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Déchu par une motion de défiance : l’Union sacrée lâche Jean-Marie Kalumba

Droit de vie ou de mort, la motion de défiance reste l’arme fatale de contrôle à l'Assemblée nationale. Une arme qui n’avait jamais été utilisée depuis près de 20 ans. Les députés de l’Union sacrée de la nation (Majorité parlementaire) ont finalement décidé, mercredi 30 mars 2022, de surmonter leurs divisions internes pour éjecter de l’équipe des « Warriors » de Sama Lukonde, le ministre de l’Économie nationale, l’AFDC Jean-Marie Kalumba Yuma. L’acte posé à l’Assemblée nationale, à l’initiative du député UNC Crispin Mbindule, accusant le patron de l’Économie nationale d’« incompétence », notamment sur la règlementation des prix des biens et services sur le marché, revêt une signification majeure : il traduit la fin d’une époque, celle des « consignes de vote » ou de « diktats » d’une toute puissante Autorité morale. C’est en réalité l’enracinement de la démocratie et de l’État de droit qui, désormais, place chaque institution devant ses responsabilités. L’on se souviendra, à cet effet, que dans les législatures passées, la routine avait été celle des motions incidentielles, étouffant les motions de défiance, le tout dans un climat de confiscation de la liberté à l’Assemblée nationale, mieux, de la « caporalisation » de l’institution parlementaire. Que les temps sont révolus. Et les mœurs avec.

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ministre de l'economie nationale

Le ministre de l’Économie nationale n’a pas eu beaucoup de chance, mercredi 30 mars, pour sortir indemne des griffes des élus nationaux. Visé par une motion de défiance, signée du reste par certains députés membres de son parti l’AFDC, Jean-Marie Kalumba qui n’a pas non plus reçu le soutien de l’ensemble des élus de l’Union sacrée, a laissé ses plumes. C’est le premier « Warrior » du gouvernement Sama Lukonde à subir la rage des députés nationaux par voie d’une motion de défiance.

Hier au Palais du peuple, Sur 364 députés ayant pris part au vote, 277 ont signé le départ de Jean-Marie Kalumba du gouvernement Sama Lukonde, 79 ont voté contre la motion et 12 se sont abstenus.

Des griefs irréfutables

Entre autres griefs articulés contre ce Warrior, c’est d’avoir distribué de l’argent aux enfants mineurs en tant qu’agent public de l’État, ce qui est contraire à l’article 17 du Code de l’agent public de l’État. Cette disposition stipule que « l’agent public de l’État doit s’interdire de solliciter, de réclamer, d’accepter ou de recevoir ou d’offrir un don, un cadeau ou tout autre avantage en nature ou en espèce pour s’acquitter ou s’abstenir de s’acquitter de ses fonctions, mandat ou obligations professionnelles ».

Or, une vidéo a fait le tour du monde, via les réseaux sociaux, montrant un fonctionnaire de l’État, en l’occurrence le ministre de l’Économie, en train de distribuer des billets de banque aux enfants mineurs. Par ailleurs, le ministre n’arrive toujours pas à contrôler la structure des prix sur le marché, plus particulièrement ceux des produits de première nécessité.

Par ailleurs, en dépit des annonces tapageuses dans les médias au sujet de l’importation des chinchards en provenance de la Namibie, fort malheureusement, le constat est que les prix sur le marché ne font que galoper. « Ce qui influe négativement sur le panier de la ménagère », a articulé l’auteur de la motion, Crispin Mbindule, afin d’obtenir la sanction contre le ministre de l’Économie nationale pour n’avoir pas réalisé la mission première à lui confiée par le gouvernement issu de l’Union sacrée dont le leitmotiv est « le peuple d’abord ».

Tous ces griefs mis à la charge du ministre de l’Économie présageaient un climat qui ne permettait pas à sa famille politique de lui lancer une bouée de sauvetage. Déjà hier, lors du vote pour ou contre la motion, à l’unanimité, la salle a voté pour la motion. Et la suite ? Ce qui devait arriver, arriva : un vote coupe-gorge à l’issue duquel le sort du ministre Jean-Marie Kalumba est complètement scellé.

Lâché par les siens

S’agissant de la polémique soulevée autour d’une signature non conforme sur les 70 apposées au bas du document, la députée nationale Geneviève Inagosi a expliqué que Charly Lubamba est un élu national bien identifié, suppléant du député Lubamba décédé, membre de l’AFDC-A qui a chargé à dissimuler sa vraie identité, étant que la motion devait censurer  un ministre membre de la même politique

Un autre député national a fait remarquer au ministre Kalumba Jean-Marie qu’il a été lâché par son parti, car au moment où il passait par les fourches caudines, aucun député AFDC n’était présent dans la salle. De même, l’autorité morale de l’ADFC se trouverait en dehors du pays, dans un pays d’Afrique de l’Est. Est-ce une coïncidence de calendrier où une façon, pour Modeste Bahati, de jouer au Ponce Pilate ?

C’était donc clair. En attendant les résultats du vote de la motion de censure contre lui, Jean-Marie Kalumba n’avait plus son destin entre les mains. Visiblement, l’homme avait déjà été lâché par son parti L’AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo qui,  lui-même, serait en dehors du pays. Et, effectivement, au moment où se tenaient l’examen et le vote de la motion de défiance contre ce ministre, aucun député membre de L’AFDC-A n’était dans la salle.

Entre-temps, les membres du mouvement citoyen dont Flimbi, ont brandi des calicots devant le ministre dont le moral est déjà trop bas par rapport à la torture subie dans cet hémicycle totalement hostile. Quel que soit le bout par lequel on va le prendre, le dossier Kalumba sonne le glas d’une guerre intestine qui prélude un remue-ménage au sein de l’AFDC-A à la veille des élections de décembre 2023. Ce qui est certain, c’est que la chute de ce cadre, de surcroit ministre, ne laissera pas imperturbable le déroulement des activités du parti du président du Sénat. Et pour les Warriors du gouvernement Sama Lukonde, ce qui s’est passé mercredi à la Chambre basse du Parlement constitue à la fois un cas d’école et un avertissement. Fini l’époque des consignes de sauvetage.

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