Le_Potentiel logo
Le_Potentiel logo

Partenariat stratégique RDC-USA, agression rwandaise… Tshisekedi – Blinken : l’heure de vérité

Lors de son séjour à Washington en 2019, Félix Tshisekedi avait permis à la RD Congo de sceller un « partenariat stratégique pour la paix et la prospérité » avec les États-Unis d’Amérique. Cette collaboration a pour socle, entre autres, la lutte contre la corruption, le renforcement de l’état de droit, le respect des droits de l’Homme, la lutte contre l’impunité, le renforcement de la sécurité et de la stabilité et l’attrait d’investissements américains et étrangers en RDC. Trois ans après, les Congolais s’impatientent de palper les retombées de ce partenariat qui les lie à la première puissance du monde. Et le contexte sécuritaire actuel s’y prête : l’agression rwandaise dans l’Est du pays, sous couvert des terroristes du M23, et sans compter avec le dernier rapport d'experts de l'ONU sur l’invasion des troupes rwandaises en RDC. C’est donc à juste titre que les interrogations vont dans tous les sens sur le rôle attendu des États-Unis d’Amérique. Ainsi, l’arrivée à Kinshasa, ce mardi 9 août du secrétaire d'État américain, Anthony J. Blinken, dans le cadre de sa tournée africaine, sera un moment fort de vérité, mieux d’évaluation entre Kinshasa et Washington. Le secrétaire d'État américain sera reçu ce jour en début de soirée, au nouveau Palais présidentiel du Mont Ngaliema, par le président Félix-Antoine Tshisekedi. Les deux personnalités auront un tête-à-tête avant une rencontre bilatérale des délégations congolaise et américaine.

Partager :

fatshi blinken

Après Pretoria, en Afrique du Sud, Kinshasa sera la deuxième étape de la tournée africaine du secrétaire d’État américain, Anthony J. Blinken.

Attendu ce mardi 9 août en milieu d’après-midi, le secrétaire d’État américain sera reçu en début de soirée, au nouveau Palais présidentiel du Mont Ngaliema, par le président Félix-Antoine Tshisekedi. Les deux personnalités auront un tête-à-tête avant une rencontre bilatérale des délégations congolaise et américaine.

Au cours de ces rencontres, le président Félix Tshisekedi ne manquera pas d’évoquer des questions de partenariat stratégique entre la RDC et les USA. L’on note, dans le cadre de ce partenariat, la collaboration entre les États-Unis d’Amérique et la RD Congo pour faire avancer un programme commun fondé sur des valeurs et intérêts communs. Et renforcer les liens entre les deux pays.

À cet effet, les États-Unis se sont engagés, notamment à renforcer les relations avec la RDC en matière de défense à travers la visite d’un officier supérieur du commandement militaire des États-Unis en Afrique ; à financer la revitalisation de l’INACO (Institut national des archives du Congo) à l’aide du Fonds de l’ambassadeur pour la préservation de la culture ; à se concentrer sur le rétablissement de l’éligibilité de la RDC conformément à la African Growth and Opportunity Act (AGOA) ; à encourager les investissements américains en RDC, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie, des minerais, et des télécommunications, y compris les grands projets d’infrastructures identifiés par le gouvernement de la RDC, etc.

Ce serait ainsi un temps d’évaluation entre Kinshasa et Washington.

Au-delà des condamnations, agir !

Dans la foulée, le dernier rapport d’experts de l’ONU sur l’invasion des troupes rwandaises muées en M23 ne manquera pas d’être abordé. Ce rapport, qui démasque le Rwanda dans son plan de déstabilisation, nécessite des réponses appropriées et des prises de position claire de la part des États-Unis qui fournit à ce jour l’aide substantielle au régime de Kigali.

En bref, les Congolais, rangés derrière leur président, attendent du gouvernement américain un appui public pour des sanctions à l’encontre des responsables rwandais qui soutiennent le groupe armé M23 ; lequel commet des crimes de guerre généralisés dans l’Est de la République démocratique du Congo.

La question est ainsi délicate qu’il est temps pour la RDC de passer un message clair aux USA. Car, même si les États-Unis, par son ambassade à Kinshasa, ont condamné la prise de la ville de Bunagana par des rebelles du M23 et accusé le Rwanda de soutenir la progression des rebelles, et bien plus, la commission des affaires étrangères du Sénat américain qui a qualifié d’« inacceptable » le soutien rwandais aux rebelles du M23 qui attaquent les civils, les casques bleus de l’ONU et les Forces armées congolaises, les Congolais, eux, veulent plus et avec raison : au-delà de simples condamnations, il faut agir.

Selon les sources présidentielles, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, le directeur de cabinet du chef de l’État, Guylain Nyembo et le mandataire spécial, Serge Tshibangu, sont parmi les officiels congolais qui assisteront à la rencontre bilatérale.

À l’issue de ces deux rencontres, le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken et le vice-Premier ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, donneront un point de presse conjoint au chapiteau de la Cité de l’Union Africaine devant une quarantaine de journalistes américains et congolais. Ce point de presse sera diffusé en direct sur les antennes de la télévision nationale congolaise (RTNC).

Dans la suite de son agenda, M. Blinken aura d’autres rencontres, notamment à la Primature, avant de s’envoler, mercredi 10 août pour le Rwanda.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Voir Aussi