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Cinq questions à Gabrielle Pero Makao (*)

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1.Aujourd’hui directrice générale au CENADEP, est-ce que vous étiez préparée à l’avance pour occuper ce poste de haute responsabilité ?

Déjà, il faut comprendre que je suis enfant de la maison. Je suis au CENADEP depuis 2011. Donc ça va faire presque 11 ans que j’y suis. Et j’ai eu à occuper plusieurs postes. Quand j’ai commencé, j’étais chargée de projets. Après, je suis devenue chargée des programmes, chef de département. Et puis, mon poste récent, j’étais coordonnatrice des programmes. J’étais pratiquement l’adjointe du directeur général. C’est à ce titre que j’ai assumé pendant trois mois, l’intérim à la direction générale. C’est alors que j’ai été confirmée comme directrice générale du CENADEP en date du 16 juillet 2022.

2.En tant que femme, quelles sont donc vos impressions à titre personnel ?

Déjà, je pense que le CENADEP comme la plupart d’organisations ici en RDC, sont en train de promouvoir le leadership féminin. Mais le CENADEP n’a pas voulu rester seulement dans la théorie. Il fallait joindre la pratique à la théorie. Déjà, si vous prenez le conseil d’administration du CENADEP, c’est une femme qui est l’adjointe du président, qui est la vice-présidente. Donc, nous avons un Pca et une Pca adjointe. C’était déjà une façon de promouvoir le leadership féminin. Mais aussi, depuis 2020, j’étais pratiquement l’adjointe du directeur général. Donc, j’ai assumé les fonctions de coordonnatrice des programmes. C’est moi qui m’occupais pratiquement de tous les programmes du CENADEP, de toutes ses antennes, etc. Et aujourd’hui, je suis directrice générale. Mon impression c’est que le CENADEP a joint pratiquement la pratique à la théorie, dit-on. Il ne suffit pas seulement de dire que les femmes aussi doivent, mais il faut croire à la femme. Et le CENADEP étant une grande structure, en donnant la responsabilité à la femme, parce qu’il pense que la femme peut aussi, autant que l’homme, assumer les responsabilités et amener la structure à réaliser ses objectifs.

3.Le CENADEP est une Ong de grande envergure avec une couverture nationale. À votre prise des fonctions, quel état des lieux avez-vous trouvé ?

C’est vrai que le CENADEP existe depuis 20 ans. Je crois qu’après 20 ans d’existence, c’est nécessaire de faire à un certain moment ce qu’on appelle la remise en question. Après 20 ans, il y a d’un côté les acquis, mais il y a de l’autre côté des choses qu’il faut revoir parce que le contexte change, les réalités du pays changent, les relations avec les bailleurs aussi changent. Il y a aussi des individus qui entrent, qui partent, qui reviennent et qui repartent. Tout ça c’est un ensemble de choses sur lesquelles il était important de réfléchir. Comme vous le savez, dans le développement d’une organisation il y a la naissance, la croissance et la maturité. Le CENADEP a atteint le seuil de maturité. Et lorsqu’une organisation atteint le seuil de maturité, il n’y a que deux choses qui arrivent : soit elle tombe, soit elle se maintient. Je pense que le CENADEP, malgré les turbulences, a réussi à se maintenir.

4.Quelles sont vos perspectives d’avenir pour cette Ong et que comptez-vous faire tout au long de votre mandat ?

Mes perspectives s’inscrivent dans le cadre de ce que le CENADEP a comme objectifs. Nous avons des axes du travail. Et dans ces axes de travail, nous avons un plan d’actions 2022 que nous sommes en train d’exécuter. Il nous reste quatre mois. Il faut d’abord finaliser ce plan, concrétiser ou suivre à la lettre le plan d’actions. Mais aussi, cela a coïncidé avec la fin du plan quinquennal 2017 – 2021. Et, nous entamons maintenant, parmi les perspectives, l’élaboration du plan quinquennal 2023 – 2027. C’est dans cela que nous sommes. Mais aussi, comme je l’avais dit tout à l’heure, avec le contexte actuel, les Ongs ont connu certaines turbulences. Il y a eu la pandémie de Covid-19, et tout le contexte qu’il y a avec des guerres en occident, etc. Donc, je pense qu’il y a tout un tas de choses sur lesquelles il faut revenir. Et essayer de renforcer des partenariats avec nos bailleurs du Nord. Mais aussi, chercher à mobiliser les fonds à l’interne. Parce que, je pense qu’à l’interne il y a aussi suffisamment de moyens. Et puisqu’il ne faut pas seulement avoir la dépendance vis-à-vis des bailleurs, il faut aussi que le CENADEP puisse produire à travers la fourniture des services et d’autres activités qui peuvent l’aider à se prendre en charge que de pouvoir dépendre des bailleurs, comme la plupart d’organisations.

5.Après plusieurs années passées au sien de cette structure, quelle est votre vision personnelle par rapport au CENADEP ?

Pour ce que je compte faire du CENADEP, je pense que ma vision personnelle ne peut pas aller au-delà de la vision du CENADEP. La vision c’est un rêve, c’est un idéal que l’on cherche à atteindre. Je pense que le CENADEP, sa vision c’est de pouvoir devenir un institut de développement dans lequel tous les services liés à l’appui et à l’accompagnement des communautés pourront se trouver. Mais aussi, un centre, un institut où la Société civile pourra trouver un appui, un accompagnement, un renforcement, parce que c’est ça aussi le travail du CENADEP. Donc, ma vision personnelle c’est vraiment amener le CENADEP à réaliser sa vision du développement participatif. Mais aussi, à amener le CENADEP à ne plus être totalement dépendant des subventions de partenaires, à pouvoir se prendre en charge pour les 20 prochaines années. Il sied de signaler par ailleurs qu’à ce poste, Me Gabrielle Pero succède à M. Danny Singoma qui dirige aujourd’hui le Cadre de concertation de la Société civile congolaise.

(*) Nouvelle directrice générale du Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP)

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