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Soutien de Kagame au M23 : plus besoin de témoins

Des témoins, s’il en faut encore, ne seront que de trop. Le bourreau de la RDC et tireur des ficelles dans la crise qui endeuille l’Est de la République est bien connu : c’est le président du Rwanda, Paul Kagame. Après avoir longtemps joué avec des circonlocutions et autres langages de bois, « l’homme fort de Kigali » se dévoile lui-même, en laissant tomber les masques. À propos du M23, afin que nul n’en ignore, Kagame relativise, en disant que ce n’est pas un groupe terroriste, mais plutôt un « groupe ethnique » qui revendique ses droits. Après des crimes imprescriptibles commis sur le sol congolais par les terroristes du M23 et des milliers de morts qui s’en sont suivis, le président rwandais estime maintenant que « les problèmes dans cette région ne peuvent être résolus par la force des armes, ils nécessitent des solutions politiques ». Aux initiés de décrypter le message.

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paul kagame

Faut-il encore chercher des témoins pour prouver l’appui direct que le président rwandais, Paul Kagame, apporte au groupe terroriste du M23 ? Hormis les effets militaires abandonnés par les éléments du M23 et saisis par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le chef de l’Etat rwandais a confirmé, dans une interview accordée, lundi 4 juillet 2022 à la presse rwandaise, son implication réelle dans la guerre que mène le groupe terroriste du M23 contre les FARDC dans la partie Est du pays.

À propos du M23, l’homme fort de Kigali minimise des crimes commis par ce groupe que Kinshasa qualifie de « terroriste ».
Pour lui, le M23 est un groupe ethnique qui revendique ses droits. « Comment pouvez-vous qualifier un groupe ethnique de groupe terroriste ? Cela semble fou, vous ne pouvez pas faire ça », a déclaré Paul Kagame.

« Nous avons eu des bombardements depuis le territoire de la RDC vers le Rwanda qui ont tué des gens et endommagé des biens à plusieurs reprises. Nous avons besoin de paix pour nous deux, il faut qu’il y ait la paix au Rwanda et il faut qu’il y ait la paix en RDC », a affirmé le président rwandais.

Sur la crise et les hostilités dans l’Est de la RD Congo, le président Kagame appelle à des solutions politiques : « Les problèmes dans cette région ne peuvent être résolus par la force des armes, ils nécessitent des solutions politiques ». Se perd-il dans la diversion pour endormir le pouvoir de Kinshasa ou joue-t-il vraiment franc-jeu, en récusant « la force des armes » ? L’avenir proche le dira.

Quand Kagame parle de la paix

Face à la presse, il a également abordé la question relative à la construction d’une paix durable dans la région, surtout entre son pays, le Rwanda et le Congo de Félix Tshisekedi.

« Nous avons eu des bombardements depuis le territoire de la RDC vers le Rwanda qui ont tué des gens et endommagé des biens à plusieurs reprises. Nous avons besoin de paix pour nous deux, il faut qu’il y ait la paix au Rwanda et il faut qu’il y ait la paix en RDC », a dit Paul Kagame.
Curieusement, selon le président rwandais, ce sont des groupes armés de la RDC qui attaquent et tuent le peuple rwandais et non l’inverse ?

« La RD Congo a des problèmes auxquels elle doit faire face, tout comme nous avons les nôtres en tant que pays souverain. Ce qui est inacceptable, cependant, c’est de voir des groupes armés de la RDC nous attaquer et tuer notre peuple », a-t-il martelé.

Mais de quels groupes armés et de quel peuple rwandais qui est tué par les Congolais ? Cette assertion confirme-t-elle indirectement que des morts enregistrés parmi les éléments M23 sont des Rwandais ? Lorsque l’on sait qu’en aucune circonstance, depuis le début de ce conflit, les FARDC ne sont allés attaquer les rwandais dans leur territoire, de quoi parle Kagame ?

Sans répondre à cette interrogation, c’est d’ailleurs sans étonnement que le chef de l’Etat rwandais entretient le flou par rapport à une question de la presse sur la question de la communauté parlant le kinyarwanda en RDC : « Ils parlent le kinyarwanda, mais ce sont des citoyens congolais ».

À tout prendre, cette sortie médiatique du président Paul Kagame vient donner de la matière à réfléchir aux politologues, historiens, sociologues et juristes. Car le peuple congolais voudra bien cerner la portée des telles déclarations en ce moment précis.

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