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Initialement prévu en 2024, Retrait de la Monusco : le gouvernement va raccourcir le délai

On n’en finira pas de sitôt avec le retrait ou non de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilité de la République démocratique du Congo (Monusco) du territoire congolais. À l’issue d’une mission de la Commission spéciale du gouvernement sur les récentes manifestations de colère contre cette mission onusienne au Nord-Kivu et Sud-Kivu (36 morts), la question est revenue sur la place publique. Quand partira la Monusco ? Aussi, au-delà de tous les contours qu’a pris ce feuilleton, la question fondamentale demeure : qui a tiré sur les manifestants à Goma ou à la frontière de Kasindi ? Sur cette question, la hiérarchie onusienne, y compris le Secrétaire général des Nations unies, sont restées embarrassées. « On devra attendra le résultat de l’enquête », tranche-t-on de façon laconique. Quoi qu’il en soit, la réponse du gouvernement congolais est ferme : « la folie meurtrière de la Monusco a eu ses conséquences ». En principe, selon le calendrier convenu, la Monusco devrait quitter la RDC à partir de 2024. Mais avec ces bavures des Casques bleus onusiens qui viennent d’endeuiller les populations congolaises, le gouvernement se voit obliger de définir un nouveau cap, en écourtant le délai. Que les « soldats de la paix » sensés assurer la protection des populations civiles se transforment en leurs bourreaux, ne saurait s’expliquer sous aucun prétexte. « Des coupables devront y répondre », a martelé le ministre de l’Industrie, Julien Paluku. Car sur le plan social, « le choc est encore lourd », a reconnu le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Modeste Mutinga. S’il y a des leçons à tirer, le gouvernement en a une : « tout ce qui est arrivé à Kisindi devra réveiller l’attention du gouvernement à veiller sur les détails de toutes les forces qui entrent sur le territoire congolais, fussent-elles des Nations unies ou pas ». Ceci aidera à trouver une réponse définitive sur le maintien de la paix dans la partie orientale du pays. À tout prendre, le gouvernement s’active déjà à redonner le sourire à toutes ces populations meurtries.

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gouvernement sama

Au total, 36 personnes ont perdu la vie et 150 autres blessées dans les manifestations anti-Monusco dans la province du Nord-Kivu. En attendant l’aboutissement de l’enquête, des témoignages concordances pointent du doigt les Casques bleus de la Monusco d’être les auteurs de ces tueries de masses d’une population civile qui n’a fait que réclamer ses droits, conformément à la Constitution congolaise.

À l’issue d’une mission de la Commission spéciale du gouvernement sur les récentes manifestations de colère contre la Monusco au Nord-Kivu et Sud-Kivu (36 morts), la question est revenue sur la place publique. Quand partira la Monusco ? Lors d’un spécial briefing presse, mardi 2 août 2022, les ministres des Affaires Sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Modeste Mutinga ; de l’Industrie, Julien Paluku ; de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ont fait  le rapport de la situation sur le terrain et tracé de grandes lignes et mesures gouvernementales envisagées.

Après avoir déploré le comportement des Casques bleus qui auraient forcé le passage à la frontière et ouvert le feu sur les populations qui s’y opposaient, le ministre de l’Industrie a appelé les Congolais à l’éveil d’une conscience collective et au patriotisme. Car ce qui se passe dans l’Est du pays est une affaire de tous et non de seules populations du Nord-Kivu.

« Le complot est tellement grand que si l’on n’y prend garde, risque d’aboutir à la balkanisation du pays longtemps planifié par les forces obscures de la communauté internationale », a insisté Julien Paluku.

Le ministre Julien Paluku qui a fait partie de la délégation gouvernementale dépêchée par le chef de l’État au Nord-Kivu pour évaluer les conséquences de ces violentes manifestations contre la Monusco dans cette province, a dressé le tableau du bilan de ces incidents :  « Il y a eu un bilan de 36 morts, dont 13 à Goma, 13 à Butembo dont 4 casques bleus, 4 morts à Uvira, 3 morts à Kanyabaonga, et 3 morts à Kasindi. À cela s’ajoute près de 170 blessés dénombrés », a rapporté ce notable du Nord-Kivu.

