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Rhétorique offensive de Tshisekedi à l’ONU : Sous pression de la France, le Rwanda en voie de lâcher le M23

Tshisekedi – Kagame, sous la médiation de Macron à New York. C’est une rencontre qui n’était pas prévue alors que se poursuit la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations unies. C’est dire que le président français s’est vu obliger, par la rhétorique offensive du président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, du haut de la tribune de l’ONU, de sortir de sa réserve dans son étoffe de président du Conseil de sécurité en ce mois de septembre. L’on se souvient que sur un ton sévère, Félix-Antoine Tshisekedi a interpellé le Conseil de sécurité, mardi lors de son allocution, en demandant que le rapport des experts de l’ONU soit distribué à tous les pays membres, pour que des conclusions qui s’imposent soient vite tirées. C’est donc à l’invitation d’Emmanuel Macron que les deux chefs d’Etat se sont rencontrés au cours d’un déjeuner. Et à l’issue de cette rencontre, les deux dirigeants africains ont convenu d’agir de concert pour obtenir au plus vite le retrait des rebelles du M23 de la zone de Bunagana qu’ils occupent depuis trois mois. Et la question importante est celle de savoir si, cette fois-ci, Kagame sera sincère, car il ne l’a pas été du tout déjà à Luanda où les mêmes formulations ont été faites à l’issue de leur rencontre, sous la médiation du président angolais, Joao Lourenço, désigné médiateur des pourparlers entre les deux parties par l’Union africaine. Que peut-on donc déduire de la photo prise à cette occasion, Félix Tshisekedi et Paul Kagame posent de part et d’autre d’Emmanuel Macron, les visages graves, ils évitent de se serrer la main ! La France pourra-t-elle réussir là où Nairobi et Luanda ont jusque-là échoué ? Dans tous les cas, le discours de Félix Tshisekedi aura fait tache d’huile. Et la pression sur Kigali devient de plus en plus forte que Kagame se voit l’obligation de lâcher le M23, sa marionnette, qui impose la terreur à Bunagana, localité du Nord-Kivu.

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Le temps de la duplicité est révolu. C’est dire qu’après New York ne devrait pas être égal à l’après-Nairobi ou Luanda. Ainsi, le langage de Kinshasa est autant clair avec le discours offensif de Félix Tshisekedi du haut de la tribune des Nations unies. Paul Kagame, son armée ainsi que sa marionnette de M23 doivent quitter le sol congolais.

Ce langage est bien compris. Car, au lendemain du discours musclé du président Félix Tshisekedi  du haut de la tribune des Nations unies, les chancelleries, dire-t-on, ont bien pris la mesure du danger de l’embrasement de la région. Elles se sont mobilisées pour un geste de désescalade de la tension entre la RDC et son voisin agresseur, le Rwanda.

C’est ce qui explique, notamment l’initiative du président de la République française, Emmanuel Macron qui a mis ensemble autour d’un déjeuner les présidents de la République démocratique du Congo et de la République du Rwanda, mercredi 21 septembre 2022 à New York.

L’on note que les trois chefs d’État ont marqué leur préoccupation face à la recrudescence des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo et leur résolution à apporter une réponse régionale et coordonnée à la menace portée par les groupes armés terroristes dans la région.

Et afin de réunir les conditions d’un dialogue franc et constructif, nécessaire à la relance de la coopération entre les pays de la région et conformément au processus de Luanda, ils ont convenu d’agir de concert pour obtenir le plus vite le retrait du M23 de toutes les localités occupées et le retour des déplacés de guerre de ces localités à leurs domiciles, avec l’appui des Nations unies et de leurs partenaires de l’Union africaine, de la Communauté de l’Afrique de l’Est et de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

À voir de près, le président français s’est vu obliger, par la rhétorique offensive du président congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, du haut de la tribune de l’ONU, de sortir de sa réserve dans son étoffe de président du Conseil de sécurité en ce mois de septembre. Mais là n’est pas la problématique. C’est plutôt celle de savoir si de l’approche française sortira quelque chose de bon, quand on sait que Kigali n’a pas déjà respecté son engagement pris à Luanda. Il ne faudra donc pas que la rencontre de New York ne débouche que sur une accalmie éphémère alors que la demande congolaise est si simple, c’est le respect de l’intégrité de son territoire et le retrait des troupes rwandaises. 

Dans tous les cas, l’histoire retiendra que le discours de Félix Tshisekedi aura fait mouche. Et la pression sur Kigali devient de plus en plus forte que Kagame, de gré ou de force, se voit dans l’obligation de lâcher le M23, sa marionnette, qui impose la terreur à Bunagana, localité. Ce qui pourra ouvrir la voie à la libération de la cité stratégique, commerciale et militaire de Bunagana, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. Car, aujourd’hui et plus que jamais, tout le monde sait que le M23, c’est une création de Kagame. C’est bien lui le bourreau et tireur des ficelles dans la crise qui endeuille l’Est de la République.

Dans la foulée de cette rencontre Tshisekedi-Macron- Kagame, les deux chefs d’Etat africains ont également convenu d’intensifier durablement leur coopération pour lutter contre l’impunité et mettre un terme à l’action des groupes armés dans la région des Grands Lacs, dont les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Ces efforts s’inscriront dans le cadre des initiatives régionales de paix existantes, notamment le processus de Nairobi.

Comments 1

  1. Avatar Kabuya says:

    Nous n’attendons que le respect de leurs engagements, si et seulement si ils ne font pas l’hypocrisie et là on saura l’apport des États-Unis pour la restauration de la paix à l’EST de la RDC.

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