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Cinq questions à l’abbé Paul-Augustin Madimba (*)

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1.L’Eglise catholique, la grande absente au culte célébré au Stade des Martyrs, initiative de la ministre du Portefeuille sous la houlette du chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi en soutien aux militaires. Qu’est-ce qui explique cette absence ?

Les confessions religieuses au Congo, depuis des évènements de la CENI, se sont plus ou moins séparées, c’est-à-dire l’Eglise catholique et l’Eglise du Chris au Congo ont suspendu leur participation à toute activité qui regroupe les confessions religieuses dans son ensemble. Donc, depuis cette suspension jusqu’à nouvel ordre, nous ne sommes plus ensemble. Sans oublier qu’il y a eu un envoyé du Pape Mgr Pietro qui avait célébré une messe pour la paix au Congo et qui a ensuite transmis le message de paix envoyé par le Pape à cette occasion.

2. Donc votre absence reste liée au choix que vous avez opéré de quitter la plateforme confessions religieuses ?

Oui, on ne peut pas se mettre ensemble pour prier et invoquer un même Dieu tant que nous ne nous entendons pas. Je crois que c’est contradictoire.

3. La prière est-elle efficace au stade actuel où la situation sécuritaire à l’Est devient de plus en plus inquiétante ?

La prière est efficace quand on prend conscience de la puissance de Dieu. Tel a été le cas de peuple israélite qui, à chaque fois qu’il était face à un obstacle il prenait conscience de ce que Dieu avait fait avec ses ancêtres et l’invoquer tous comme un seul homme. Or ici, ça devient comme un spectacle, pour qu’on dise tel a prié et tel a fait ceci. Cela devient trop spectaculaire parce que même les Eglises de Réveil en soi, toutes n’ont pas répondu présentes, sinon on remplirait le stade plus que ce que Wenge en a fait. Donc, c’est pour dire que même là aussi, nous n’arrivons pas tous à avoir une même perception sur le Congo et nous allons chacun avec sa casquette de vedette pour organiser la prière.

4. Les évêques de l’Afrique centrale ont déclaré que la guerre est un échec dans le cas de la RDC qui est agressée par le Rwanda, pensez-vous que cet avis tient la route ?

La guerre, c’est un échec quand on n’arrive pas à se mettre d’accord sur le plan diplomatique, on n’arrive pas à respecter les accords signés les uns avec les autres ; sans oublier que l’histoire de l’Est du pays dure depuis 1994 jusqu’à ce jour. Nous tournons en rond, même les Nations unies et les autres organisations africaines sont tous incapables de prendre une résolution afin de mettre fin à cette guerre. Mais quand l’Irak avait envahi la Koweit, la communauté internationale s’était mobilisée pour arrêter le projet de l’Irak et pourquoi au Congo, ils ne le font pas ? Est-ce parce qu’il ne s’intéresse pas au Congo ? Ou parce qu’il ne bénéficie pas de la situation ? Cela prouve qu’on a tous échoué, car la guerre persiste encore dans cette partie du pays.

5. Vous avez longtemps œuvré dans l’enseignement, quel est votre avis par rapport à la gratuité ?

La gratuité veut dire donner les objets classiques les manuels scolaires à l’élève, lui assurer même le transport et les soins médicaux… tout ça constitue la gratuité comme c’était à notre époque. Mais ici, on a lancé la gratuité en mettant l’accent sur le salaire des enseignants, et quand on donne le salaire aux enseignants cela ne signifie pas la gratuité. Qu’est-ce que les élèves gagnent dans le salaire que le gouvernement donne aux enseignants ? Rien du tout et cela n’allège en rien la tâche que revient aux parents.

(*) Curé de la paroisse Saint Damien de Mimosas

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