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Après avoir occasionné l’évasion de plus de 800 détenus, Butembo : deux attaques des ADF en deux semaines

Théâtre fin juillet de violentes manifestations anti-Monusco, la ville de Butembo, dans la province du Nord-Kivu (Est de la RDC), a été attaquée, mardi 23 août, par des miliciens qui s’en sont pris à un site de la force onusienne dont le personnel a été redéployé à l’extérieur de la ville, a-t-on appris des autorités. Le bilan provisoire présenté à la presse par le maire de Butembo indique qu’après la riposte de l’armée, « deux assaillants ont été tués et quatre capturés ». Plusieurs témoignages de la Société civile attribuent cette incursion meurtrière au groupe rebelle ADF (Forces démocratiques alliées). Cette branche de l’organisation jihadiste « État islamique », faut-il le rappeler, a attaqué, le 10 du mois en cours, la prison de Butembo, au cours de cette opération, deux policiers ont été tués et plus de 800 détenus se sont évadés. Selon des sources de la Société civile et de l’administration, des rebelles ADF ont tué sept personnes et en ont kidnappé trois autres dans les collines du secteur de Ruwenzori, non loin du Parc national des Virunga où ils sont soupçonnés de s’être repliés. Ces attaques en séries, bien qu’elles remettent sur la table le débat sur le départ des Casques bleus de la Monusco, devraient interpeller les autorités, surtout que la ville de Butembo se situe dans une province placée sous l’état de siège.

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prison butembo

« L’armée a riposté, deux assaillants ont été tués et quatre capturés », a déclaré à la presse le commissaire Roger Mowa, maire de Butembo, important carrefour commercial de la province du Nord-Kivu. La ville, a-t-il assuré, est « sécurisée ».

« Ces hommes armés croyaient que nous avions menti, que les Casques bleus de la Monusco (la force de l’ONU en République démocratique du Congo) n’étaient pas partis. Ils sont allés attaquer cette base et heureusement, ils n’ont rien trouvé dedans », a ajouté le maire à l’AFP.

Jeudi dernier, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, en visite à Butembo, avait assuré que la Monusco était « déjà partie » et que ses équipements encore dans la ville allaient être évacués. La Monusco avait alors assuré qu’elle « ne quittait pas Butembo », mais qu’elle y « suspendait momentanément ses opérations ».

Le maire de Butembo a ensuite diffusé un échéancier du « plan de relocalisation de la Monusco », avec des mouvements de véhicules prévus, notamment durant toutes les nuits allant du 20 au 24 août 2022.

« Notre redéploiement temporaire est effectif. Nous n’avons plus de personnels, civils comme militaires, à Butembo », a indiqué à l’AFP Ndèye Khady Lo, porte-parole par intérim de la Monusco. « Nos trois bases sont entre les mains de l’État congolais, sécurisées par l’armée et la police congolaises », a-t-elle ajouté.

« La Monusco reprendra ses activités à Butembo dès que les conditions minimales garantissant la sûreté et la sécurité de son personnel seront réunies », a encore indiqué la porte-parole.

Elle a réitéré la « détermination » de la force onusienne à « continuer de remplir son mandat de protection des civils, en soutien aux forces de défense et de sécurité congolaises ».

Les responsabilités partagées

Fin juillet, de violentes manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de l’Est de la RDC, dont Butembo, pour réclamer le départ des Nations unies, accusées d’inefficacité dans la lutte contre la centaine de groupes armés qui sèment la terreur dans la région depuis près de 30 ans.

Trente-deux manifestants et quatre Casques bleus avaient été tués en une semaine, selon les autorités congolaises.

Par la suite à Butembo, deux policiers ont été tués et plus de 800 détenus se sont évadés dans l’attaque d’une prison attribuée par l’armée au groupe rebelle ADF (Forces démocratiques alliées), présenté par l’organisation jihadiste « État islamique » comme sa branche en Afrique centrale. Les ADF sont accusés d’avoir tué des milliers de civils dans l’Est de la RDC et commis des attentats jihadistes sur le sol ougandais.

Une nouvelle incursion meurtrière leur a été attribuée mardi.

Selon des sources de la Société civile et de l’administration, des rebelles ADF ont tué sept personnes et en ont kidnappé trois autres dans les collines du secteur de Ruwenzori, non loin du parc national des Virunga où ils sont soupçonnés de s’être repliés.

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