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RDC : le retrait des troupes ougandaises suspendu à la décision de Tshisekedi et Museveni

Il y a plus de lumière sur la poursuite ou non de l’engagement des armées congolaise (FARDC) et ougandaise (UPDF) dans des opérations conjointes contre les Forces démocratiques alliées (ADF). Faisant suite à la déclaration, mardi 17 mai, du commandant de la force terrestre de l’armée ougandaise, annonçant le retrait de ses troupes du Nord-Kivu et de l’Ituri d’ici deux semaines, le gouvernement de la RDC a jugé prématuré ce retrait. Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, une telle décision revient aux chefs de deux États, à savoir Félix Tshisekedi de la RDC et Youweri Museveni de l’Ouganda. « Les opérations militaires conjointes se termineront lorsque les deux chefs d’Etat décideront », a précisé le ministre de la Communication et des Médias au cours d’un briefing spécial consacré à l’évolution de la situation sécuritaire en Ituri avec en présence, le gouverneur militaire, le Lieutenant-général John Luboya Nkashama. Ce dernier a fait part des avancées sécuritaires significatives depuis l’instauration de l’état de siège. C’est dire, contrairement à ce qui est distillé dans l’opinion par des tireurs des ficelles, un grand travail a été fait pour rétablir l’autorité de l’Etat en Ituri, même si la province reste encore instable à certains endroits.

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muyaya et nkashama

Le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et des Médias a apporté, mardi 17 mai, des éclaircissements au sujet du retrait annoncé des troupes ougandaises de la RDC.

Au cours du briefing spécial 17 mai, Patrick Muyaya Katambwe a estimé que « pour l’instant, il est prématuré de dire que les choses vont se passer de cette façon-là ».

Pour le porte-parole du gouvernement congolais, « les opérations militaires conjointes se termineront lorsque les deux chefs d’Etat décideront ». Patrick Muyaya reconnait au moins qu’il y a des avancées après le lancement des opérations en Ituri. « Au bout de 6 mois, il y a eu certes des avancées. Les deux parties vont évaluer. Il y a des points focaux de deux pays qui vont faire le rapport aux chefs d’État. Pour l’instant, c’est prématuré de dire que les choses vont se faire de cette façon-là », a insisté Patrick Muyaya.

Le rétablissement de l’autorité de l’Etat à l’ordre du jour

Pour sa part, le gouverneur militaire de la province de l’Ituri a indiqué que si sa province reste encore instable à certains endroits certes, un grand travail a été fait pour rétablir l’autorité de l’Etat.

Dans un ton rassurant et un argumentaire basé sur des faits de terrain, le Lieutenant-général John Luboya a ainsi balayé les propos remettant en cause l’efficacité de l’état de siège dans une province qu’il gouverne depuis plus d’une année.
« En Ituri, dit-il, Il y avait un non-Etat, nous sommes en train de remettre l’autorité de l’Etat ». Cela dit tout pour réfuter ceux qui brandissent l’échec. Bien au contraire, la mesure décidée par le chef de l’Etat pour les deux provinces en proie à l’activisme des miliciens et des terroristes a permis d’éviter le pire, mieux, la désintégration du pays.

Le bilan sécuritaire est autant éloquent et suivant les différentes phases des opérations. A ce sujet, le gouverneur militaire s’est exprimé en ces termes : « Nous avons repris des localités, des agglomérations. Nous avons ouvert les grands axes, en l’occurrence la RN 27 et la RN 4. Mais la deuxième phase, c’est là que nous sommes, ça consiste maintenant à chasser, éloigner tous ces groupes armés de leur centre d’intérêt et de les poursuivre en profondeur », note-t-il avant de préciser que les forces loyalistes sont désormais en face des ennemis « en errance » qui opèrent loin de leur centre d’intérêt, après y avoir été délogés. « Ils ne sont plus dans leur centre d’intérêt, ils vont maintenant commencer à tuer pour lancer un message parce qu’ils savent qu’ils n’ont plus le profil auquel ils ont été habitués pendant plus de 20 ans ».

L’heure est donc à l’union avec les FARDC, conseille le gouverneur militaire de l’Ituri. « Dans cette phase, nous demandons de la résilience non seulement à nos militaires, mais aussi à notre population. Nous lui demandons aussi l’union parce que quand on tue, souvent il y a des divisions. Nous devons être ensemble pour nous battre contre ces terroristes et contre ces congolais qui ne veulent pas comprendre », lance-t-il.
Et comme lui, c’est le gouvernement qui reste déterminé à ramener une paix durable dans les provinces sous état de siège. Patrick Muyaya l’a souligné : « Nous avons été affectés particulièrement par les massacres que continuent de subir nos compatriotes innocents de la part de ces groupes barbares, mais cela n’ébranle en rien notre détermination comme gouvernement à ramener la paix à tout prix dans cette partie du territoire national ».

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