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Violences sexuelles en RDC : MSF sollicite la collaboration du ministère des Affaires sociales

La résurgence des violences sexuelles en RDC dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema était au cœur des échanges, jeudi 23 juin à Kinshasa, entre le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Modeste Mutinga et la délégation de l’organisation médicale et humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF-RDC) conduite par Mme Louise Marty, responsable analyse et plaidoyer. Très sensible à cette cause noble que défend MSF-RDC, le ministre des Affaires sociales a réitéré les encouragements du gouvernement sur la qualité du travail abattu par les agents de MSF tout en insistant sur l’accompagnement de son ministère pour le parachèvement harmonieux des objectifs que s’est fixé MSF.

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mutinga et msf

Conduite par Mme Louise Marty, responsable analyse et plaidoyer, la délégation de l’organisation médicale et humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF-RDC) a sollicité la collaboration du ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale Modeste Mutinga, pour le parachèvement harmonieux des objectifs que s’est fixé cette structure, notamment dans la prise en charge médicale des victimes des violences sexuelles en RDC. C’était au cours des échanges entre les deux parties, jeudi 23 juin à Kinshasa.

Pour MSF-RDC, ces échanges constituent une occasion bien indiquée pour présenter officiellement aux autorités congolaises le rapport sur la prise en charge médicale des victimes de violences sexuelles au sein des structures médicales appuyées par Médecins sans frontières.

Le ministre Modeste Mutinga a fait part de façon claire et précise à ses hôtes de la volonté affichée par le président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de mettre fin à l’insécurité dans la partie Est de la RDC, qui constitue la cause majeure et l’épicentre des violences sexuelles dans ce pays.

Dans le même ordre d’idées, il a encouragé les responsables de MSF pour la qualité du rapport produit, qui retrace quasiment toutes les violences sexuelles au sein des structures médicales qu’ils appuient. Compte tenu de la crédibilité et de l’aura dont bénéficie MSF sur le plan national et international, le ministre des Affaires sociales a rassuré à ses hôtes que son ministère est très disposé à collaborer de façon étroite avec MSF pour une meilleure pris en charge des victimes des violences sexuelles.

Le gouvernement de la République se battra bec et ongle pour mettre fin à ce fléau, a rassuré Modeste Mutinga.

Près de 9.456 victimes prises en charge par MSF

Les chiffres sont éloquents et le rapport présenté à ce jour au ministre Modeste Mutinga est très interpellateur.

Avec précision, MSF affirme dans ce rapport qu’en 2021, près de 9.456 victimes de violences sexuelles ont été prises en charge médicalement et psychologiquement dans les régions les plus difficiles d’accès, comme les zones de santé d’Angumu, Bambu, Drodro, Nizi en Ituri, Masisi, Mwenzo, Rutshuru, Kibirizi au Nord-Kivu, Kalehe au Sud-Kivu, Salamabila dans le Maniema, etc.

Pour MSF, les femmes et les filles ont représenté 97% des victimes reçues dans les structures qu’il appuie tandis que les mineurs ont représenté 27%, soit plus d’un quart des survivantes prises en charge, avec de grandes disparités, selon les zones de santé.

Brossant le profil des agresseurs dans son rapport, MSF rappelle avec brio que 59% des violences sexuelles ont été commises par des hommes armés et 39% par des hommes non armés. En guise d’exemple, MSF indique dans son rapport qu’en province de l’Ituri, 28% des agressions ont été commises par des partenaires intimes des victimes, 30% par des membres de groupes armés et 13% par les FARDC.

Implication du gouvernement de la République

Lors de ces échanges hautement capitaux pour l’équilibre social en RDC, MSF a précisé au ministre des Affaires sociales que le rapport présente un tableau qui illustre les besoins non-satisfaits des victimes de violences sexuelles prises en charge dans les zones de santé de Kananga, Tshikaji, Bobozo et Lukonga dans la province du Kasaï Central en 2021.

Ces besoins se présentent en termes de nourriture, de vêtement, de l’hébergement, de la scolarité des mineurs etc… d’où une implication optimale des autorités étatiques pour soulager, tant soit peu, les victimes.

Face à ce tableau sombre et peu reluisant brossé par MSF dans son rapport, le ministre Modeste Mutinga a insisté qu’il mettra tout en œuvre pour que la collaboration que MSF sollicite avec son ministère puisse se pérenniser dans le temps et ce, pour le bien être des filles et fils de la République démocratique du Congo.

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