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62 ans après l’indépendance, l’ECC appelle les Congolais à la conscience collective

Le président national et représentant légal de l’Eglise du Christ au Congo, révérend Dr. André-Gédéon Bokundoa-bo-Likabe, a exhorté les Congolais à l’unité nationale et à la conscience collective en vue de bâtir un pays prospère.

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Dans sa lettre pastorale du 30 juin 2022, adressée au peuple congolais à l’occasion de 62 ans d’indépendance, intitulé « Lèves-toi et prends courage, car c’est toi qui feras entrer ce peuple dans la terre promise » (cf. Josué 1, 2), le président de l’ECC invite la classe politique à quitter la vieille conception du pouvoir comme privilège individuel ou un groupe d’individus pour migrer vers la politique véritable au service de l’Etat.
Pour lui, le 30 juin 1960 se manifestait l’espoir d’un tournant décisif de l’histoire du pays marqué par le passage de la colonisation à la liberté, des violations des droits de l’Homme au respect de la vie et de la dignité humaine, de la confiscation de la souveraineté populaire à l’ouverture de la démocratie, de l’exploitation illicite des ressources naturelles à la reconnaissance des droits de sol et du sous-sol de l’Etat congolais, bref de l’Etat colonial Belge à la République Démocratique du Congo.

Les fils et filles du Congo avaient vu, en cette date, le symbole de la solidification du mythe fondateur de l’existence de notre nation et du début de notre autodétermination en tant que peuple dans le concert des nations.

Le mérite de cette victoire était incarné par nos héros nationaux, en l’occurrence, Patrice Emery Lumumba qui, par une vision claire sur le destin prophétique du Congo et un courage patriotique sans mesure pour le combat du devenir commun, a payé le sacrifice suprême en vue de léguer à notre chère patrie un héritage générationnel.

62 ans après, Dr. Bokundua s’interroge : ” Faut-il enterrer Patrice Emery Lumumba ou le ressusciter dans la mémoire collective ? Faut-il pleurer l’échec de son combat ou mobiliser le peuple à l’éveil de conscience collective ?”

En réponse à ces interrogations, André-Gédéon Bokundua se ressource dans la Bible, à travers le livre de Josué 1, 2 : « Moïse, mon serviteur, est mort ; maintenant, lèves-toi, passe ce Jourdain, toi et tout ce peuple, pour entrer dans le pays que je donne aux enfants d’Israël ».

A en croire le président de l’ECC, l’appel de Dieu à Josué nous enseigne sur la capacité qu’a le Seigneur de finir une initiative qu’il a commencée en dépit de diverses difficultés. Mais aussi et surtout il montre la responsabilité qu’a une génération qui succède à une autre.

Israël a voulu faire un deuil perpétuel sur la mort de Moïse pensant que celle-ci était la finalité de tout un rêve collectif. Personne ne croyait qu’en l’absence de Moïse un autre serviteur de Dieu se lèverait pour reprendre le flambeau en vue de conduire le peuple vers son destin prophétique. D’où la question cruciale pour Israël devrait être celle de savoir que faire pour poursuivre la vision de Moïse et non comment pleurer Moïse ?
Cette même question est aujourd’hui posée aux Congolais : « Qu’avons-nous fait pour pérenniser l’héritage de Patrice Emery Lumumba sur la vision d’un Congo libre, uni, fort et prospère ? ».

Du point de vue du président national de l’ECC, après avoir vécu les atrocités du phénomène « mains coupées pour le caoutchouc », la RDC vit aujourd’hui les phénomènes des crimes contre l’humanité commis sur de paisibles populations civiles et viols massifs sur les femmes et enfants, des agressions par des armées et des groupes rebelles et terroristes durant plus de deux décennies causant près de 10 000 000 de morts.
Dans le même registre, a-t-il renchéri, « nous continuons à déplorer les exploitations illicites de nos ressources naturelles, la confiscation de la souveraineté populaire par des arrangements politiques impactant la gouvernance publique, l’indépendance de la Justice, la crédibilité des processus électoraux, ainsi que l’absence des politiques d’émergence de la vie socio-économique du peuple. Ce qui nous pousse à nous questionner le sens de la célébration de notre indépendance à ce jour ».

Responsabilité de l’élite

Sans atermoiements, André-Gédéon Bokundua responsabilise l’élite intellectuelle. Où est passée l’élite intellectuelle du pays ? Quelle conscience anime les leaders politiques et sociopolitiques de notre pays à ce jour ? Quelle est la qualité de la mission qu’accomplissent les religieux de ce pays ? Quel type d’engagement citoyen et patriotique détermine notre jeunesse actuelle ? Quel type de formation donnons-nous à nos enfants pour la relève du pays ? Avec quelle qualité de processus électoral veut-on légitimer les institutions et construire l’unité nationale ?

Pour davantage interpeller cette élite, André Bokundua renvoie les Congolais à l’évangile de Matthieu.
« Souvenons-nous que dans Matthieu 11, 21-22, Jésus, reprochant les villes de Chorazin et Bethsaïda, a dit : « Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre. C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous ».

Comme pour dire que si les sonnettes d’alarme, les appels au patriotisme et à l’unité nationale, les avertissements de l’Eglise avaient été lancés aux pères de l’indépendance, ils se seraient unis et auraient privilégié l’intérêt supérieur de la Nation. « C’est pourquoi, prédit le président de l’ECC : notre jugement sera plus sévère que celui de nos précurseurs ».

Pour sortir le pays de cette crise multiforme, il appelle à la conscience collective et à l’unité nationale. La Bible montre en 1 Corinthiens 12,12-31 l’exigence de l’unité dans la construction d’une société forte et prospère par la reconnaissance des mérites ainsi que le respect du rôle des uns et des autres.

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