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Plaidoyer humanitaire international : Mutinga porte au loin la voix des vulnérables congolais

Dans un style qui lui est propre, le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaire et Solidarité nationale, Modeste Mutinga a brossé la situation humanitaire en République démocratique du Congo devant les Etats membres des Nations unies, ce mardi 3 mai 2022. C’était dans la somptueuse salle de conférences des Nations unies à Genève, en Suisse.

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mutinga génève

Au nom du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi et du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde, Modeste Mutinga a rappelé aux Etats membres ainsi qu’aux bailleurs de fonds que cela fait plus de 25 ans que la crise humanitaire perdure en RDC et ce sont des millions de Congolais qui sont affectés par ce fléau.

Pour le ministre des Affaires sociales, le chef de l’Etat et le Premier ministre se battent bec et ongles pour casser ce cercle vicieux et changer de narratif afin de sortir la RDC de la crise humanitaire.

Et Mutinga d’ajouter : « Le gouvernement de la RDC est responsable des conditions de vie des personnes déplacées ou retournées et il est pleinement conscient de ses responsabilités. Voilà pourquoi il souhaite réellement assumer son rôle de gouvernant dans la gestion des conséquences des catastrophes naturelles et celles provoquées par les groupes armés”.

Appel à la communauté internationale

Pour y mettre fin, le gouvernement congolais fait appel à la communauté internationale pour l’accompagner dans ce cheminement. D’où la rencontre de Genève avec les Etats membres des Nations unies

A cet effet, Mutinga a eu un discours clair et limpide qui a mis tous les donateurs d’accord. Sans fioritures, Modeste Mutinga a précisé que le gouvernement congolais s’insurge contre les pratiques des groupes armés qui font du kidnapping, pillages, destructions et tueries leur fonds de commerce. Pour le ministre congolais, jamais un gouvernement n’a investi autant dans la recherche de la paix. Des accords militaires avec des pays membres de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est ont été également conclus pour aider la RDC à se débarrasser de ces groupes de malfaiteurs.

Le gouvernement face au processus Nexus !

Sur un ton calme mais rassurant, le ministre congolais des Affaires sociales a estimé qu’en vue d’alléger cette lourde peine des personnes vulnérables, le gouvernement souhaite vivement la mutualisation de ses capacités dans la mise en œuvre de l’approche Nexus, qui consiste à combiner l’humanitaire, la stabilisation et le développement.

Pour lui, le défi est de sortir des familles congolaises affectées par les violences, de toutes natures en trois étapes, à savoir : sauver des vies, renforcer leur résilience et leur fournir les moyens de subvenir seules à leurs besoins.

Pour le gouvernement, les bénéficiaires sont des Congolais qui méritent vivre dans la dignité.

« Lorsqu’on prend en charge une personne, on s’engage à cheminer avec elle, de sa précarité initiale vers une stabilité consolidée. Pour y parvenir, une solution s’impose à savoir, travailler ensemble, main dans la main, avec un seul et même objectif, celui d’améliorer les conditions de vie des Congolais », a-t-il martelé.

Situation humanitaire inquiétante en RDC

Le coordonnateur humanitaire en RDC, Bruno Lemarquis, a brossé un tableau sombre de la situation humanitaire en RDC. En 2002, seuls 4% sur le total des financements attendus sont mobilisés. Il faut tout mettre en œuvre pour parvenir à mobiliser suffisamment de ressources en vue de sauver des vies humaines.

« La tâche est lourde, certes, mais avec un peu de volonté, nous y parviendrons », a-t-il insisté devant les Etats membres.

Pour lui, près de 25 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, plus de 5,5 millions de personnes déplacées internes traversent des moments les plus sombres de leurs vies.

Avant d’ajouter que 2,4 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë suivie d’épidémies récurrentes.

Un total de 8,8 millions de personnes sont ciblées dans le cadre du plan de réponse humanitaire 2022, sur base de leur niveau de vulnérabilité, sur un total de 27 millions ont besoin d’assistance humanitaire.

Bruno Lemarquis a fixé les esprits sur certains défis qui concernent, entre autres, la question des violences sexuelles et basées sur le genre par les parties prenantes aux conflits en RDC.

Pour lui, des femmes, des filles, des hommes, parfois même des bébés sont victimes et souffrent en silence. Il a saisi cette occasion pour solliciter l’implication de tous les partenaires, y compris les bailleurs de fonds.

Pour Bruno Lemarquis, la participation active et le soutien financier des bailleurs de fonds dans la coordination du nexus est essentielle, de même que davantage de visibilité et de cohérence entre les financements de trois piliers du nexus afin d’augmenter l’impact et la complémentarité des réponses. La même position a été soutenue avec pertinence par le président exécutif du Forum des ONGI de la RDC et directeur-pays de MAGNA RDC, Nathaniel Allaire Sévigny, qui a tiré la sonnette d’alarme en affirmant que 2022 est une année exceptionnelle qui exige des efforts exceptionnels, avec une solidarité plus grande que jamais.

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Ce sera sans aucun doute, pense-t-il, une année des enjeux multiples, mais l’aide humanitaire reste vitale pour le peuple congolais.

Pour lui, le peuple congolais a besoin de la générosité renouvelée de tous pour que l’aide humanitaire atteigne ceux et celles qui en ont le plus besoin et que toutes les activités, à plus long terme, puissent permettre aux populations de se développer et de prospérer dans un climat de paix.

Cette rencontre riche en informations a été l’occasion indiquée pour certaines agences du système des Nations unies de saluer les efforts entrepris par le gouvernement congolais pour le retour de la paix dans la partie Est du pays tout en saisissant cette occasion solennelle pour inviter le ministre congolais des Affaires sociales, à tenir compte de leurs desiderata tant sur les questions relatives à la lourdeur et tracasseries administratives empêchant certaines organisations internationales basées en RDC à être opérationnelle sur le terrain que sur des questions des politiques structurelles. Un débat fort nourri s’en est suivi après l’allocution du ministre Modeste Mutinga entre les Etats, les Bailleurs de fonds et la délégation de Kinshasa, au sujet des points clés, à savoir : la situation sécuritaire à l’Est du pays et la question du processus Nexus.

Avec une capacité doublée d’une facilité dans la maîtrise des dossiers, Modeste Mutinga a rencontré toutes les préoccupations des ONGI et les a rassurées que toutes les batteries sont mises en marche par le gouvernement congolais pour travailler de façon harmonieuse avec toutes les Organisations internationales désireuses de travailler d’arrache-pied pour le bien-être des Congolais, surtout ceux qui sont en état de vulnérabilité avancée.

L’humilité, la sagesse et la capacité de réagir aux questions soulevées par les Etats membres ont plu aux participants qui ont promis au gouvernement congolais des résultats probants dans un bref délai. Cette étape de Genève a été couronnée de succès, car le représentant du gouvernement congolais a su convaincre les bailleurs de fonds qui sont prêts, après l’avoir écouté, à mettre des ressources suffisantes pour lutter de façon concertée contre la crise alimentaire qui n’a que trop durée en RDC depuis plus de 25 ans.

Il sied de signaler que ce briefing s’est déroulé devant plusieurs Etats membres dont la Belgique, la France, la Suède, la Norvège, les Pays-Bas, la Suisse, la Russie ainsi que les Organisations internationales ; la FAO, le PNUD, Caritas internationale, la Croix-Rouge et autres.

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