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ONU : Comme pour la Russie en Ukraine, condamner le Rwanda en RDC

À la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, a tenu un discours clair concernant notamment la problématique sécuritaire dans la partie Est de son pays. Son speech qui nécessite une attention particulière pour chaque terme employé, selon le politologue Jonas Kasimba, mérite d’être étayé avec patriotisme. Ce discours met, en réalité, la communauté internationale devant ses responsabilités, en l’obligeant à se tenir sur le même principe qui la pousse à condamner la Russie sur la guerre en Ukraine. Pas donc question de « deux poids, deux mesures » pour ce que le Rwanda fait dans la partie Est de la RDC. Dans le fond, Jonas Kasimba est d’avis que le discours du chef de l’État a été non seulement ferme, mais aussi rationnel à l’image de la réalité que connait le pays. Il s’agit donc d’un discours qui se marie avec l’opinion publique congolaise dans toutes ses couches, car le président de la République a non seulement apporté autant d’éclairage et avec tact sur la situation de l’Est, en pointant du doigt le Rwanda et ses marionnettes de M23, mais aussi rencontré les principaux sujets de l’heure, à savoir la sécurité et la paix pour tous ; la maîtrise des changements climatiques ; la relance de l’économie mondiale après la Covid-19 ; et la lutte contre la pauvreté et la promotion du bien-être collectif. Des défis auxquels aucun pays, aussi puissant et riche soit-il, a-t-il indiqué, ne peut pré- tendre affronter seul et, encore moins, les relever dans l’intérêt de tous. D’où, la nécessité d’une approche multilatérale équitable qui intègre les intérêts d’un chacun et mutualise les énergies de tous dans le respect réciproque.

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Le discours de Félix Tshisekedi, du haut de la tribune des Nations unies, restera historique à tous les égards. Alors que le protocole des Nations unies accorde un quart d’heure à chaque dirigeant, le président Félix Tshisekedi, en sa triple qualité de président de la République démocratique du Congo, président en exercice de la SADC et de la CEEAC, s’est adressé pendant 40 minutes, en consacrant bien entendu la moitié de temps à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Sur un ton ferme, le président Tshisekedi a désigné nommément le Rwanda comme pays agresseur de la RDC et le M23 comme un mouvement terroriste, un qualificatif par ailleurs déjà utilisé par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’ouverture de l’Assemblée générale.

« En dépit de ma bonne volonté et de la main tendue du peuple congolais pour la paix, certains de nos voisins n’ont trouvé mieux que de nous remercier par l’agression et le soutien à des groupes armés terroristes qui ravagent l’Est de la RDC. C’est le cas actuellement du Rwanda qui, au mépris du droit international, de la Charte de l’ONU et de l’Acte constitutif de l’Union Africaine, a, une fois de plus, non seulement agressé, en mars dernier, la RDC par des incursions directes de ses forces armées, les RDF, mais aussi occupe des localités de la province du Nord-Kivu par un groupe armé terroriste interposé, le Mouvement du 23 mars dit M23, auquel il apporte un soutien massif tant en matériels de guerre qu’en hommes de troupes. », a déclaré le chef de l’État.

Des mots salués par plus d’un Congolais, notamment le politologue Jonas Kasimba. Ce natif de Beni appelle la population congolaise à prêter une attention particulière à ce speech qui mérite, selon lui, d’être étayé avec patriotisme comme valeur de la défense de la nation congolaise. Car, c’est sans hésiter que le président Tshisekedi a vidé la rhétorique défensive du Rwanda pour justifier son agression.

L’heure est au patriotisme

« De même, je soutiens que la prétendue « collaboration » que certains officiels congolais entretiendraient avec les opposants rwandais des Forces Démocratique pour la Libération du Rwanda, FDLR, dont se servent les dirigeants rwandais pour justifier les agressions répétées de la RDC est un alibi qui n’est corroboré par aucun fait avéré sur le terrain. En effet, les FDLR ont été décapitées et réduites à néant par les Forces Armées de la RDC, FARDC, en étroite collaboration avec l’armée rwandaise dans le cadre des opérations conjointes menées au cours de dernières années. La RDC a rapatrié plusieurs éléments des FDLR et leurs familles. Dès lors, les Congolais se demandent de quelles FDLR parle-t-on ? Quel est le mètre carré du territoire rwandais occupé par ces fantomatiques FDLR ? À quel lieu précis du sol rwandais a-t-on vu un jour un seul soldat congolais ? Quoiqu’il en soit, la RDC reste disponible pour toute action répressive contre tout groupe armé qui tenterait de troubler la paix et la sécurité dans un pays voisin et dans la région des Grands Lacs », a souligné le président Tshisekedi.

Fort d’une telle rhétorique développée par le 5ème président de la RDC, Jonas Kasimba estime qu’il est temps pour tous les Congolais de privilégier d’abord le patriotisme comme valeur pour la défense de la nation. « C’est cela que nous devons encourager à l’intérieur du pays et au-delà des couleurs politiques, des tendances, etc. », at-il souligné.

Dans la foulée, l’on note que c’est avec fermeté que le président de la République démocratique du Congo a mis les Nations unies devant leurs responsabilités et exigé le retrait pure et simple du Rwanda des localités congolaises dans et autour de Bunagana.

Ces mots, pour Jonas Kasimba, ravivent l’espoir et la détermination des populations de l’Est, mieux de l’ensemble de la population congolaise dans leur engagement patriotique à maintenir le Congo vivant, aujourd’hui, demain et pour toujours dans ses frontières actuelles depuis son accession à l’indépendance.

Blocs pétroliers : La RDC en droit d’exploiter ses ressources naturelles

Par ailleurs, le rendez-vous de la tribune des Nations unies a aussi été celui de la clarification de tous les autres sujets à polémique, notamment l’exploitation des ressources naturelles de la RDC par son gouvernement.

À ce sujet, Jonas Kasimba dit s’inscrire dans la ligne droite de la vision du chef de l’État, tout en saluant ses propos qui démontrent qu’aucun instrument juridique international pertinent ratifié par la RDC ne lui interdit d’exploiter ses ressources naturelles pour cause de protection de l’environnement ou par crainte de l’aggravation du réchauffement de la planète. C’est une réponse qui doit mettre fin à la mauvaise campagne sur l’appel d’offres lancé le 28 juillet dernier par la RDC pour l’exploration de ses 27 blocs pétroliers et 3 blocs gaziers.

Car, comme l’a si bien rappelé le chef de l’État, l’Accord de Paris de 2015 reconnait aux pays en développement le droit d’émettre le C02 pour le développement, mais en prenant des précautions pour le climat mondial à travers leurs contributions déterminées à l’échelle nationale (CDN).

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