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L’Église après la levée de l’état d’urgence sanitaire lié à la Covid-19

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Le quatrième jour de ce mois, comme pousse? par je ne sais plus quoi, je balançais hasardeusement un post sur facebook, qu’avec tout le culot du monde j’osais intituler « Église après-Covid-19 : Et si nos églises devenaient nos partenaires d’affaire, surtout pour les jeunes entrepreneurs… ? »

Sincèrement, je ne sais plus trop qu’est-ce qui avait motive? ces réflexions pêle-mêle que je me permettais de balancer sur la toile.

Un constat sur le fonctionnement de nos églises ? Une déception quelque part ? Peut-être oui, peut-être non. Toujours est-il que la chose la plus intéressante que j’y avais retenue fut l’attention et les réactions positives dont ce post avait fait l’objet.

On aurait cru que tout le monde y pensait, tout le monde en parlait en coulisse… tout le monde s’était un peu retrouve? et trouvait la? la belle occasion de dire ou redire quelque chose d’intéressant ou pas. Je retiens qu’excepte? quelques blagues (-mais, que serait facebook sans commentaires avec ton d’humour, d’ailleurs !-), l’ensemble de réactions étaient très pointues, profondes et appelaient a? ce que nous nous y penchions plus sérieusement pour aider ceux et celles qui voulaient y soutirer quelque chose. J’avais alors fait la promesse de répondre a? cet appel en convertissant ce post bref en une tribune spéciale sur cette question de l’église « apre?s-covid-19 ». Il avait suffit de moins de 48 heures pour qu’un brillant jeune entrepreneur culturel revienne vers moi pour me rappeler qu’il attendait vivement le texte de ces réflexions que j’avais amorcées pour le compte de son projet de festival. La présente est justement cette réponse, les quelques éléments de réflexion que nous espérons contribuer a? la bonne marche de nos églises, mais aussi et surtout qui seront complétés par tous les esprits éclairés d’ici ou d’ailleurs qui désirent ardemment l’avènement d’un monde qui épanouit tout le monde !

C’est dans la deuxième partie de cette tribune que je reviens en détails sur cette proposition que vous pouvez retrouver sur mon compte facebook : Richard Ali, le 4 août 2020.

L’Église : Pourquoi l’Église ? Quelle Église ?

Ce point me semble très capital a? préciser d’entrée de jeu pour éviter tout imbroglio.

En effet, parler de l’«Église » c’est vraiment vaste, et même parfois très complexe. Chrétien, mes réflexions ont plus porte? sur la marche des églises dites de « réveil » au Congo, et a? Kinshasa en particulier. Je me suis base? sur celles-ci pour ne pas me perdre ou m’étendre sans maîtriser les contours de l’objet de mes analyses. J’aurais donc du? intituler cette tribune « Kinshasa : église de réveil après-Covid-19 », mais je ne l’ai point souhaite? ainsi d’autant plus que je suis convaincu que, quoique je parle expressément des églises de réveil, je ne doute point que ces réflexions puissent aussi intéresser ou « interpeller » d’autres confessions religieuses que nous avons au pays, notamment les catholiques, les protestants, les musulmans, pentecôtistes, les salutistes, les kimbanguistes, etc.

Eglises de réveil, quid ?

Le mouvement du réveil a atteint aujourd’hui une vitesse de croisière qu’on ne peut plus le remettre en cause. Je me rappelle bien que tout au début, alors que j’étais dans une autre confession religieuse, nous qualifions ces « e?glisettes » naissantes de « binzambi-nzambi » ! On n’hésitait même pas une seule seconde a? les traiter de « sectes ». Oui, nous n’hésitions pas un seul instant. Comme de champignons, ça naissait un peu partout et en désordre. Et nous nous moquions comme pas possible des amis qui s’y rendaient. Personnellement, je me disais, « comment quelqu’un de normal peut quitter une si grande église avec des bâtiments si imposants pour se mettre a? prier dans des espaces formés avec de rameaux sans toitures, ni pavement? Comment? Il faut bien être malade pour accepter d’aller prier dans ces histoires ! ». C’est bien ce que je me disais, il y a quelques années, dans mon ignorance, bien sûr. Et oui, il m’avait fallu du temps, juste un peu de temps pour que je sois totalement confondu. Mais ça c’est une autre histoire. Une tre?s longue histoire a? laquelle on reviendra dans une autre publication bien appropriée. Bref, c’était pour dire que « Dieu n’habite pas les maisons faites de mains d’hommes ! Il habite dans nos cœurs. La vraie église, c’est avant tout son cœur. Le temps du confinement du? a? la covid-19 nous a suffisamment éclairés la?-dessus.

Je ne vais guère revenir sur l’histoire des églises de réveil dans cette tribune, ni m’étendre sur ce qu’elles sont concrètement. Il y a déjà? une littérature abondante en la matière.

