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Conflit Teke-Yaka à Kwamouth : éviter Yumbi bis

Le conflit interethnique qui oppose depuis bientôt deux mois les Bateke aux Bayaka, dans le territoire de Kwamouth, aligne déjà un lourd bilan. Au moins 15 personnes ont été tuées, 200 habitations incendiées, environ 5 000 personnes qui ont fui ces affrontements sanglants sont en errance. Parmi ces déplacés, 20 étaient admis en soins intensifs au village Lediba et 10 sont décédés. L’administrateur du territoire de Bolobo, Nestor Mbangi, qui a annoncé ces chiffres, mercredi 24 août, indique que « ces déplacés, dépourvus de tout, vivent dans des conditions précaires ». Dire que Kwamouth est dans la province du Maï-Ndombe, voisine à la ville de Kinshasa, d’où doivent provenir secours et décisions, ne peut qu’étonner ceux qui observent l’inattention du gouvernement. Surtout que, dans un passé récent, un conflit similaire ayant opposé deux ethnies – Batende et Banunu – dans le territoire de Yumbi, a viré au « massacre ». Et les enquêtes ouvertes, depuis, qui en parle encore ? Qui en réclame les résultats ? Entretemps, depuis ces affrontements meurtriers, plusieurs villages sont restés fantômes, sans émouvoir outre mesure les tireurs de ficelles qui se recrutent parmi les acteurs politiques. Attend-on rééditer les mêmes exploits macabres à Kwamouth pour se présenter a posteriori en sapeurs-pompiers et exiger des enquêtes interminables ? Kinshasa devra anticiper pendant que des sonnettes alertent sur le danger imminent d’un massacre à ciel ouvert en voie d’être perpétré dans cette partie du territoire national.

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Un conflit coutumier oppose, depuis juin, les Bateke aux Bayaka dans le territoire de Kwamouth, dans la province du Maï-Ndombe. Les deux communautés s’affrontent à la machette et parfois au fusil de chasse.

Au bilan de cette tragédie, on dénombre environ 5 000 personnes qui ont fui ces affrontements sanglants entre Teke et Yaka dans le territoire de Kwamouth. Parmi ces déplacés, 10 sont morts à leur lieu de refuge, le village Lediba, dans le territoire voisin de Bolobo et au moins 200 maisons ont été incendiées dans cette furie meurtrière.

L’administrateur du territoire de Bolobo, Nestor Mbangi, qui a annoncé la nouvelle, mercredi 24 août, indique que ces déplacés, dépourvus de tout, vivent dans des conditions précaires. Il a ainsi plaidé pour une assistance en faveurs de ces déplacés. 

« Il faut maintenant que le gouvernement puisse les assister à Lediba. D’abord, en nourriture et puis avec les habits, puisqu’ils ont laissé tous leurs biens dans les villages qu’ils ont fui. Il faut les moustiquaires, des mousses, l’argent aussi », a-t-il plaidé.  

Parmi ces déplacés, les uns vivent dans des familles d’accueil, dans les hôtels, alors que les autres squattent les écoles, les églises et l’hôpital secondaire de Lediba. Dans ces conditions, il sera difficile d’organiser la rentrée scolaire le 5 septembre, tant qu’ils ne seront pas relocalisés.

Entretemps, dans la cité de Kwamouth, leur milieu de vie, il y a accalmie avec l’arrivée des forces de sécurité. Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et sa délégation étaient attendues mercredi à Kwamouth, affirment une source proche de la Société civile locale.

Exorciser le démon de Yumbi

Ce qui se passe en ce moment dans la cité de Kwamouth mérite une attention des autorités publiques pour ne pas revivre les tristes événements vécus, en 2018, dans le territoire de Yumbi, décimé par les affrontements entre deux ethnies : Batende et Banunu. Le bilan était lourd, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme : 890 morts entre les 16 et 18 décembre 2018 pour les quatre villages du territoire de Yumbi.

Les causes de ces conflits, en s’en souvient, étaient notamment foncières et politiques, rapportait en décembre 2018 la Société civile. Le décès du chef coutumier des Banunu à Kinshasa serait à l’origine du conflit. Son corps, ramené à Yumbi, a été enterré à côté de la tombe de son père. Les Batende ont protesté, estimant qu’il ne devrait pas être enterré sur leurs terres.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les autorités publiques devraient prendre des dispositions afin d’étouffer ce conflit entre Teke et Yaka à son état embryonnaire. Car à Yumbi, bien qu’il règne un semblant de calme, les conséquences sont encore énormes et la cité en porte encore des stigmates.

Pourtant, les Batende et les Banunu sont deux ethnies qui cohabitent depuis longtemps. Mais ces conflits entre ces communautés ont parfois brisé les relations sociales, comme le mariage. À ce jour, plusieurs mariages interethniques se sont disloqués. Évitez donc une copie conforme à l’original à Kwamouth.

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