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Adhérent au schéma de Luanda, la CEEAC appelle le M23 à se retirer de Bunagana

Avec une diplomatie de plus en plus agissante, Kinshasa ne pouvait louper l’opportunité de l’organisation sur ses terres de la 21ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), sans parler de la guerre d’agression que mène le Rwanda sur sol et sous couvert des terroristes du M23. Le sujet s’est ainsi invité au menu par l’entremise du président de la RDC, Félix Tshisekedi, qui est en même temps, président en exercice de la CEEAC. Dans son discours d’ouverture, le chef de l’Etat congolais n’est pas allé par quatre chemins ne faisant part de sa désolation sur le regain de tension entre la RDC et le Rwanda, situation qu'il a par ailleurs regrettée. En réponse, Kinshasa grappille des voix supplémentaires sur le terrain diplomatique auquel il s’est inscrit à Luanda sous la médiation de l’Angola. Car, dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux de ce sommet, les chefs d'Etat ont, entre autres, demandé, au sujet du conflit qui oppose la RDC au Rwanda, le respect de la feuille de route pour le retrait du mouvement terroriste M23 des positions occupées actuellement, c'est-à-dire la cité de Bunagana. Pour rappel, la feuille de route dite « de Luanda » prévoit aussi la cessation immédiate des hostilités et le retrait immédiat et sans condition du M23 de ses positions en RDC. De quoi confirmer et pour tous ceux qui doutaient encore, le soutien rwandais aux rebelles du M23.

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La question ne pouvait en aucun cas être éludée : la guerre d’agression que mène le Rwanda à la RDC sous le label du M23. Le sujet s’est invité et avec raison au sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) organisé à Kinshasa, le 25 juillet 2022, sur convocation du président en exercice de la CEEAC, président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi.

En présence de ses homologues Faustin-Archange Touadéra (Centrafrique), Mahamat Idriss Deby (Tchad), Carlos Villanova (Sao Tomé et Principe), des hauts représentants d’autres pays, notamment Prosper Bazombanza (vice-président Burundi), Theodoro Nguema Obiang (vice-président de la Guinée Équatoriale), Anatole Collinet Makoso (Premier ministre du Congo), Rose-Christiane Raponda (Premier ministre du Gabon), Tete Antonio (Ministre des Affaires étrangères de l’Angola), Vincent Biruta (ministre des Affaires étrangères du Rwanda), Martin Chungong (ambassadeur du Cameroun accrédité en RDC) et des corps constitués de la RDC, au chapiteau de la Cité de l’Union africaine dans la capitale congolaise, lundi 25 juillet, Félix Tshisekedi a fait part de sa désolation sur le regain de la tension entre la RDC et le Rwanda. Une situation qu’il a par ailleurs regrettée.

L’évocation de ce différend était autant importante et suffisante pour que la 21ème session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC se prononce. Et la position prise conforte le schéma déjà tracé à Luanda sous la médiation de l’Angola. La feuille de route dite « de Luanda » prévoit clairement la cessation immédiate des hostilités et le retrait immédiat et sans condition du M23 de ses positions en RDC.

C’est ainsi que dans le communiqué final qui a sanctionné les travaux de ce sommet, les chefs d’Etat ont, entre autres, demandé, au sujet du conflit qui oppose la RDC au Rwanda, le respect de la feuille de route de Luanda pour le retrait du mouvement terroriste M23 des positions occupées actuellement, c’est-à-dire Bunagana. Une prise de position qui se conforme bien entendu au communiqué final du mini-sommet de Nairobi.

Dans la foulée, le président Tshisekedi a, dans son allocution de clôture, remercié ses pairs pour leur participation active à ses travaux. Il espère les revoir à Kinshasa en novembre de cette année à la conférence maritime sur le Bassin du Congo qui sera organisé à Kinshasa. L’occasion faisant le larron, Félix Tshisekedi a aussi demandé l’appui de ses homologues pour soutenir la candidature de Dr Kaseya à la tête de CDC/Afrique.

Une motion de remerciement au président Tshisekedi

Par ailleurs, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC, réunis à Kinshasa dans le cadre de la 21ème session ordinaire des chefs d’Etat de cette institution ont, à travers une motion de remerciement lue par le président de Sao Tomé et Principe, Carlos Manuel Vila Nova, témoigné leur gratitude à l’endroit du président Félix Tshisekedi. « Les chefs d’Etat de la CEEAC témoignent leur gratitude à l’endroit du président Tshisekedi pour son leadership et l’engagement dont il fait preuve … », peut-on lire à travers cette motion. Les dirigeants de la CEEAC ont aussi exprimé leur remerciement au gouvernement congolais pour son appui politique, administratif, logistique et financier à l’organisation technique réussie de cette 21ème session qui avait comme objectif général : s’assurer du fonctionnement régulier des institutions de la communauté à travers le contrôle et le suivi de la mise en œuvre des politiques ainsi que les décisions approuvées par les instances communautaires. De manière spécifique, la 21ème session s’est penché sur l’état de mise en œuvre du Plan d’action prioritaire de la CEEAC au premier semestre 2022 ; l’examen et l’approbation des recommandations des ministres sur les mécanismes d’arrimage des textes de la FOMAC et de la structure de l’EMR au Traité et autres textes légaux révisés de la CEEAC; de l’examen et l’approbation des recommandations des ministres sur la réorganisation du cadre institutionnel de la CEEAC en matière de gestion des ressources forestières et halieutiques et des propositions de la Commission sur la tenue d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement dédiée au développement des infrastructures en Afrique centrale.

A cet effet, le rendez-vous de Kinshasa a été précédée du 15 au 23 juillet 2022 par des réunions préparatoires, notamment le conseil des ministres de la CEEAC ; le comité des ambassadeurs représentants permanents auprès de la Commission de la CEEAC ; la réunion des ministres sectorielles en charge de l’environnement et la sécurité alimentaire, la défense et sécurité, l’énergie, ainsi que les finances.

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