Le_Potentiel logo
Le_Potentiel logo

Kasaï Central : la Société civile dénonce la vente de la fiche d’identification des enseignants à Dibaya

Les responsables de la sous-division de Dibaya 3, dans la province de Kasaï Central, sont accusés de percevoir des frais allant jusqu’à 50.000 francs congolais pour l’achat de fiches dites de « collectes d’informations ». Selon les responsables de la Société civile de ce coin de la République démocratique du Congo, cette pratique maffieuse s’opère sous l’œil impuissant des autorités locales.

Partager :

img 20220719 wa0003

A en croire les témoignages recueillis sur le lieu, des sommes importantes d’argent sont ainsi empochées par des percepteurs, sans qualité et servent des intérêts privés de certaines autorités de la zone éducationnelle de Dibaya 3.

« Le secrétariat général à l’Enseignement primaire, secondaire et technique a demandé à ses administrés de lui fournir la liste de tous les établissements scolaires publics de leurs juridictions qui sont opérationnels à ce jour, à la suite du moratoire décrété à travers le pays depuis 2014. Lors de sa transmission, la liste doit impérativement être accompagnée des fiches de collecte d’informations remplies par les chefs d’établissements. Il faut y ajouter les fiches de compilation signées par le sous-Proved après l’avoir fait valider par le Proved », a renseigné un acteur de la Société civile qui a requis l’anonymat.

Et de s’indigner : « Dans la sous-division de Dibaya 3, la réalité est toute autre. Le travail demandé par le secrétaire général est une occasion de s’enrichir pour les responsables de la sous-division sur les dos des parents. Les fiches à remplir sont vendues selon la tête du client. Certains déboursent 30.000 francs congolais, d’autres jusqu’à 50.000 francs congolais pour avoir la fiche. Ces paiements ne sont sanctionnés par aucune preuve de paiement. Les percepteurs sont recrutés parmi les agents de la sous-division de Dibaya 3 ».

La fiche est gratuite

La source signale également une maffia administrative « terrible » sur l’appartenance des réseaux scolaires. Elle indique que ces réseaux se constituent sur base d’un transfert arbitraire d’une école à l’autre.

« Deux chefs d’établissements scolaires de Kandaye qui ont osé s’opposer à cette vente illicite de fiches ont vu leurs écoles être rayées de la liste d’écoles faisant office de centres de Tenasosp être délocalisés vers d’autres écoles dont les responsables paraissent dociles et enfants de cœur. Ils craignent que leurs écoles désignées comme centres d’examens d’Etat au grand dam du sous-Proved soient rayées de la liste, simplement parce qu’ils refusent de cautionner l’illégalité », a ajouté la source.

Les victimes de cette « escroquerie » demandent aux autorités du secteur de l’éducation de la province du Kasaï Central de diligenter une enquête afin d’établir les responsabilités sur cette affaire qui ternit l’image des autorités du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPST). Elles recommandent ainsi aux autorités d’ouvrir l’œil et le bon sur le transfèrement d’écoles d’un réseau à un autre.

Contactées, les autorités éducationnelles de Dibaya 3 ont réfuté toutes ces allégations. Elles affirment que les fiches dont question sont gratuites et ne peuvent faire l’objet d’aucune vente. Toutefois, elles promettent d’investiguer et faire toute la lumière sur la question.

« Les fiches de collecte d’informations sont distribuées gratuitement. Ceux qui s’hasardent à les vendre prennent un risque énorme et s’exposent à des sanctions sévères. Je tente de vérifier auprès de certains chefs d’établissements afin de m’imprégner de cette situation », a déclaré M. Katembwe, chef d’antenne SECOPE à la sous-division de Dibaya 3.

La Société civile exige que les autorités de l’EPST s’impliquent afin de rassurer les parents, chefs d’établissements et autres que pendant les examens d’Etat, les chefs d’établissement qui s’opposent à la maffia deviennent des hommes à abattre.

Pour le président de la Nouvelle société civile de Tshishilu, Faustin Ntumba, l’Etat doit être à l’écoute de pleurs de pauvres parents, des chefs d’établissements et des notables locaux qui sont à bout de leurs forces, avec les manœuvres orchestrées chaque année dans la sous-division de Dibaya 3.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Voir Aussi