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Conflit à l’Est de la RDC : enfin, la Belgique délie sa langue

La toute récente visite du roi Philipe de Belgique et son épouse, la reine Mathilde, en République démocratique du Congo aura suffi pour ce monarque de palper du doigt les meurtrissures des Congolais, notamment, du fait d’une guerre d’agression, menée désormais à visage découvert, à l’Est par des pays voisins, spécialement le Rwanda. Longtemps restée dans la réserve, la Belgique a enfin, par la bouche de son roi, plaidé en faveur d’une implication de la communauté internationale à la résolution définitive de ce conflit. Le roi Philippe a lancé cet appel, mercredi, dans son discours en marge de la fête nationale belge célébrée le 21 juillet de chaque année. Sur le plan diplomatique, ce plaidoyer de l’ancienne métropole congolaise ne devrait pas passer comme un fait divers. Quitte au gouvernement congolais de capitaliser les acquis avec la Belgique qui est déjà très active sur le plan de la formation militaire.

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roi

Faudrait-il que les décideurs du monde foulent le sol congolais pour qu’ils comprennent la souffrance dans laquelle est plongée son peuple du fait, entre autres, de la guerre injuste qui lui imposée dans la partie orientale du pays ?

En tout cas, rien n’est moins sûr. Cependant, c’est le moins que l’on puisse dire après l’appel du roi des Belges vis-à-vis de la communauté internationale en vue de solutionner la guerre qui sévit dans l’Est de la RDC.

En effet, le monarque de Belgique a, pour une première fois, dans son discours en marge de la fête nationale de Belgique célébrée le 21 juillet 2022, appelé « la communauté internationale à la résolution du conflit si meurtrier qui se déroule dans l’Est du Congo ».

« Avec notre coopération au développement, avec notre diplomatie et avec notre armée, qui font un excellent travail, œuvrons, avec la communauté internationale, à la résolution du conflit si meurtrier qui se déroule à l’Est du Congo », a plaidé le roi Philippe.

Cette incise dans son message serait, sans nul doute, l’une des retombées de la visite du couple royal dans trois provinces de la RDC, il y a un peu moins de deux mois.

Sans aucun doute, ce périple congolais d’une semaine a permis au roi Philippe non seulement de palper les réalités de la RDC, mais surtout de tourner une page importante de l’histoire commune entre la Belgique et son ancienne colonie.

« Lors de notre voyage au Congo, nous avons pu tourner une page importante de notre histoire commune avec la RDC. Les choses ont été dites, des gestes forts ont été posés. Avoir un regard apaisé sur notre passé commun permet de construire ensemble des projets pour l’avenir », a affirmé le roi.

Des attentes, encore des attentes

Avant de souligner que « le peuple congolais a de grandes attentes vis-à-vis de notre pays. Travaillons ensemble pour l’aider à progresser vers plus de sécurité, de justice et de démocratie ».

Par ces mots, le roi Philippe voudrait-il engager l’ancienne métropole du Congo vers la voie d’un plaidoyer, mieux un soutien de premier rang pour la paix, et le développement en RDC ? Pour plus d’un observateur, seules des actions concrètes en faveur du Congo-Kinshasa, dont la capacité de résilience de son peuple n’est plus à démonter, pourraient convaincre le peuple souverain de la qualité de ceux qui se positionnent comme ses « amis et alliés ». Car pour la majorité de Congolais, la Belgique ne fait pas assez pour peser sur la restauration de la paix dans l’Est de la RDC.

Vu sous cet angle, le pays de Lumumba qui veut aussi reprendre sa réputation de « pays fréquentable » aurait donc certainement perdu assez, où encore un soutien de taille dans ce plaidoyer, après l’annulation de la visite du Saint Père en RDC du fait de son état de santé. Que la Belgique se ressaisisse et s’engage à donner de la voix auprès de la communauté internationale ne peut que renforcer davantage le lien historique avec le Congo, au-delà du rapatriement, il y a peu, de la relique de Patrice- Emery Lumumba.

À tout prendre, au-delà du lobbying ou une quelconque autre joute diplomatique menée en faveur de la RDC, il appartient à l’État congolais de se doter de moyens efficaces d’auto-défense en vue de garantir à son peuple la paix et la sécurité, tout en le mettant sur orbite pour son développement.

Aux dirigeants congolais de s’assumer pour faire respecter la RDC et son peuple.

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