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Goma : une manifestation contre la Monusco tourne aux pillages

Des installations de la mission des Nations unies (Monusco) au Nord-Kivu ont été vandalisées par des manifestants en colère, exigeant le départ des Casques bleus accusés de passivité à chaque épisode violent enregistré dans cette partie de la République. Et très vite, le gouvernement de la RDC a réagi. Par un tweet, le porte-parole Patrick Muyaya a condamné fermement toute forme d’attaque contre le personnel et les installations des Nations unies tout en indiquant que les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés. Appelant les uns et les autres au calme, le ministre de la Communication et des Médias a pris soin de rappeler, toujours par un tweet, que le processus du retrait de la Monsuco a déjà été engagé. Et donc, « en attendant son aboutissement, le gouvernement respectera chacun de ses engagements contenus dans l’accord qui nous lie notamment en matière de sécurité de son personnel et de ses installations », a-t-il écrit. A voir de près l’activisme récurrent des groupes armés sans compter la récente résurgence du M23, il y a lieu de dire que la plus grande mission des Nations unies au monde est bel et bien face à ses limites dans l’Est de la RDC.

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Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, sonne le déclic des manifestations pour le retrait de la Monusco, la plus importante mission onusienne au monde avec au moins 14.000 Casques bleus. La ville a été sous tension, lundi 25 juillet. Des manifestants en colère ont brûlé des pneus devant le portail du Quartier général de la Monusco. Ce mouvement à l’appel des organisations de la Société civile a vite dégénéré. Les manifestants ont cassé les vitres, les murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et autres objets. Une situation déplorable et qui a mis en difficulté des agents de la Monusco présents sur le site. Ils ont tout de même été évacués à bord de deux hélicoptères.

Des scènes similaires se sont aussi produites à la base logistique de la Monusco où, rapporte-t-on, un élève en uniforme a été atteint à la jambe par une balle tirée de l’intérieur de la base logistique.

L’intervention des militaires des Forces armées de la RDC a permis de contrôler la situation avec notamment des interpellations parmi les manifestants.

Mais au-delà des actes de vandalisme condamnable, le fond du message de la population est bien audible. C’est dire qu’elle est excédée par les affres de la guerre qui dure depuis plus de deux décennies dans l’Est du pays. Et elle constate malheureusement une sorte de mollesse et de passivité, de ceux qui sont censé agir pour stabiliser le pays.

Comme à Kinshasa avec le porte-parole du gouvernement central, de Beni où il se trouvait en mission d’itinérance, le lieutenant-général Constant Ndima Kongba, gouverneur militaire du Nord-Kivu, a condamné ces actes qui ont paralysé la ville de Goma toute la journée. Il s’est exprimé en ces termes : « J’appelle les jeunes à la retenue. Les manifestants n’ont qu’à s’adresser aux autorités nationales pour exprimer leur mécontentement par rapport à la présence de la Monusco en lieu et place de procéder à des actes de pillage ».

Mais les jeunes manifestants qui ne décolèrent pas promettent de poursuivre avec ce genre d’actions jusqu’au départ définitif des Casques bleus présents du territoire congolais.

La MONUSCO dénonce et appelle à la retenue

Dans un communiqué publié ce lundi 25 juillet, la MONUSCO « dénonce vigoureusement l’attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d’une manifestation qui, de surcroît, a été interdite » par le maire de Goma.

La mission onusienne en RDC se dit « très préoccupée par ce très grave incident qui intervient au lendemain des propos hostiles et menaces non voilées émis de la part d’individus et groupes à l’encontre des Nations unies ».

La MONUSCO rappelle que ses locaux sont inviolables en vertu de l’Accord sur le statut des Forces entre l’ONU et le gouvernement de la République démocratique du Congo (SOFA), ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies de 1946.

Le représentant spécial adjoint en charge des opérations et chef de mission par intérim, M. Khassim Diagne, appelle cependant à l’apaisement et à la retenue : « Les incidents de Goma sont non seulement inacceptables mais totalement contreproductifs. La MONUSCO est mandatée par le Conseil de sécurité pour accompagner les autorités à protéger les civils. Elle se tient aux côtés des populations et appuie les forces de défense et de sécurité nationales dans leur lutte contre les groupes armés. La Mission appuie aussi les autorités congolaises dans leurs efforts qui visent à restaurer l’autorité de l’Etat ».

La MONUSCO invite les autorités congolaises, les acteurs politiques, la Société civile et toutes les forces vives de la RDC à dénoncer ces actes de pillage. Malgré cette violation de ses installations, elle dit se tenir « à leur disposition pour continuer de travailler ensemble à restaurer la paix et la sécurité avec les institutions nationales et provinciales ».

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