L’église de réveil est aujourd’hui reconnue, organisée, structurée, avec des représentants légaux, et ainsi de suite. C’est toute une fierté?. On voit bien sa progression, on voit bien qu’elle a résisté? contre vents et marées. Elle a fait du chemin. Et comme disait Gamaliel, « si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ; mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire… »

Reconnaissons-le que cette histoire est de Dieu.

En dépit de ses erreurs, de ses gaffes, de ses imperfections, elle a tenu, elle a résisté?. Aujourd’hui, on a un chef de l’État qui d’ailleurs se reconnait fidele ou membre d’une de ces églises basées ici a? Kinshasa. Lors de la dédicace du pays a? l’Eternel Dieu par le chef de l’État, on a pu voir a? quel point le stade de Martyrs était archicomble de fidèles des églises de réveil. Elles (ces églises) constituent donc aujourd’hui une force, un poids économique, une masse culturelle.

Actes des Apôtres chapitre 5, versets 38-39

Eglise de réveil, pourquoi ?

L’église de réveil a fait des progrès. Elle a tenu dans le temps. Oui. Mais, comme je l’ai dit tantôt, nous reconnaissons tous aussi qu’elle a commis pas mal d’erreurs, beaucoup de gaffes en si peu de temps, elle a manque? a? certains appels, a? certaines responsabilités…

Toutes les églises ont commis des erreurs durant leur marche et pour certaines c’était même pire, cela n’est méconnu de personne. Tout le monde qui a lu un peu de l’histoire de l’Église en sait quelque chose. Nous n’allons pas y revenir. La littérature est déjà? abondante quant a? ce. Aussi, ça n’est pas l’objet de la présente. Par contre, nous désirons nous tourner vers l’avenir, en évitant les erreurs du passe?. Nous désirons ne pas nous limiter a? rappeler ou dénombrer les failles du passe? ou même celles du moment, non ; nous voulons proposer de choses bonnes a? faire maintenant et dans l’avenir. L’important n’est pas de tomber, mais de se relever et d’avancer. Ce qui est arrive? est déjà? arrive?. On n’y peut plus rien. Cependant, face a? l’avenir on a le choix : le subir ou le façonner. L’avenir, on le pense, on l’imagine et on se donne les moyens de le voir se réaliser.

Nous avons la critique trop facile parfois, mais quand il nous est demande? de proposer de manière concrète, c’est la? que nous brillons dans notre mutisme. On devrait de plus en plus faire le contraire : beaucoup proposer que de trop critiquer si l’on est incapable de proposer. Le pays ne changera pas que grâce aux critiques, mais avec des critiques constructives et de surtout des propositions.

Après plus de 5 mois de confinement et de la reprise officielle de cultes sur toute l’étendue du pays, voici ce que nous proposons pour une « église forte » qui contribue au salut des âmes et a? l’édification de la nation.

L’église et le culte

Une de choses a? revoir au plus vite, c’est l’organisation de nos cultes. Et pour cela, je l’aborde en différents points touchant justement a? l’organisation de ceux-ci. Avant d’y arriver, je voulais avant tout vous rassurer que je ne vais guère ici proposer une sorte de rite officiel pour les cultes des églises de réveil. Ce serait trop prétentieux pour ma part, car je pense que cela devrait absolument être inspire? du Saint-Esprit. La plupart des églises sont restées d’une certaine manière on ne peut plus collées aux rites des églises catholiques, libre a? elles ; je ne leur demande pas de revoir cela pour se démarquer totalement de la? ou? elles viennent. Non, et je pense qu’elles peuvent être d’accord avec moi, tout n’est pas a? rejeter. D’ailleurs, ce n’est pas du tout ça qui peut garantir le salut d’une âme. Ce n’est pas parce que vous avez supprime? l’encens ou l’eau bénite que vous avez garanti le salut de l’âme que vous avez ramenée vers votre église, non. Ce n’est pas parce que vous avez totalement interverti la programmation de choses, en commençant par exemple le culte avec des communiqués de l’église, que vous avez garanti le salut de vos âmes ; ou le fait que vous ayez décidé? que les offrandes se donnent volontairement pendant que vous prêchez que ces âmes la? sont d’office sauvées, non ! Les exemples en la matière sont légion que je n’oserai guère m’y attarder ici. Si les représentants de l’Eglise du Réveil au Congo se décidaient un jour de tout uniformiser, alors ce sera libre a? eux, d’autant plus que de toutes les façons ils en ont le plein droit. Mais, humblement, je reste convaincu que ces choses la? ne contribuent a? rien a? sauver les âmes.

Ainsi préciser, je m’en vais rapidement évoquer lesdits points concernant nos cultes et qui peuvent faire que nos églises soient, d’une manière ou d’une autre respectées et appréciées, même par ceux qui ne sont pas avec nous. Car, n’oublions pas que même le Christ nous demande de prêcher par l’exemple. C’est dire qu’il est certaines choses que nous faisons habituellement sans savoir qu’elles indisposent les autres, qu’elles mettent les autres mal a? l’aise, qu’elles ne permettent pas aux autres de nous apprécier et d’avoir envie de nous rejoindre, et ainsi de suite.

