèse est peu probable, mais elle n’est plus impossible. La candidate de l’extrême droite n’a jamais été aussi près de la victoire. Elle sera donc la première femme chef de l’État de l’histoire de France… depuis Marie de Médicis et Anne d’Autriche. Cependant, ne nous berçons pas d’illusions : la France a tout à perdre à voir l’extrême droite au pouvoir. Et cela inquiète au plus haut point, et prouve que la notion de front républicain semble avoir fait long feu.

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marine le pen présidentielles france 2022

Pour la première fois, en France, ce n’est pas certain que le président de la République sera quelqu’un de convenable. Pour la première fois, il y ‘a un vrai risque que l’extrême droite prenne le pouvoir dans le pays du général de Gaulle. Ce n’est qu’une hypothèse mais le simple fait que ce postulat soit recevable, suffit à inquiéter très profondément un très grand nombre de Français.

Marine Le Pen, en campagne, essaie de lisser son discours pour faire barrage à Emmanuel Macron. Elle fait tout pour séduire et attirer, dans son sillage, un maximum de Français hostiles au président-candidat, quitte à gommer les aspérités de son programme. Objectif : rassembler tous azimuts.

Le 25 octobre 2022, la France peut se réveiller avec le Rassemblement national (RN) à la tête de l’État. Marine Le Pen à L’Élysée ? On croit rêver, mais ce n’est plus hautement improbable. Pourtant, si elle prenait le pouvoir, ce serait un vrai changement et pour le pire.

CANDIDATE D’EXTRÊME DROITE

Pendant des mois, Marine Le Pen a tenté de se dédiaboliser par une stratégie médiatique savamment entretenue et par les outrances d’un Zemmour qui l’a soutenue dès l’annonce des résultats du premier tour. Eric Zemmour (La Reconquête !), par son dogmatisme et sa violence, a rendu Marine Le Pen gentille, fréquentable et républicaine. Les Français ne sont pas dupes : Marine Le Pen, la fille de Jean-Marie Le Pen, a conservé les fondamentaux du Front national (FN). Le Rassemblement national (RN) n’est qu’un ravalement de façade. Son parti est et reste d’extrême droite, dont les racines xénophobes et machistes ne peuvent que diviser les Français. Voilà pourquoi,  avec l’extrême droite, aucune négociation, aucune discussion, aucune concession n’est possible, et pas le moindre soutien électoral. Donc, aucune voix  républicaine ne doit se porter sur Marine Le Pen, candidate d’extrême droite. Partout dans le monde, et toujours dans l’histoire, l’extrême droite est un ennemi à combattre pour les républicains.  

Ses modèles ? Des leaders populistes, de Bolsonaro à Orban en passant par Trump, qui ont toujours été mis au ban de l’ordre mondial.

Comment peut-elle imaginer présider l’Union européenne au lendemain de son élection alors que son euroscepticisme condamnerait les Français à l’isolement, les jetterait dans les bras des anti-occidentaux en mettant fin au couple franco-allemand, moteur du continent européen, depuis 1957 ?

Force est de noter que le projet de Marine Le Pen met exclusivement l’accent sur la souveraineté nationale. La candidate du Rassemble national (RN) a beau avoir écarté toute référence au « Frexit » (Retrait de la France de l’Union européenne), elle appelle tout de même de ses vœux « une Alliance européenne des nations qui a vocation à se substituer progressivement à l’Union européenne ». Vu de Bruxelles, son élection serait un séisme pour l’Europe.  

Quelle politique environnementale verrait le jour quand Marine Le Pen propose de stopper les investissements dans les énergies renouvelables ? Cela se sait que son projet en matière écologique est climatosceptique.

UN FAUX-NEZ DE LA DÉDIABOLISATION

Marine Le Pen à l’Élysée, c’est un risque de chaos, notamment économique, à brève échéance. Car en exécutant son programme économique, elle épuisera très vite les comptes de l’État pour financer ses promesses aussi démagogiques que clientélistes, avec des baisses d’impôts et des explosions de dépenses dans tous les domaines, exposant la France à un tournant de rigueur dès 2024. L’Institut Montaigne évalue à 105 milliards d’euros l’impact de son programme sur les finances publiques. Qui paiera l’addition ? L’emprunt ? Elle s’y refuse. Les entreprises ? Elles se relèvent encore de la crise – liée à la Covid-19 – et l’absence de réforme des retraites promet de leur assener le coup de grâce.

Alors qui ? Les Français, forcément ! Car qui peut concevoir qu’elle sera aux côtés du pouvoir d’achat des classes populaires quand elle manipule la détresse du peuple ? (Le peuple, ce mot qu’il use avec dextérité pour séduire les Français). Ce faux-nez de la dédiabolisation cache un vrai danger pour la France et les Français.

On le sait, l’issue de l’élection présidentielle dépend du choix que ferait les Français. Mais avec Marine Le Pen au pouvoir, il faut s’attendre à des troubles extrêmement graves, rendant la France irréformable et peut-être ingouvernable… sauf peut-être par référendum.

Il faut donc empêcher ce cauchemar national. Le 25 avril, la France devra rester rassemblée au-delà des clivages politiques. Une France dont la voix porte dans le monde et en Europe. Une France qui doit être gouvernée dignement. Et à la tête de l ‘ État, une individualité dotée de valeurs humaines et sociales.  

MACRON FAVORI

Bien que l’hypothèse d’une victoire de Marine Le Pen, le 24 avril, apparaisse beaucoup moins probable, cette option doit être prise au sérieux. Les Français considèrent qu’elle mène la meilleure campagne. Comme bon nombre d’observateurs, Marine Le Pen estime qu’elle peut gagner cette élection. Elle y croit plus que jamais.

Selon le dernier sondage Ifop-Sopra Steria, pour Le Parisien, Radio France et France Télévisions, daté du 15 avril, le président sortant recueille 56% des intentions de vote, tandis que Marine Le Pen n’en récolte, elle, que 44%. Le match entre le candidat de la République en Marche (LREM) et celle du Rassemblement national (RN) est plus serré qu’il y’a cinq ans, même si Emmanuel Macron reste à ce stade favori. Mais la prudence s’impose. Un sondage n’est pas l’élection. Les marges d’erreur des sondages (de plus ou moins 3,4 points) et l’incertitude liée au taux de participation laissent encore planer un suspense.

Rappelons qu’en 2017, Emmanuel Macron l’avait emporté avec 66,1% des suffrages exprimés, contre 33,9% pour la candidate du Rassemblement national (RN).

La campagne de l’entre-deux-tours, débutée il y ‘a une semaine – avec son lot de défections, de consignes de vote et donc de report de voix, mais surtout le traditionnel débat entre les candidats -, aura une forte incidence. Les Français attendent avec impatience de connaître le nom du prochain Président de la République. En attendant, un bon choix s’impose entre les deux candidats. Car dans une élection d’une telle importance, l’essentiel c’est la France, sa cohésion, son avenir européen et son indépendance.

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