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Désamorcer d’autres dynamites [Édito]

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À peine clôturée le 30 avril 2022 à Lubumbashi, la conférence pour la cohabitation entre les Congolais du Grand Kasaï et ceux du Grand Katanga, le gouvernement devra s’investir à désamorcer d’autres dynamites datant de l’Ancien régime. Il s’agit de ces nombreux conflits qui opposent les populations, souvent très violemment, au sein d’une même province ou d’un même territoire.

Au cours du 51ème Conseil des ministres tenu le week-end dernier, le ministre de l’Intérieur a confirmé l’exaspération des affrontements intercommunautaires dans douze provinces. Ces frictions sont dues, selon lui, aux conflits pour le pouvoir coutumier ou pour des limites administratives.

En revisitant ces vingt dernières années, le bilan des affrontements indique plusieurs centaines de morts, des milliers de cases incendiées, des plantations et des récoltes brûlées, des écoles vandalisées, des villages désertés et des familles jetées sur la route de l’exil, sans oublier la malnutrition aigüe et le choléra qui affectent les enfants.

Le dialogue Grand Kasaï-Grand Katanga a vécu. D’autres sont jugés impératifs. Parce que les Katangais de souche cherchent à consolider leur vivre ensemble, sous la modération de Mgr Fulgence Muteba. Il faut que les Bantu du Tanganyika et du Lualaba pactisent avec les Peuples autochtones (pygmées). Au Maï-Ndombe, la déflagration Banunu/Bobangi a laissé des cicatrices.

Les Enyele et les Monzaya du Grand Équateur s’épient. Babembe, Bavira, Babwari et Banyamulenge caressent chacun son sabre au Sud-Kivu. Hema et Lendu d’Ituri vivent en chiens de faïence. Chacune des cinq provinces du Grand Kasaï est secouée par des conflits de terres ou de pouvoir coutumier. Et, chaque année, l’on compte de nouvelles victimes. Bon à retenir : il est immensément vaste le chantier du vouloir vivre ensemble, de la réconciliation du Congolais avec lui-même. Ce chantier exige la synergie des politiciens, de la société civile et de l’élite coutumière.

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