Parmi ces éléments, nous avons relevé : Le bruit !

L’église de réveil doit arrêter avec de nuisances sonores a? répétition. Un lecteur me dira, « ah, ce type a l’esprit du diable ! Car même dans la Bible, Je?sus avait répondu, si ceux-ci se taisent, les pierres mêmes crieront».

Mais alors, ça me fera mal a? l’entendre me rétorquer ainsi. Dieu serait-il vraiment un Dieu de désordre ? Est-ce vraiment normal de commencer a? produire du bruit, oui, j’ai bien dit du « Bruit » (parce que c’est de ça qu’il s’agit) du matin au soir alors qu’a? cote? on a de voisins qui se reposent ? Des élèves ou étudiants qui révisent leurs cours?

Des hypertendus qui ont besoin du calme ? Non.

La situation qui s’est passe? au temps de Je?sus, je l’ai souvent compare? a? ce que l’on voit a? Kinshasa lors par exemple de la fe?te de la Noël kimbaguiste. Nos frères kimbanguistes sillonnent rues et avenues de Kinshasa avec fanfares, flutes et tambours, chantant et criant, pour fêter le prophète Kimbangu, mais, on est bien d’accord, que ça ne dérange presque personne. Pourquoi ? Parce que nous le savons tous qu’ils n’en ont que pour quelques heures seulement et juste une fois l’an. On accepte alors tous de les tolérer. Voila?. Et les leur refuser, serait vraiment un peu injuste, car la vie en communauté? est faite de ça. De ces genres de moments qui arrivent. On serait tous dérangés et même un peu révoltés si c’était tous les jours que les kimbanguistes faisaient ce boucan de la célébration de leur Noël.

 Mais, voila?, ça n’en est pas le cas. Ceci est donc tre?s diffe?rent d’une église qui occupe l’espace d’une petite parcelle, qui a deux ou cinq fidèles pour l’office, mais qui, sans se gêner, pose ses baffles sur le mur mitoyen ou a? l’extérieur et règle ses décibels a? vous trouer les tympans ! Non, ça c’est vraiment être méchant. Quand on agit de la sorte, même Je?sus n’est pas du tout content.

Quelqu’un pourrait dire que j’ai exagéré? avec cet exemple, ben, je dirais qu’il doit sûrement être une personne qui ne vit pas a? Kinshasa, car il y a même pire que ça en termes d’exemples.

Luc 19,40

Eglise du prophète Simon Kimbangu

Aujourd’hui, a? Kinshasa, on peut retrouver sur une même rue ou ruelle, oui, j’ai bien dit « ruelle », des églises qui rivalisent avec des bars en termes de bruit. Sur une même avenue, nous arrivons facilement a? dénombrer 6 a? 8 églises, et certaines sont côte-a?-côte, oui, séparées par un mur mitoyen, et le comble, au moment de leurs offices, du matin ou du dimanche, tu te demandes si c’est possible de vivre dans et avec le bruit qu’elles produisent. C’est juste invivable. Non, l’église après Covid-19 doit arrêter avec ça. C’est honteux pour l’église.

Si les bars font du bruit, nous nous devrons prêcher par l’exemple. Il faudrait que les autorités du pays disent aux tenanciers des bars, « regardez les églises, elles y jouent aussi de la musique, mais elles ne font pas tant de bruit comme vous ! ». C’est la? que nous aurons gagne?.

Veillons a? ne pas être des éléments dérangeant la quiétude des autres.

Je ne nous refuse pas d’avoir 5 a? 10 églises sur une même avenue, non, je ne dis pas ça, je laisse libre a? la conscience de chaque visionnaire selon que Dieu l’appelle a? juger de l’opportunité? de cela. S’il m’était demande?, je dirai que mon souhait est que tout le pays devienne une église, mais on n’est pas la?, tenons-nous a? la réalité? et veillons juste a? ne pas déranger les autres. C’est une vertu. Deux ou trois sur une même avenue, tant que vous n’êtes pas une occasion de chute pour les autres, je ne vois pas de mal. Mais, si consciemment, vous voyez bien que ça peut déranger ou que ça dérange les autres, pourquoi ne pas veiller a? trouver des solutions simples : baisser le volume ! Faites moins de bruits ! Aller implanter l’église un peu loin de l’autre qui s’y trouve déjà? ! re?unissez-vous-même si possible pour ne former qu’une communauté? !

Il est possible de régler le son a? une mesure a? ne pas produire un bruit qui dérange. Les techniciens ou ingénieurs de son qu’on a dans nos églises peuvent bien nous aider pour cette fin.

Après-Covid-19;oui, pour une église qui ne dérange pas les voisins !

La suite de cette première partie dans notre prochaine édition.

 

Richard Ali

Ecrivain

 

 

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