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Coopération RDC-USA, Antony Blinken : « Nous respectons la souveraineté du Congo »

Défense et sécurité, économie et finances, environnement, mines… autant de questions de fond qui ont été évoquées, mardi 9 août, entre le secrétaire d’État américain en séjour à Kinshasa et le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi. Cette visite d’Antony Blinken témoigne de la volonté réelle exprimée par Washington et Kinshasa de ressasser leurs relations bilatérales. Ce souhait habite le chef de l’État congolais depuis son séjour, en 2019, à Washington, lequel séjour avait permis à la RD Congo de sceller un « partenariat stratégique pour la paix et la prospérité » avec les États-Unis d’Amérique. Trois années après, il était temps de passer à l’évaluation. Et elle a été faite, selon les affirmations de deux chefs de la diplomatie, l’Américain Antony Blinken et le Congolais Christophe Lutundula, devant la presse. Pourvu que chaque partie respecte ses engagements.

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Arrivé à Kinshasa, mardi 9 août 2022, le secrétaire d’État américain, Anthony J. Blinken, a eu un tête-à-tête avec le président Félix Tshisekedi Tshilombo au nouveau Palais présidentiel du Mont Ngaliema. L’occasion était tout indiquée pour aborder de façon franche, sincère et constructive les sujets suivants : la défense et la sécurité : la situation à l’Est de la RDC et la coopération militaire ; la croissance économique : les réformes profondes et rapides ; l’environnement et la protection de la biodiversité.

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Antony Blinken, chef de la diplomatie américaine & Christophe Lutundula, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères en conférence de presse

L’entrevue entre les deux personnalités, qui a mis près d’une heure, était suivie d’une rencontre bilatérale élargie aux délégations congolaise et américaine. Selon les sources présidentielles, le vice-Premier ministre en charge des Affaires étrangères, Christophe Lutundula, le directeur de cabinet du chef de l’État, Guylain Nyembo et le mandataire spécial, Serge Tshibangu, figuraient parmi les officiels congolais qui ont assisté à la rencontre bilatérale.

Côté américain, le secrétaire d’État américain est accompagné du sous-secrétaire d’État chargé de Croissance économique, énergie et environnement, José Fernandez, du secrétaire d’État adjointe chargée des Affaires africaines, Molly Phee et du Directeur principal du Conseil national de sécurité pour l’Afrique, Judd Devermont.

Ces deux rencontres ont été sanctionnées par une conférence de presse animée conjointement, au chapiteau de la Cité de l’Union Africaine devant des journalistes américains et congolais, par le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken et le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula Apala.

Ainsi, le séjour congolais du secrétaire d’État américain, dans le cadre de sa tournée africaine, reste un moment fort de vérité, mieux d’évaluation entre Kinshasa et Washington. Plusieurs points importants ont été passés en revue.

« Parole donnée, parole tenue »

Premier à prendre la parole, Lutundula a rappelé à son homologue l’invitation que lui avait adressée le chef de l’Etat Félix Tshisekedi lors de son séjour à Washington en septembre 2019. En effet, cette visite officielle du président congolais, nouvellement élu, avait permis à la RD Congo de sceller un « partenariat stratégique pour la paix et la prospérité » avec les États-Unis d’Amérique. Trois ans après, les Congolais qui ont tenu leur mal en patience, veulent palper du doigt les retombées réelles de ce partenariat qu’ils espèrent « gagnant-gagnant » qui les lie à la première puissance du monde.

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« Parole donnée, parole tenue », s’est félicité Christophe Lutundula, le moment est arrivé. Et pas n’importe lequel. Le contexte sécuritaire actuel s’y prête : l’agression rwandaise dans l’Est du pays, sous couvert des terroristes du M23, et sans compter avec le dernier rapport d’experts de l’ONU, lequel confirme sans ambages l’invasion des troupes rwandaises en RDC.

À ce propos, l’homme d’État américain a martelé qu’il faut respecter les frontières de la RD Congo. « Nous respectons la souveraineté de la RDC ; les USA s’engagent dans la restauration de la paix dans la région et c’est ce que je vais m’employer de faire avec les autres leaders de la région », a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : « Tous les pays doivent respecter l’intangibilité territoriale des uns et des autres ».

Sur la question de l’invasion rwandaise sur le sol congolais, la réponse de Blinken est claire : « Nous n’avons pas tourné le dos à la question ; c’est pour cela que je suis ici et demain (mercredi) je serai au Rwanda et je vais parler avec Paul Kagame ».

Veiller au respect des engagements

Mais tous ces engagements pris mardi à Kinshasa ne resteront-elles pas de simples déclarations de bonnes intentions ? « Pour sa part, la RDC déploiera tous les efforts pour respecter ses engagements et croit qu’il en sera de même du côté américain », a répondu Christophe Lutundula.

Une autre question qui a reçu l’éclairage de la presse, c’est celle lié au récent lancement d’appel d’offres sur l’exploitation des blocs pétroliers en RDC. Selon le ministre congolais des Affaires étrangères, l’engagement de la RDC à respecter l’écosystème est sans ambages. « Que nos amis qui ont une technologie de pointe pour protéger la nature viennent avec, qu’ils soumissionnent », a-t-il lancé aux ONG qui s’y opposent.

Kinshasa est la deuxième étape de l’homme d’État américain, en tournée africaine, après Pretoria, en Afrique du Sud.

À l’issue de sa visite de 24 heures en RDC, le chef de la diplomatie américaine se rend ce mercredi à Kigali, au Rwanda, où il s’entretiendra avec le président Paul Kagame, notamment autour des questions de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs.

Par-delà tout, en ce moment où les USA se livre à une guerre d’hégémonie contre la Chine et la Russie, la périple africaine d’Antony Blinken aura pour but de montrer aux pays africains qu’ils ont un rôle géostratégique essentiel et sont des alliés cruciaux de l’Amérique sur les questions les plus brûlantes de notre époque, de la promotion d’un système international ouvert et stable à la lutte contre les effets du changement climatique, l’insécurité alimentaire et les pandémies mondiales.

Reste à chaque partie de respecter les engagements pris en toute liberté.

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