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Procès 100 jours : Kamerhe, homme libre

Le verdict est tombé. Vital Kamerhe a été acquitté, jeudi 23 juin 2022, par le juge de la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe. Accusé au premier degré par le Tribunal de Grande instance de Kinshasa-Gombe pour « détournement » de plus de 57 millions de dollars américains destinés à l’achat et la construction des maisons préfabriquées au camp militaire colonel Tshatshi, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat recouvre sa liberté, deux ans après sa condamnation à 20 ans de prison. Pour célébrer l’acquittement de leur autorité morale, cadres et militants de l’Union pour la nation congolaise (UNC) étaient en liesse, toute la journée de jeudi, au siège national de leur parti politique dans la commune de Kasa-Vubu. Sur le plan politique, le président de l’UNC a engrangé un précieux point. Blanchi par la justice, Vital Kamerhe peut à nouveau affronter son électorat en 2023. Ira-t-il encore avec son allié Félix Tshisekedi ou fera-t-il cavalier seul ? Cette nouvelle page ne fait que s’ouvrir.

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Le Procès 100 jours est clos. Son principal renseignant, Vital Kamerhe et ses co-accusés, Sammih Jammal et Jeannot Muhima, ont été acquittés, à l’issue d’un verdict rendu, jeudi 23 juin 2022, par la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe.

Poursuivis par le Ministère public pour détournement de fonds alloués aux travaux de construction des logements sociaux pour les militaires, dans le cadre du Programme d’urgence de « 100 jours » du chef de l’État, Kamerhe et consorts, après plus de deux ans d’emprisonnement, sont désormais libres, car déchargés de tout grief. L’annonce de l’acquittement de l’ancien directeur de cabinet du président de la République intervient après plusieurs reports du prononcé de la Cour d’Appel. La nouvelle de son acquittement a été annoncée par l’un de ses avocats.

Aussitôt la sentence prononcée, déjà au siège national de l’Union pour la nation congolaise (UNC), c’était des scènes de liesse qui s’observaient en marge de l’acquittement du leader de ce parti dont le dossier était en examen à la Cour d’appel dans le cadre du Procès 100 jours, dans son volet « habitat ». « Monsieur l’innocent est libre », « VK libre », pouvait-on lire sur des t-shirts de certains cadres, militants et sympathisants de l’UNC, imprimés à l’effigie de Vital Kamerhe.

Un important point pour l’avenir politique

Sur le plan politique, l’autorité morale de l’Union pour la nation congolaise (UNC) aura marqué un précieux point. Blanchi par la justice, Vital Kamerhe peut encore regarder, en 2023, ses électeurs dans les yeux, brandissant son certificat d’innocence dans une « sale affaire » de détournement ou de « vol intelligent » qui aurait dû le coller à la peau pour la suite de sa carrière politique.

Par-dessus-tout, que reste-t-il encore de sa relation avec son allié électoral de 2018, le président Félix Tshisekedi ? Là où certaines langues fustigeaient le fait que le chef de l’État avait « livré » son directeur de cabinet aux griffes de la justice, lui, Tshisekedi, disait plutôt avoir laissé la justice « faire son travail ». Mais le mariage scellé en 2018, à Nairobi au Kenya, entre l’UDPS de Félix Tshisekedi et l’UNC de Vital Kamerhe a-t-il toujours de beaux jours devant lui ou appartient-il déjà au passé ?

Quel que soit le bout par lequel on va le prendre, après l’acquittement définitif de l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État, son parti, l’UNC, promet de se relancer davantage.

« Nous sommes repartis. Les défis sont majeurs. Le président Kamerhe a un rôle à jouer tel que l’avait dit le président de la République », a affirmé le secrétaire général de l’UNC, Billy Kambale, qui a tenu à remercier tous ceux qui ont soutenu le parti pendant les moments difficiles.

Pour le secrétaire général de l’UNC, cette « victoire » doit également être attribuée au chef de l’État, garant du bon fonctionnement des institutions. « Depuis le début nous l’avions dit, nous avons confiance en la justice et au président, arbitre et garant du bon fonctionnement des institutions », a lâché Billy Kambale affirmant qu’il n’y a pas eu des pressions politiques comme son parti l’avait clamé haut et fort.

Le peuple, grand perdant

Mais dans la ville-basse, le sentiment reste mitigé sur ce revirement spectaculaire d’une justice qui a semblé entrer en contradiction avec elle-même. Aussi vite, il a été condamné, aussi vite il est acquitté. Sans que le contribuable congolais, qui a vu ses millions partir en fumée, ne comprenne les contours de ce procès très spectaculaire et médiatisé à outrance.

« Le procès était en direct et tout le monde a suivi. Ce qui est vrai le Trésor public a perdu 57 millions de dollars américains rien que dans le dossier maisons préfabriquées, sans compter les autres projets liés aux 100 jours. Et cet argent est parti en fumée. Tout un peuple a été tourné en bourrique », s’est indigné un activiste de la Société civile, visiblement déboussolé.

Que dire ? On voyait venir la justice. Depuis la mise en liberté provisoire de l’ex-pensionnaire des murs blancs de la prison centrale de Makala, passant par son séjour en Europe pour des « soins de santé », jusqu’à son retour au pays et la requalification des faits à la Cour de cassation, le chemin de liberté était bien tracé pour l’ex-directeur de cabinet du président de la République. Ce verdict n’étonne que des naïfs.

Dans l’aboutissement de ce procès très médiatisé qui a tenu toute une nation en haleine, c’est le peuple congolais qui a été tourné en bourrique. On ne saura jamais avec exactitude où sont partis des milliers de dollars du contribuable congolais, ni celui qui les a réellement détournés.

De contradiction en contradiction, de rebondissement en rebondissement, le procès dit de « 100 jours » est clos comme il avait démarré, dans la confusion la plus totale. Saura-t-on jamais la vérité dans ce dossier qui ressemble à un marché de dupes ? Seul l’avenir le dira.

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