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Cinq questions à Kambayi Bwatsha (*)

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kambayi

1.Après plus de 60 ans de notre indépendance, pensez-vous que l’école est au service de la société congolaise ?

L’école n’est pas au service de la société, parce que les diplômes, au lieu de servir à l’ascension de la société, servent aujourd’hui à la promotion personnelle. Avec la mondialisation de l’école, l’évolution, l’occidentalisation, l’école a quitté sa signification primaire qui est la vraie signification, pour atteindre une signification que j’appellerai hybride. On est parti de l’épanouissement total de l’intégration intégrée de l’homme, individu, de l’enfant pour sectoriser à un niveau facile à comprendre, alors on a gauchisé ou on a rendu gauche la signification du mot école : C’est celui qui a été à l’école de blanc, c’est celui qui sait bien parler français et écrire, et surtout qui a des diplômes, c’est celui-là qui est passé à l’école. A-t-il un fond intellectuel ? Physique ? On n’est pas étonné de voir que ces messieurs qui ont de gros diplômes ne font rien pour le développement du pays, au contraire on les accuse que « bango nde babomi mboka » (Ndlr : ce sont les intellectuels qui ont détruit notre pays sur tous les plans).

2.Quels sont les défis de l’enseignement congolais à l’heure du système LMD?

Le LMD (Ndlr : L pour Licence, M pour Master et D pour Doctorat) est un programme, une vision, une tentative de placer l’éducation congolaise à l’intérieur de l’internationalisation de la vrai école. Partout à travers le monde, l’école est entrée automatiquement dans le LMD. En République démocratique du Congo, nous sommes encore en retard, parce que nous avons le premier graduat, deuxième et troisième graduat en termes d’année. Les étudiants peuvent passer toutes ces étapes sans avoir la moindre maîtrise à la fin de leur cursus universitaire, tandis que le LMD leur permet de juger ce qu’ils ont fait pour obtenir leurs diplômes. Cela, sans oublier que beaucoup finissent leurs études universitaires dans le domaine de leur choix sans avoir lu même un seul livre. Donc, le niveau d’étude est tellement délicat, raison pour laquelle le LMD est venu remettre l’école à sa place.

3.Comment doit se faire l’arrimage à ce nouveau système d’enseignement (LMD)?

On ne peut parler de l’arrimage, parce que la réforme dans les normes LMD est une façon, une réflexion qui entre dans la pragmatique pour faire pénétrer l’enfant dans l’ensemble du système mondial éducationnel. Donc, on décolle la réforme, puis on continue de réformer pour perfectionner davantage.

4.Quels sont vos projets à la tête de l’IFASIC ?

Bientôt nous allons faire un point de presse sur nos 100 glorieux jours. Nos projets sont énormes : nous voulons que l’IFASIC devienne une université. L’expérience que nous avons tentée avec l’Université pédagogique nationale (UPN) qui jadis était Institut pédagogique nationale en termes d’institut est aujourd’hui UPN à part entière, et nous voulons pour UPN, faire en sorte que ça soit une université originale, c’est-à-dire pédagogique. Pour l’IFASIC, au lieu de nous laisser simplement au niveau de l’institut facultaire, nous ne voulons pas former seulement les journalistes mais aussi les communicologues. Nous estimerons que nous avons gagné notre pari si nous réussissons à faire de cette institution une université technique aux sciences de l’information et de la communication.

5.Que conclure ?

Nos étudiants doivent voir notre façon de travailler comprendre que leur recteur a besoin qu’eux aussi travaillent dur tout en ayant la culture de la lecture et de la recherche afin de réussir pour l’intérêt du pays. Aux professeurs qui sont déjà assez préparés, je demande de continuer à bien enseigner pour le bien de notre beau et cher pays, la République démocratique du Congo.

Recteur à l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC) (*)

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