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Tensions RDC-Rwanda : semblant diplomatique américain, Blinken coupe la poire en deux

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La cause de la RDC peine à être comprise même lorsqu’un responsable américain séjourne à Kinshasa ! Lors de sa tournée diplomatique en Afrique, à l’étape de la RDC, pays aux prises avec son voisin rwandais, le chef de la diplomatie américaine Anthony Blinken a renvoyé dos à dos les deux adversaires. Ce qui ne devrait pas arranger les affaires de Kinshasa trompé par le pseudo partenariat stratégique lui vendu par le même Washington lors des voyages aller-retour du président Tshisekedi à peine arrivé au pouvoir.

Ou bien Antony Blinken, de surcroit chef de la diplomatie de la première puissance mondiale, n’a aucune maitrise de la situation dans l’Est de la RDC, ou bien il est dans le semblant diplomatique. La deuxième assertion semble nettement plausible. Car, peu avant son arrivée à Kinshasa, les Nations unies, par l’entremise de sa mission en RDC (Monusco), ont pointé du doigt le Rwanda pour son soutien manifeste et avéré aux terroristes du M23 qui occupent actuellement des portions des terres congolaises.Ce virage à 180 degrés doit rappeler la RDC, dont l’insécurité dans sa partie orientale ne date pas d’hier, ses responsabilités de défendre sa souveraineté en comptant d’abord et avant tout sur ses propres ressources. Inutile de se leurrer. La diplomatie est parfois ce qu’elle est, elle ne suit pas forcément le sens des aiguilles d’une montre, mais plutôt la direction dans laquelle se trouvent les intérêts.

Dans la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine, les USA n’avaient pas attendu pour prononcer la sentence. Il semble que le coupable était même désigné avant le début des hostilités.

Pour le cas de la RDC, le chef de la diplomatie américaine ne pouvait dire autrement. D’autant plus que le Rwanda, que la RDC accuse, a une longue d’avance dans une sorte du partenariat stratégique, qui ne dit pas son nom, signé entre lui et le pays de l’Oncle Sam. Occasion pour ce pays de plus de 80 millions d’habitants de voir les choses différemment.

Dans cette guéguerre entre la RDC et le Rwanda, Kinshasa doit se voir comme une qui devra apprendre à voler de ses propres ailes et non sur ceux de la Monusco que la population a, à sa manière, déclarée persona non grata.

Si le chef de la diplomatie américaine demande aux deux capitales de cesser leurs soutiens aux groupes armés (M23 et FDLR), autrement dit, Blinken reconnait le soutien, qui n’en est pas un, de Kinshasa aux FDLR.

Et pourtant, aucune rencontre internationale d’envergure n’a été convoquée quelque part dans le monde pour évoquer le soutien de la RDC aux FDLR. Bien au contraire, ces mêmes FDLR constituent, selon plusieurs analystes, une épine sous le pied du gouvernement congolais.

Par contre, des réunions internationales sont régulièrement tenues pour appeler le Rwanda à cesser tout appui au M23. La dernière en date est celle de Luanda à laquelle le président du Rwanda a assisté comme s’il était le représentant de ce mouvement rebelle.

Que le secrétaire d’État américain fasse semblant de condamner le Rwanda, la RDC doit refuser d’être traité comme le didon de la farce.

Entre ces deux pays, il ne devrait pas s’agir d’une guerre fratricide sans merci. Mais chacun, notamment la RDC, qui est agressée, devra tout mettre en œuvre afin de recouvrer ses terres avant de s’inscrire dans la logique d’une paix durable. Étant des voisins les plus proches, leurs destins sont inextricablement mêlés en matière de paix, du moins, le long de leurs frontières communes.

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