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Appelant le gouvernement à s’assumer, Tueries de Kwamouth : le Parlement dénonce une main extérieure

De retour des vacances parlementaires, l’Assemblée nationale et le Sénat ont, tour à tour, fait le focus sur le tableau sécuritaire du pays. La situation sécuritaire, qui demeure toujours préoccupante dans la partie Est du pays, est actuellement aggravée par une nouvelle zone d’instabilité signalée à l’Ouest, mettant face-à-face Teke-Yaka dans le Maï-Ndombe. Pour le président du Sénat, c’est inadmissible de voir les Congolais atteindre un tel degré d'atrocités, pour des problèmes qui les accablent et qu’ils pouvaient régler eux-mêmes pacifiquement. De son côté, le speaker de la Chambre basse du Parlement a brisé le silence en émettant une crainte ouverte sur une main extérieure. Ses propos sont soutenus par le mode opératoire prétendument utilisé par les deux populations concernées, des pratiques qui ne sont jamais connues dans la culture congolaise. Devant jouer sa partition, la représentation nationale entend diligenter une mission d’enquête dans les limites de ses attributions. Comme pour dire que c’est au gouvernement de s’assumer pour mettre fin à cette violence qui prend les allures d’une guerre de tranchée ethnique. Dans la foulée, Christophe Mboso et Bahati Lukwebo invitent l’Exécutif national à identifier les auteurs et commanditaires de ces actes ignobles afin de les mettre à la disposition des instances compétentes, conformément à la Constitution et aux lois de la République.

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La rentrée parlementaire pour la session ordinaire de septembre a eu lieu le jeudi 15 septembre 2022 dans les deux Chambres du Parlement, conformément aux prescrits des articles 115 de la Constitution, 64 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et 82 de celui du Sénat. A cette occasion, le président de l’Assemblée nationale a brossé une situation sécuritaire toujours préoccupante dans la partie Est du pays, aggravée par une nouvelle zone d’instabilité signalée à l’Ouest mettant face-à-face Teke-Yaka dans le Maï-Ndombe.

Appel à des sanctions envers les auteurs de l’insécurité à Kwamouth 

Face à une nouvelle zone d’instabilité signalée à Kwamouth, dans le Maï-Ndombe, à la suite du conflit interethnique entre Teke-Yaka ; lequel a entraîné déplacement massif des populations et mort d’hommes, le président de l’Assemblée nationale a appelé le gouvernement à la vigilance afin d’identifier et mettre à la disposition de la justice les auteurs matériels et intellectuels de ces actes répréhensibles.

« Au regard du mode opératoire prétendument utilisé par les deux populations concernées, il y a lieu de craindre l’implication d’une main extérieure », s’est-il inquiété, appelant en même temps le gouvernement à mettre fin à la violence qui prend des allures d’une guerre de tranchée ethnique.

De même, évoquant cet épisode douloureux du conflit interethnique dans le Kwamouth, le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, estime qu’« il est inadmissible de voir les Congolais atteindre un tel degré d’atrocités, pour des problèmes qui les accablent et qu’ils peuvent régler eux-mêmes pacifiquement ».

 Aussi encourage-t-il le gouvernement, dont une forte délégation vient de séjourner dans le territoire de Kwamouth, d’y consacrer tous les efforts pour le retour de la paix dans cette partie du territoire national.

Sur le plan sécuritaire, dans les deux Chambres, on fait observer que la session de septembre s’ouvre dans un contexte sécuritaire particulier. L’Est du pays est toujours en proie à l’activisme des groupes armés nationaux et étrangers.

Face à la situation sécuritaire toujours délétère du fait de l’activisme des groupes armés, particulièrement le M23 soutenu par le Rwanda dans l’Est du pays, Christophe Mboso a eu des mots de compassion pour toutes les victimes. 

Pour ce faire, Modeste Bahati a encouragé le chef de l’Etat à ne pas desserrer la pression diplomatique et surtout militaire sur le terrain des opérations et invite le peuple congolais à s’unir derrière le commandant suprême des Forces armées et  de la Police pour bouter l’ennemi hors du territoire national

 De son côté, Christophe Mboso a invité le gouvernement à doter les forces armées et de sécurité de moyens matériels et logistiques susceptibles de leur permettre de faire face aux défis sécuritaires et de préserver l’intégrité du territoire national.

