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Cinq questions à Devos Kitoko (*)

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1. Comment réagissez-vous aux incidents de Kasindi ? 

Les tueries de Kasindi est une manifestation de la faillite de l’État. C’est même une remise en question totale de notre souveraineté en tant que nation. La protection des frontières, la sécurisation et la pacification du pays font partie des prérogatives régaliennes de l’État. Comment une force étrangère, Onusienne soit elle, ne peut défier les forces de défense et sécurité d’un Etat souverain. Est-il matériellement et sécuritairement concevable que les militaires congolais se comportent, même dans le cadre de Nations unies,  dans un autre pays qui se respecte tel que nous l’avons vécu à Kasindi ? Nous exigeons des sanctions exemplaires contre ces hors-la-loi onusiens de façon à éviter que plus jamais, cela ne se reproduise.

2. De quelle manière, pensez-vous, que la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation de la République démocratique du Congo peut-elle se retirer du territoire congolais ?

Le problème de la Monusco n’est ni de se retirer immédiatement ni de le faire progressivement. Elle doit jouer activement le rôle de protection des civils, d’accompagnement de  l’armée nationale pour consolider la paix, et d’offrir des bons offices afin de contribuer à la stabilité de la vie politique. Ce sont ces missions pour lesquelles elle a été créée. Si elle ne sait pas jouer ses rôles, il faut la remplacer par une brigade spéciale d’intervention directe, plus offensive et active pour neutraliser les forces du mal qui égorgent chaque jour nos compatriotes congolais dans les provinces de l’ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que dans le Tanganyika. C’est en cela que nous comprenons les manifestations de nos frères vivant dans les zones concernées par les violences, tout en les exhortant de le faire pacifiquement. La Monusco doit traiter les Congolais avec respect, dignité et beaucoup de compréhension afin de faciliter la redéfinition de son action conformément aux revendications des populations victimes.

3. Jean-Marc Kabund  devant la Cour de cassation. Qu’en dites-vous ?

Ce que mon parti politique ECiDé, comme tous les Congolais, attend de Jean-Marc Kabund est de nous dire comment la victoire du peuple a été volée. En sa qualité d’acteur de premier plan dans le carré où la messe contre la volonté de tout un peuple a été dite, il doit entrer dans l’histoire, en révélant aux Congolaises et Congolais, comment un groupe des gens avait décidé de fouler aux pieds la souveraineté nationale. S’il ne le fait pas, il doit savoir que tout ce qu’il dit, est une répétition de ce que l’ECiDé et le président Martin Fayulu disent chaque jour.

4. Comment l’ECiDé se prépare-t-il aux élections de 2023 ?

Notre parti politique ECiDé vient d’organiser son deuxième congrès ordinaire, du 11 au 14 juillet 2022 à Kisangani. A l’issue de ces assises, nous avons désigné le président élu Martin Fayulu comme candidat ECiDé à l’élection présidentielle de 2023 et avons désigné les candidats ECiDé à tous les niveaux. En plus de 30 résolutions adoptées, en rapport avec l’organisation interne de notre parti, la situation sécuritaire, le processus électoral et l’agression dont nous sommes victimes, le congrès a adopté le manifeste de Kisangani. Celui-ci est un condensé de grandes lignes de notre programme du gouvernement reparti en trois blocs : Les prérequis où sont posés les jalons de l’État de droit, l’intégrité territoriale et la pacification du pays, la cohésion nationale et la gouvernance intègre.

Le deuxième bloc est fondé sur l’investissement du capital humain. Étant donné que notre projet de société s’intitule : investir dans les citoyens pour développer la RDC, nous comptons : Assurer une éducation de qualité, l’accès à l’eau potable, l’électricité et les soins de santé de qualité, investir dans les infrastructures pour désenclaver le pays et assurer la connectivité. Enfin relancer l’agriculture et la lutte contre la misère alimentaire et la pauvreté. Le troisième bloc enfin comprends les différents défis à relever pour supporter les prérequis et consolider les investissements humains. Parmi ces défis, on peut citer le développement de l’entrepreneuriat, l’écologie et le développement durable, la protection de l’identité culturelle congolaise et des patrimoines nationaux, la citoyenneté, la jeunesse engagée pour le développement et la diaspora. Donc, nous sommes prêts non seulement pour aller aux élections mais surtout pour gouverner.

5. Avez-vous des appréhensions des élections législatives du 2023?

 Nous n’avons pas peur de qui que ce soit. Nous appelons notre peuple à la surveillance citoyenne du processus électoral. Nous voulons un processus électoral impartial, crédible, libre et apaisé. La résolution n° 30 de notre congrès est clair : si d’aventure, quelque ose encore voler la victoire du peuple aux prochaines élections de 2023, nous n’aurons pas d’autre choix que celui de descendre dans les rues pour la réclamer et la récupérer comme tous les autres peuples du monde le font. Merci beaucoup.

(*) Secrétaire général de l’ECiDé (Engagement pour la Citoyenneté et le Développement)

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