A l’en croire, après avoir rencontré, notamment la Société civile, les mouvements citoyens, les confessions religieuses, les femmes, les jeunes.., la délégation gouvernementale est répartie avec des propositions de ces différentes couches de la population du Nord-Kivu, lesquelles plaident pour  le départ immédiat de la MONUSCO du sol congolais et disent attendre la réaction du gouvernement central à ces incidents.

Quatre éléments justifiant le départ de la Monusco

De ces consultations, souligne le ministre Paluku, il en ressort quatre éléments qui justifient le départ de la Monusco : « Premièrement, toutes ces manifestations arrivent dans un contexte de guerre qui ne se termine pas durant au moins trois décennies et la population considère la Monusco comme acteur majeur. La population ne sait pas comprendre comment la Monusco pendant tout ce temps n’est pas en mesure d’aider le gouvernement à en découdre avec cette guerre. Deuxièmement, toutes les personnes consultées ne sentent plus l’appui de la Monusco aux FARDC comme ce fut le cas en 2013. Troisièmement, il y a la déclaration fracassante du porte-parole de la Monusco considérée comme un aveu d’impuissance par la population. Quatrièmement, pour la population, cette déclaration prouve la fin de la présence de la Monusco en RDC ». 

En principe, selon le calendrier convenu, la Monusco devrait quitter la RDC à partir de 2024. Mais avec ces bavures des Casques bleus onusiens qui viennent d’endeuiller les populations congolaises, le gouvernement se voit obliger de définir un nouveau cap, en écourtant le délai. Que les « soldats de la paix », sensés assurer la protection des populations civiles se transforment en leurs bourreaux, ne saurait s’expliquer sous aucun prétexte. « Des coupables devront y répondre », a martelé le ministre de l’Industrie, Julien Paluku.

Après avoir remercié le chef de l’État et le Premier ministre pour leur sagesse et perspicacité à dépêcher cette mission gouvernementale, le ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Modeste Mutinga, a rassuré de l’assistance de l’Exécutif national apportée aux victimes, notamment les familles éplorées et les blessés des incidents.

« Il y eu une assistance pour les organisations des obsèques tant à Goma, tant à Butembo », a-t-il précisé.

Modeste Mutinga a, par ailleurs, déclaré que le gouvernement central continuera à assister les populations victimes de ces incidents.

Sur le plan humanitaire, il a avoué que le « choc moral est incommensurable ». Quelle thérapie apporter pour aider cette population ?  « Nous allons d’abord matérialiser la gratuité de l’enseignement ; la santé universelle ; le programme de 145 territoires… tout ceci va aider à amortir le choc moral sur les populations meurtries », a-t-il martelé.

Le ministre Modeste Mutinga a donné des chiffres qui interpellent par rapport à cette crise de l’Est du pays. A ce jour, on dénombre plus de 5 millions de déplacés et 7 millions de personnes en insécurité alimentaire.

Il a, toutefois, rassuré que le gouvernement met toutes les batteries en marche pour redonner le sourire à toutes ces populations en détresse.

Pour sa part, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et des Médias, a déploré les graves incidents de Kasindi et a affirmé que leurs auteurs ne feront plus partie de la MONUSCO.

« Le mandat principal de la MONUSCO c’est la protection des civils. On ne peut pas accepter que les Casques bleus tirent à bout portant et de sang froid sur la population qu’ils sont censés protéger », a-t-il déploré.

La délégation gouvernementale a fait sa restitution 24 heures après la réunion de la Commission spéciale du gouvernement,  le lundi 1er août 2022 autour du chef de l’Etat Félix Tshisekedi sur la situation sécuritaire au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Cette réunion a, notamment permis à Kinshasa de réévaluer le plan de retrait de la MONUSCO.

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