Sur le plan politique, le président de l’Assemblée nationale a salué les efforts engagés par le Parlement pour doter le pays de la nouvelle loi organique sur la CENI. Cette loi qui introduit des innovations notables sur le plan de la représentativité par l’élargissement de l’assemblée plénière, le renforcement de l’indépendance des membres de la CENI et leur protection contre toute pression politique, l’augmentation du nombre de membres de la CENI ; de treize à quinze dont cinq désignés par la Société civile contre trois auparavant….

Bravo aux consultations de la Ceni

À ce jour, s’est-il félicité, la classe politique et la Société civile continuent de focaliser le débat sur le processus électoral et exigent la publication du calendrier électoral par la Commission électorale nationale Indépendante, pour la tenue d’élections générales en 2023.

« Nous sommes tous conscients que la question électorale continue à diviser la classe politique et croyons fermement en la capacité des Congolais à transcender leurs divergences pour que ces élections se tiennent dans un climat apaisé, pacifique et sans exclusion », a-t-il déclaré.

Dans ce contexte, Christophe Mboso salue les initiatives de consultations prises par le bureau de la Ceni, avec la classe politique et les acteurs de la Société civile en vue de créer les conditions d’un consensus autour de la question électorale. 

De son côté, Bahati Lukwebo a salué le projet de développement de territoires initié par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi ; lequel vise la reconstruction nationale et qui suscite un grand intérêt auprès des populations, notamment celles de l’arrière-pays. Raison pour laquelle, il « exhorte le gouvernement à ne ménager aucun effort pour la réussite totale de cette vision grandiose qui vise l’intégration de toutes les Entités territoriales décentralisées de ce grand et beau pays dans le processus de développement intégral ».

Sur le plan économique, malgré le choc généré par la crise russo-ukrainienne, entraînant les risques d’une grave crise alimentaire et l’envol du prix du pétrole et surtout dans les économies subsahariennes, la RDC a quelques raisons d’espérer. Pour ce faire, le président Mboso croit que l’économie congolaise a tenu grâce à quelques atouts du secteur minier.  

« La croissance économique projetée reste essentiellement dominée par le dynamisme attendu du secteur des industries extractives. Les cours de principales matières premières exportées par notre pays demeurent à des niveaux rémunérateurs, grâce au niveau élevé de la demande mondiale, et à l’impact du conflit russo-ukrainien », a noté le speaker de l’Assemblée nationale, appelant au passage le gouvernement à anticiper pour juguler toutes les incertitudes de la croissance mondiale.

Abordant le volet social, le président Mboso a salué les efforts du gouvernement qui a engagé le dialogue avec le ban syndical de plusieurs secteurs de la fonction publique.

À côté de bons points attribués à l’exécutif national, le président de l’Assemblée nationale a appelé à redoubler d’efforts pour des financements innovants ainsi qu’une politique de diversification de l’économie nationale, en s’appuyant sur les secteurs porteurs de croissance, notamment la relance du secteur agricole, la réhabilitation continue des infrastructures de base et des routes de desserte agricole ainsi que l’électrification rurale.

Les attentes des populations

Il a appelé à plus de responsabilités pour juguler l’instabilité des institutions provinciales, en rendant effective la rétrocession et en mettant à disposition le budget d’investissement.

« Selon quelques indications des rapports préliminaires des vacances parlementaires, la persistance de l’insécurité dans quelques provinces, le mauvais état des infrastructures socioéconomiques et la non-satisfaction des besoins sociaux de base, seraient imputables, notamment au retard dans le paiement de la rétrocession due aux provinces, ainsi que la gestion actuelle du Fonds national d’entretien routier, sont quelques-uns des griefs évoqués », a -t- illustré par ailleurs.

Il a émis le vœu de voir le Programme de développement à la base de 145 territoires, initié par le président de la République, répondre à beaucoup de ces préoccupations de la base et de l’arrière-pays.

Au nombre de priorités de la présente session de septembre, le président de la Chambre basse du Parlement a énuméré la loi sur la réédition des comptes du dernier exercice clos ainsi que la loi de finances, toutes attendues en urgence du gouvernement.

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